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Mis à jour le 10/10/2015 à 17:22 Publié le 10/10/2015 à 11:13


Les explosions ont retenti en plein cœur d'une manifestation de l'opposition en faveur de la paix à Ankara, en Turquie. Le premier ministre a affirmé que de «fortes preuves» laissent penser à des attaques de kamikazes.
De son côté, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, condamne cette «attaque haineuse».


Le chaos règne dans le centre d'Ankara. Au moins 86 personnes ont été tuées samedi dans le plus grave attentat jamais commis dans la capitale turque Ankara, qui a visé une manifestation pour la paix organisée par l'opposition prokurde à trois semaines des élections législatives anticipées. A 10h04 locales (9h04 à Paris), deux fortes explosions ont secoué les alentours de la gare centrale d'Ankara, où des milliers de militants venus de toute la Turquie à l'appel de plusieurs syndicats, d'ONG et partis de gauche se rassemblaient pour dénoncer la reprise du conflit entre Ankara et les rebelles kurdes.
Cette double déflagration a transformé l'esplanade en scène de guerre, avec de nombreux corps sans vie jonchant le sol au milieu de bannières «Travail, paix et démocratie», et provoqué la panique dans la foule. Selon un bilan encore provisoire rapporté par le ministre de la Santé, du ministre de la Santé Mehmet Müezzinoglu, 86 personnes sont mortes et 186 autres blessés. «On a entendu une grosse et une petite explosion et il y a eu un gros mouvement de panique, ensuite nous avons vu des corps qui jonchaient l'esplanade de la gare», a déclaré Ahmet Onen, un retraité de 52 ans qui quittait les lieux avec sa femme. «Une manifestation destinée à promouvoir la paix
a été transformée en massacre, je ne comprends pas», a-t-il ajouté.

«Un lien terroriste»
Dans une déclaration, le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a dénoncé une «attaque haineuse contre notre unité et la paix de notre pays» et promis «la réponse la plus forte» contre ses auteurs. Les autorités turques ont très rapidement évoqué l'hypothèse d'un attentat. «Il existe de fortes preuves montrant que cette attaque a été perpétrée par deux kamikazes», a confirmé le premier ministre Ahmet Davutoglu dans l'après-midi. Il a par ailleurs annoncé que le pays observerait un deuil national de trois jours.
Ces explosions interviennent à trois semaines des élections législatives anticipées du 1er novembre, alors que les affrontements, meurtriers et quotidiens, font rage entre les forces de sécurité turques et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie.