Algérie
La finance islamique, une solution à la sous bancarisation
le 13.06.16|21h53
La finance islamique est préconisée par certains experts comme
étant la meilleure solution pour parvenir à récupérer l’argent qui
circule hors circuit bancaire.
Nasser Hideur et Mohamed Boudjelal, respectivement directeur général
d’El Salam Bank et professeur en sciences économique expert en
finances islamiques ont abordé lors d’une conférence de presse au
forum du quotidien El Moudjahid « les apports potentiels de la finances
islamique ».Les deux intervenants se sont accordés sur le rôle que pourrait
jouer la finance islamique dans la situation de crise que connait le pays
actuellement.« Le recours à la finance islamique est fortement recommandé
en ces temps de crise », estime Mohamed Boudjelal. Selon lui, la finance
islamique est capable de régler ne serait ce qu’une partie de cette crise,
explique-t-il, soit celle portant sur la récupération de l’argent qui est hors
du circuit bancaire. Et qui est estimé, rappelle-t-il, à quelques 3700 milliard DA.
« Une partie de la population boude le système bancaire conventionnel basé
sur les intérêts bancaires que je qualifie personnellement de compteur infernal.
Cela dit, nous devons aller vers cette frange de la population », préconise-t-il.
Pour caractériser la réticence qu’une frange de la population ressent vis-à-vis
du système bancaire traditionnel, il précise que, 900 micro-entreprises ont
baissé le rideau car leurs propriétaires désapprouvent le recours au système
des intérêts suite à un prêt bancaire.Les deux banques islamiques El Baraka
Bank et Al Salam Bank détiennent 15 à 17% des 13% des parts de marché
que se disputent les 22 banques privées activant en Algérie.
M.Hideur qui, avant de prendre les commandes d‘El Salam Bank a dirigé durant
de longues années la Banque El Baraka, assure que les banques islamiques
accordent une importance capitale à l’investissement et au développement de
l’économie nationale. 25% du portefeuille de ces deux banques est orienté vers
le financement de l’investissement productif dont l’acquisition des matières premières (matériaux de construction, aliments de bétails, produits pharmaceutiques….).
Le chiffre d’affaire d’El Baraka Bank est estimé en 2015 à 150 milliards de DA
contre 48 milliards de DA pour El Salam Bank durant la même année.
Un système sans cadre juridique
Les intervenants ont dénoncé l’absence d’un cadre juridique qui défini clairement
ce modèle bancaire. M.Hideur explique que ce vide n’est pas un frein majeur du
moment qu’il n’a pas empêché la naissance de ces banques, toutefois, il aurait
permis de mieux présenter de nouveaux produits. Il rappelle qu’en 2010, un travail commun s’est fait avec des parlementaires afin de rédiger un texte de loi portant
finance islamique. Lequel texte aurait atterrit, selon le conférencier, au niveau du gouvernement sans jamais connaitre de suite. Avec le changement à la tête du département ministériel suite au dernier remaniement ministériel,
M.Hideur est encore plus septique.
Mina Adel




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