| «Rani beaucoup mieux !» Tout… … le désastre du système scolaire algérien
résumé dans cette phrase bancale ! Hécatombe sur nos routes. Et au bout des tôles froissées, la grande mesure, la gigantesque décision qui vient d’être prise: l’installation d’une commission mixte ! Enfant, lorsque ma mère se penchait sur mon lit, elle me chantait déjà la berceuse de la «Commission mixte». Et je m’endormais profondément au bout du premier couplet. Au fil de notre indépendance chèrement acquise, les commissions mixtes sont devenues des éléments constitutifs de notre mobilier urbain. Au même titre que les gens se donnent rendez-vous à l’angle de la poste et du terminus, en face de la daïra ou au «Café des Amis», ils ont aussi appris à se rencontrer à l’intersection de la commission mixte et de la commission d’enquête. Avec le temps, et surtout avec cette capacité extraordinaire que j’ai de cogiter, de réfléchir sur des sujets toujours aussi profonds et déterminants, j’en suis arrivé à une conclusion révolutionnaire qui explique à coup sûr l’échec du concept même de «commission mixte». C’est qu’elle est mixte, justement ! Notre erreur aura été de créer des commissions mixtes. Peut-être aurions-nous été plus heureux avec des commissions gaies ? Ou alors des commissions strictement basées sur la Charia, et donc pas mixtes du tout. Ou encore des commissions orphelines, sans parents et sans possibilité de mixité ou de mixage de quelque sorte que ce soit. En clair, notre pays serait la victime d’une malédiction divine qui s’abat invariablement sur toute commission mixte qui verrait le jour. Dieu, ou les dieux, ou une quelconque autre divinité qui veille scrupuleusement sur tout ce que l’homme fait, abat ses foudres dès que parvient à ses oreilles la nouvelle de la mise sur pied d’une commission mixte. D’où les échecs et les impasses sur et dans lesquelles aboutissent toutes nos commissions mixtes. C’est bien de le découvrir, de l’apprendre enfin, même tard. C’est mieux de réagir et de rectifier le tir. Pour le changement d’appellation de «commission mixte» à «commission gaie», je me… tâte un peu, je me gratte le menton et je me dis que nous ne sommes peut-être pas encore prêts à cette révolution-là. Je ne suis pas sûr que nous puissions installer des commissions gaies avec la même facilité que nous le faisons actuellement avec les commissions mixtes. Faut dire qu’un président de commission gaie, ça ne se trouve pas au premier coin de la première rue. Même une rue en plein Marais. Et puis, les travaux de la commission gaie doivent-ils être ouverts à la presse, publics, ou auront-ils un caractère fermé, à huis clos ? Dans cette seconde option, nous nous exposerions à coup sûr à des critiques du genre «c’est parce qu’il s’agit d’une commission gaie que la presse est empêchée de pénétrer dans la salle !». Délicat, voire même douloureux comme sujet. Tellement qu’il me demande encore de cogiter, de réfléchir plus intensément, plus profondément à la question. Tout en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L. |