La succession de Bensalah en filigrane
A LA UNE/Actualités_RENOUVELLEMENT PARTIEL DES MEMBRES DU CONSEIL DE LA NATION
20 Décembre 2015
La succession de Bensalah en filigrane
Le renouvellement partiel des membres du Conseil de la Nation intervient, cette fois-ci, dans une conjoncture qui confère
à ce scrutin des grands électeurs parmi les élus locaux, APC-APW, toute son importance.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - Le FLN, version Ammar Saâdani, ambitionne tout simplement à l’occasion de cette joute de reprendre son règne au niveau de la Chambre haute du Parlement en vue de compléter sa domination sur l’appareil législatif et son emprise sur l’exécutif.
En effet, le vieux front détient une large majorité à l’APN à l’issue des élections législatives du 10 mai 2012, près de 120 élus auxquels sont venus s’ajouter d’autres députés «indépendants» ou élus sur les listes de cette kyrielle de petits partis.
Comme c’est le cas, d’ailleurs, du plus en vue de ces parvenus, Baha-Eddine Tliba, qui a piloté la liste d’un micro-parti à Annaba avant d’atterrir au FLN et se faire bombarder vice-président de l’APN il y a seulement quelques semaines
à l’occasion du renouvellement des instances de cette Chambre basse du Parlement.
Le FLN se prévaut également d’une majorité confortable au niveau de l’exécutif puisqu’ils sont nombreux, ceux qui étaient nommés ministres dans le sillage du dernier remaniement gouvernemental, à se revendiquer du vieux front
et à rejoindre dans un mouvement de masse le comité central issu du dernier congrès.
Ammar Saâdani, qui, jusqu’à une époque récente, revendiquait même le gouvernail de l’exécutif qui devait revenir à son parti majoritaire à l’APN, avant de lâcher du lest, le Premier ministre ayant, enfin, revendiqué publiquement sa «vieille» appartenance au vieux front mais aussi,
perspective de révision constitutionnelle oblige. Manque donc, dans l’escarcelle du FLN,
une majorité au Conseil de la Nation, qui lui permettrait d’asseoir sa suprématie.
Ce qu’il tentera de réaliser à l’occasion du tout prochain renouvellement partiel des membres de cette Chambre haute du Parlement. Mais au cœur de cette ambition se loverait, selon de «mauvaises langues», une velléité chez Saâdani de prendre le relais de Abdelkader Bensalah
dans le cadre d’une succession qui se trame depuis des semaines en haut lieu.
Le patron du FLN prendrait les rênes du Sénat et deviendrait, ainsi, le deuxième homme de l’Etat
après avoir été à un rang plus bas quand il a été placé à la tête de l’APN.
Il serait, pour ce faire, nommé comme sénateur dans le cadre du tiers présidentiel partiellement concerné par
ce renouvellement avant de se faire introniser président du Conseil de la Nation.
Ce qui ne serait que récompense à l’homme qui a fait preuve d’abnégation dans l’application à la lettre
de la feuille de route qui a accompagné sa désignation à la tête du FLN, fin août 2013.
Et nombre de ses pourfendeurs au sein du vieux front, dont notamment les redresseurs en chef,
l’accusent carrément de nourrir des ambitions présidentielles.
Une accusation qu’une telle promotion viendrait ainsi démentir.
M. K.
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