26 Avril 2016

Promis, juré, craché sur la tombe de Pinocchio !
Par Hakim Laâlam
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30 000 cachets d’ecstasy saisis au port d’Oran. Une
prise qui va être incinérée ces jours-ci.
Pourvu qu’il y ait du vent !
Pourvu qu’il y ait du vent !
Ah ! Je vous l’avais bien dit que ça sentait déjà la chorba ! Eh bien, le ministre du Commerce vient me conforter, me donner raison en prononçant cette phrase que je considère comme culte, voire cultissime. En visite de travail à Skikda, Bakhti Bélaïb a affirmé : «Il n’y aura pas de pénurie pendant le Ramadhan.» Mumm ! Quand j’entends cette sentence, juste cette sentence, je me sens encore plus fier d’être algérien, d’appartenir à cette nation, de faire partie de cette portion glorieuse du monde. Ici, et en nulle autre partie de la planète Bleue, un responsable peut venir se planter devant la populace, lui affirmer que «le vent ne les touchera pas» dans les jours à venir, s’en aller voir ensuite, comme tout le monde peut le voir, que non seulement «le vent touche», mais pis, il balaie tout sur son passage et… rien ! S’il est encore ministre l’an prochain, il rebelotera itou, pareil ! Les autres pays, et plus largement les autres civilisations, ont bien tenté de nous imiter, de faire pareil. Peine perdue. Aucun d’eux n’a réussi à égaler l’original D.Z. C’est un art que nous seuls possédons vraiment, maîtrisons de bout en bout de la Chaîne. Ainsi, un responsable peut venir jurer que l’été, il n’y aura pas de coupure d’eau, les coupures d’eau vont pourtant nous entailler la vie, et… rien ! Un autre responsable affirmera, lui, que l’été ne connaîtra aucun délestage électrique, les délestages nous feront redécouvrir les vertus de la méditation dans le noir, par 45 degrés à l’ombre, et… rien. Un autre responsable se tapera la poitrine en promettant qu’aucune baisse du débit Internet ne perturbera notre connexion avec le monde des vivants, nous serons pourtant plongés dans l’univers des morts-vivants par intermittence mortifère, et… rien ! Alors oui ! Pour tous ces miracles, il faut remercier, rendre grâce au ministre du Commerce et à tous les autres responsables de ce pays qui font commerce de ce genre de déclarations qui ne mangent pas de pain, ne coûtent rien finalement au contribuable, sauf à se… payer sa tronche. Allez ! Moi aussi je m’y mets. Je promets d’ores et déjà que cet été, il n’y aura pas de délestage de la chronique. Elle sera en flux ininterrompu. Et vous pourrez ainsi sans risque de coupure, sauf le vendredi,
fumer du thé en ma compagnie pour rester éveillés à notre cauchemar qui continue.

H. L