Il paraît que la France nous espionne depuis 2009
grâce à un système baptisé «Babar». Faux ! Paris
nous espionne depuis 1962. Sauf qu’à l’époque, le
dispositif ne s’appelait pas Babar, mais…Oui-Oui ! On a beau dire, le prestige de l’uniforme ! D’accord, ça en jette ! Surtout lorsqu’il est repassé. Correctement repassé. Et que ses couleurs, elles, ne sont pas repassées, défraîchies. Et qu’il est bien porté ! Forcément ! Un uniforme de flic porté par un mec ou une nana avec une bedaine tombant sur les genoux, c’est tout sauf le rêve. Même chose, dans l’autre sens. Un uniforme endossé par un malingre pesant à peine 45 kilos, rangers comprises, c’est un peu juste ! Non ! L’uniforme, c’est un tout. Et quand ce tout est là, c’est prestigieux. Sauf que depuis un moment, l’uniforme à lui seul ne suffit plus à créer réellement la vocation. Prenez ces dernières heures et la vie de flic de stade. Mon Dieu quel calvaire ! Une première fois, on leur annonce que les policiers affectés jusque-là dans les enceintes sportives, notamment les stades de foot, allaient les quitter, en être sortis. Bon ! Bons bougres, disciplinés comme tout, ils ont bien pris la chose. Même si une affectation au stade, au-delà du maintien de l’ordre, c’est un bon truc. Ça permet entre autres de voir des matchs à l’œil. Malgré cela, les policiers ont accueilli dans leur ensemble la nouvelle de leur retrait avec beaucoup de philosophie. Seulement voilà. A peine leur barda fait, ils s’apprêtaient à quitter les stades lorsqu’un contre-ordre est arrivé : «on stoppe tout ! Leur a-t-on dit. Vous ne partez plus. Vous restez !» Et là, depuis, les flics sont au portail des stades. Entre les guichets d’accès et les tribunes, ne sachant plus s’il faut rester ou quitter les lieux. Imaginez un peu leur situation peu confortable. Dans les courants d’air. Ni à l’abri, sur la pelouse. Ni dehors, dans les fourgons. Juste à l’entrée. J’en ai même vu un, grosse moustache tombante d’ennui et de lassitude, appuyé sur son arme pointée au sol, les sourcils légèrement arqués par l’agacement et qui, si ordre de quitter et contre-ordre de rester dans le stade s’enchaînent encore, va finir par craquer. Je vous en fiche mon billet de stade que lui va craquer ! C’est jamais bon un flic qui craque. Faut vite lui donner du thé à fumer pour qu’il puisse rester éveillé à son cauchemar qui continue.
H. L. |