A la recherche de structures sportives

Skikda
le 03.10.16 | 10h00


Samedi dernier, la salle de sport jouxtant la cité CIA, au centre-ville,
était bondée de monde. Des dizaines d’enfants accompagnés de leurs
parents étaient venus s’inscrire à l’école de Handball de la JSES, un
club local qui fait désormais partie de l’élite nationale.Le spectacle
qu’offraient ces gosses âgés de 08 à 12 ans témoigne d’abord de
l’intérêt que portent les skikdis à un sport qui a donné à la ville ses
titres de noblesse, plus que tous les autres sports, football compris.
Il témoigne aussi du sérieux et du niveau de formation qui sont
devenus un label indéniable de la JSES en matière de formation.

Normal, l’école de ce club est dirigée par Rabah Sayad, l’ancienne
gloire de l’EN, soutenu par son ami, Kiati, qui a eu lui aussi à garder
les bois de cette même EN à l’époque de l’âge d’or du handball algérien.

«Cela fait des années que je suis à la tête de cette école et nous ne
cessons de saison en saison d’être submergés par le nombre
impressionnant de gosses qui veulent se former à la JSES. Vous savez,
moi je ne pourrai jamais dire à un enfant que je ne peux pas l’inscrire à
l’école, car il y a trop de monde. Si on fait ça, on donnera le mauvais
exemple au risque même de briser ces enfants», affirme Rabah Sayad,
connu pour ne pas mâcher ses mots.Seulement, il faut aussi reconnaître
que cette ferveur ne peut cacher les limites des infrastructures qui
caractérisent Skikda depuis plus d’un demi-siècle déjà sans que cela ne
gêne, ni inquiète personne.Le bon vouloir de ces messieurs du handball
national s’estompe souvent devant une réalité pas toujours facile à digérer.
Rabah Sayad en parle : «Ce qui me choque surtout et que je trouve
intolérable c’est qu’il nous arrive souvent de ne pas faire bénéficier ces
gamins de leur entrainement parce qu’il n’y a qu’une salle.Cette triste
réalité devient presque courante lorsqu’il pleut. Il ne faut se mentir ; nous
accusons un manque flagrant en matière d’infrastructures sportives.»

On retrouve le même son de cloche auprès de Kiati «L’école ne dispose
que d’un seul créneau à raison de deux fois par semaine et cette salle, à
elle seule, ne peut satisfaire l’ensemble des clubs qui s’y entraînent. Le
salut du sport en général à Skikda réside dans l’urgence de doter cette
ville de véritables infrastructures. Regardez cette salle, c’est un fut en
taule galvanisée. Elle fait honte à une ville plusieurs fois championne
d’Algérie en Handball. On pourrait à la rigueur la déboulonner et utiliser
son assiette pour élever une salle à la mesure de la renommée et de
l’histoire du handball à Skikda. La JSES a d’ailleurs proposé de participer
financièrement à cette opération, mais les échos tardent à se faire entendre.»

Cette situation n’incommode pas uniquement les gosses mais les
responsables de la JSES également qui se retrouvent la plupart du temps
contraints de penser à réduire l’effectif de l’école même si Rabah Sayad
refuse catégoriquement cette option «on ne peut pas priver un gamin de
son droit de faire du sport. Les gosses ne doivent en aucun cas payer les
erreurs des adultes» a-t-il jugé.En attendant des jours meilleurs qui tardent
à venir, on a eu à relever, sur place, une seule décision prise par
l’administration en charge des sports. Cette dernière a en effet décidé de
fermer le grand portail de l’enceinte pour n’ouvrir qu’une petite porte
dérobée sans pour autant placarder ne serait-ce qu’un écriteau afin
d’informer les enfants et leurs parents. Cette décision n’a d’ailleurs pas
tardé à pousser les enfants à escalader le portail, avec tous les risques
imaginables. Ainsi, à Skikda, au lieu d’ouvrir de nouvelles salles, on
s’occupe à fermer les portes.

Khider Ouahab