Un conseil. Tournez 7 fois votre langue dans la
bouche de ……Ali Benhadj avant de conclure
à la mort du FIS ! Je veux bien admettre que les jeunes qui ont manifesté contre le journal Charlie Hebdo et saccagé des biens publics vendredi dernier, tout en scandant des slogans du FIS n’aient «aucun ancrage politique, aient agi par désœuvrement et ne représentent pas un courant d’action». Je veux bien, même si au fond, je me gratte le menton. Mais en vrai, dans cette affaire, un fait semble passer pour anodin, banal, voire même pas relevé du tout. Les «jeunes excités» — appelons-les comme ça pour faire plaisir aux éternels rassureurs — ont chanté fort les insanités du FIS et ont décerné la médaille de chouhada aux frères Kouachi où, exactement ? Ces «jeunes non politisés» ont brandi le portrait de Coulibaly et exhibé un drapeau de Daesh où, Allah yarham babakoum ? A l’endroit même où les bras armés du FIS ont commis l’attentat contre la Maison de la Presse Tahar Djaout ! Oui, M’sieur ! Ce qui m’interpelle sur au moins un point : avec une moyenne d’âge de 16 ans pour les «jeunes excités» la majorité de ceux qui ont «chouhadisé» les frères Kouachi ne savent même pas ce qui s’est passé sous leurs claquettes coléreuses des années auparavant, le 11 février 1996. Les «manifestants» ont souillé un lieu de mémoire et de recueillement, haut symbole de la tragédie algérienne et de la barbarie terroriste et intégriste qui y a sévi. L’école ! Oui, on a beau aller et venir, en circonvolutions et en tortillements du croupion, nous sommes bien obligés d’y revenir : l’école. Notre école n’a pas appris à ces jeunes l’histoire récente, l’histoire encore fraîche de leur propre pays. Je ne veux même pas parler de l’histoire de la guerre de Libération nationale, du mouvement national, du qui était un héros et qui était un traître. Penses-tu ! Ça, c’est déjà fort compliqué. Non ! Je fais juste allusion à l’histoire d’hier, l’histoire hyper-contemporaine dont l’encre n’a pas encore eu le temps de vraiment sécher. Les gosses de moins de 19 ans n’ont pas appris à l’école républicaine ce qui s’est passé au cœur de la capitale, là où un abruti à qui le régime pas moins abruti, confie un micro et une tribune du haut de laquelle il peut appeler des gosses sans HISTOIRE à aller glorifier les frères Kouachi. Je le dis, je l’écris, le redis et le réécris : le plus bel attentat à commettre contre le terrorisme et les abrutis qui travaillent en franchise à le promouvoir, c’est de sauver l’école algérienne. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |