Grève nationale des vétérinaires. Ah ! D’accord ! Je comprends
mieux maintenant pourquoi, depuis trois jours, y a autant de…… zèbres qui nous agressent dans la rue ! - Alors ? ça y est ! T’es prêt à repasser ton bac, fiston ?
-Oui ! Oui ! Tonton ! Je révise encore un peu, et ça devrait aller pour les quatre épreuves que je refais.
- Je te dépose quelque part ? Tu vas où, de si bon matin ?
- A la caserne, tonton ?
- A la caserne fils ? Tu es déjà concerné par le service militaire ? Ou alors, c’est juste la visite médicale ?
- Non, mon tonton ! C’est pour y retirer ma convocation pour le bac. Cette seconde session du baccalauréat est gérée par l’armée. C’est l’ANP qui va encadrer les épreuves. Et donc, là, je vais retirer mon ordre d’appel… enfin, je veux dire ma convocation pour les épreuves. Tonton, je te conseille d’éviter le quartier où se trouve le siège de l’Onec.
- Ah bon ! Pourquoi, diantre ? C’est Ramadhan, la circulation est fluide, surtout en matinée…
- En fait, il vaut mieux éviter cet endroit-là parce que s’y déroule une opération combinée des forces spéciales commandos de Biskra, des troupes d’élite de la gendarmerie, avec l’appui des brigades mobiles de la DGSN.
- Quoi ? Ils auraient trouvé une cache terroriste ?
- Non, mon tonton ! Ils mènent un ratissage au sein même de l’Onec. Une grosse opération, avec, déjà, à la clé, un lourd bilan.
- Dis donc ! Mais c’est carrément l’état de guerre déclarée ! Et le 19, tu vas y aller comment à l’examen ? Tu veux que je passe te prendre ?
- T’es gentil tonton, mais ça ne sera pas la peine. Ils ont tout prévu. C’est très bien organisé, cette fois-ci. Nous embarquons à bord d’hélicoptères de transport de troupes russes flambant neuf, et nous serons parachutés directement au-dessus de nos centres d’examen. Y a même plus de risque de retard et d’exclusion des épreuves.
- Bah ! Bah ! Bah ! Je suis admiratif, fiston. C’est tout de même bien l’Etat civil ! Tout est nickel dans l’Etat civil. Tout est réglé pile-poil dans l’Etat civil. Allez ! Trouffion ! Direction, la caserne.
Un ! Deux ! Trois ! Un ! Deux ! Trois ! Et au signal, tout le monde fume du thé
pour rester éveillé au garde-à-vous à ce cauchemar qui continue.
H. L. |