Hollande à Bouteflika : «L’Algérie peut compter sur la
France !» Et je suppose qu’en retour, la France peut
compter sur nos derniers…… sous ! C’est une erreur de croire que la musique peut automatiquement mener aux hautes fonctions de l’Etat. Une grossière erreur. Il faut savoir que la promotion musicale en Algérie obéit à des règles très strictes. Ce n’est pas le moulin ici ! N’importe quel instrument de musique ne peut pas te faire emprunter allègrement l’ascenseur social et politique. Eh oui ! Sinon, ça serait trop facile. Tout le monde irait s’acheter une guitare, squatterait une portion de trottoir et revendiquerait, au bout d’une heure de chant et de partitions massacrées, la victoire aux sénatoriales, ou pis, le poste de Premier ministre dans le futur gouvernement remanié. Que nenni ! Il y a instrument et instrument dans la hiérarchie de l’ A.M.P, «l’Assomption Musicale vers le Palais». Et la guitare ne me semble pas à première vue l’outil idéal pour gravir les échelons. C’est comme si tu voulais affronter le versant nord de l’Annapurna avec des ballerines de danseur et un tutu ! Non ! Il faut être équipé du bon instrument. Il existe ! Comme le Saint Graal, cet instrument existe. Saâdani l’a trouvé, il y a fort longtemps. Le mérite lui revient d’ailleurs de s’être élevé tout en élevant au rang de monument national son instrument de prédilection, la derbouka. Allez ! Je te pose la question à toi, le quidam. Depuis que l’alpiniste politique Saâdani a battu tous les records de grimpette, faisant passer Maurice Herzog pour un amateur, ose me dire que tu vois, que tu regardes toujours de la même manière une derbouka ? Comme un objet banal. Non, bien sûr ! Cet instrument est devenu culte, voire mythique. Depuis quelques années, tu l’auras toi aussi remarqué, aux mariages, aux fêtes, ou juste aux concerts, les spectateurs et les invités n’ont plus d’yeux que pour le percussionniste. Ils savent grâce à l’expérience de Si Ammar que celui qui tient la derbouka peut un jour tenir le pays. Et le guitariste ? Rien ! Walou ! C’est comme si cet instrument avait été touché, frappé, foudroyé par une malédiction terrible. La guitare, ce n’est franchement pas dans les cordes du Palais. Va savoir pourquoi. Tu auras beau faire tout le boucan du diable avec une Fender Stratocaster, les portes du Palais te resteront fermées à la figure. Par contre, comme par enchantement s’ouvriront devant toi celles du… commissariat le plus proche !
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |