Scandale de la semaine
Traitement médiatique de la disparition de la petite Nihal
le 05.08.16 | 10h00
Alors que les indices retrouvés à Ath Ali, dans la commune de Aït Touddert
dans l’affaire de la disparition de la fillette Nihal étaient toujours en cours
d’expertise au niveau de l’Institut national de criminalistique et de criminologie
(INCC) de Bouchaoui, certains médias se sont précipités pour annoncer son
décès. En moins de trois jours, on annonçait que la robe tachée de sang
retrouvée sur les lieux appartenait à Nihal. Puis que le crâne retrouvé était le
sien. Puis... démenti non ce n’était pas elle. A qui appartenaient-ils alors ? Intox,
fausse information, et surtout angoisse des parents ! «La Gendarmerie nationale
ne peut pas se prononcer sur l’appartenance de ces indices avant les résultats
de l’expertise», annonçait le commandement de la Gendarmerie nationale de
Tizi Ouzou. En dépit de cela, sur les réseaux sociaux et sur certains sites
d’information, Nihal a été retrouvée décapitée. Les messages de condoléances commençaient déjà à affluer… sans même prendre en considération l’émotion
des parents. Triste, affaibli, blessé, mais surtout en colère contre ces scandaleuses informations, le papa de la Nihal répond : «Les médias sont en train d’amplifier
cette affaire. Ils disent des choses fausses qui n’existent pas.Si jamais les services
de sécurité trouvaient un corps, qui appelleraient-ils en premier ? Logiquement, le
papa. Il s’agit d’une affaire humanitaire et non commerciale où l’on cherche à tout
prix un scoop avant d’avoir confirmé l’information.» «A toutes les personnes et aux
médias qui véhiculent de fausses informations sur la disparition de notre petite Nihal
Si Mohand en semant le doute et la peur, et en traumatisant la famille de la victime
SVP, arrêtez de diffuser des informations sans certitude et sans confirmation d’une
source fiable ! Ceux présents sur le lieu n’ont rien vu, pas de corps ! A quand une
presse professionnelle ?»
Nassima Oulebsir
Les analyses ADN confirment le décès de Nihal Si Mohand
le 05.08.16 | 10h00
Les tests ADN effectués sur les restes d’ossements humains récupérés à
Aït Toudert, au sud-est de Tizi Ouzou, révèlent que ce sont de la petite fille
Nihal Si Mohand disparue il y a 15 jours.
La triste nouvelle de la mort de l’enfant a été annoncée, hier en milieu d’après-midi,
par le procureur de la République près le tribunal de Ouacifs. Elle met fin à une
longue attente des parents, mais aussi à celle de toute la population de la région
ayant soutenu et compati à la détresse de la famille Si Mohand. Le procureur Fodhil Takharoubt a animé une conférence de presse au tribunal de Ouacifs pour dévoiler
les derniers aboutissements de l’enquête dans le cadre de la disparition mystérieuse
de Nihal. Il s’agit d’ailleurs de la première conférence de presse organisée depuis le
début de cette affaire. Hier, le procureur est d’abord revenu sur les circonstances
dans lesquelles le plan national interactif contre l’enlèvement d’enfants a été
déclenché. «Le plan national contre l’enlèvement d’enfants a été déclenché tout de
suite après le signalement de la disparition de la petite fille», a souligné le procureur.
Il a ajouté que «tous les moyens humains et matériels ont été mobilisés afin de
retrouver la petite Nihal». Les recherches ayant duré plusieurs jours ont finalement
abouti à la découverte «de restes d’ossements humains au village Mechrak, plus exactement au lieudit Azaghar», a-t-il ajouté sans donner plus de détail sur les
éléments retrouvés. Les indices «ont été récupérés et transportés vers l’Institut
national de criminologie et criminalistique pour les tests ADN nécessaires», a indiqué
le procureur de la République près le tribunal de Ouacifs. «Les résultats sont apparus
ce matin et démontrent malheureusement que les restes récupérés sont ceux de la
petite Nihal», dira-t-il, en se refusant à toute autre déclaration, assurant uniquement
que d’autres conférences de presse seront prévues «pour informer l’opinion publiques
sur les aboutissements de l’enquête».Le 21 juillet dernier, la petite Nihal venue prendre part à une fête familiale à Aït Abdelouahab, dans la commune d’Aït Toudert, au domicile
de ses grands-parents maternels, a été perdue de vue par ses parents. Ils ont alerté
les éléments de la Gendarmerie nationale après avoir entamé les premières recherches
en compagnie de voisins et de gens du village. Des patrouilles de la Gendarmerie nationale ainsi que des éléments de la Protection civile ont été mobilisés. Des ratissages dans la région avec l’aide de chiens renifleurs ont été effectués. Des plongeurs ont fait
leur apparition dans la localité pour ratisser les cours d’eau, sans résultat. Aucune
nouvelle de Nihal n’est venue apaiser le désarroi de ses parents qui gardaient toujours l’espoir de la revoir saine et sauve.La thèse de l’enlèvement se confirmait à mesure que
les jours passaient. Un rebondissement dans cette affaire a toutefois eu lieu dimanche dernier, lorsqu’une petite robe a été découverte à environ deux kilomètres de la maison familiale. Les recherches ont été axées à cet endroit où d’autres indices ont été
récupérés, dont un crâne et des cheveux. L’enquête s’est accélérée depuis grâce aux analyses ADN effectués ces derniers jours à l’Institut de criminologie de Bouchaoui, lesquelles ont conclu au décès de la petite Nihal. L’histoire connaît ainsi son triste
épilogue, du moins s’agissant du sort de la petite fille au visage d’ange.
Pour les enquêteurs, un autre travail reste à mener à son terme identifier et arrêter
au plus vite le ou les auteurs de cet acte abominable et les traduire devant la justice.
Le procureur de la République, interrogé sur l’existence d’éventuels suspects dans
cette affaire d’enlèvement et d’assassinat, s’est refusé à tout commentaire assurant
que cela entre dans le secret exigé par l’enquête.
Tassadit Chibani



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