Foot ! Des témoins sont formels : présent dans les gradins
lors du match Rennes-Guingamp, Christian Gourcuff
aurait…
… pleuré !A première vue, c’est la seule explication plausible. Et je n’en suis pas à ma première vue, puisque debout, je le suis depuis plus d’un quart d’heure face à cette bâtisse. Un rez-de-chaussée, deux étages le surplombant et un troisième en instance de surplomber le tout, et peut être – qui sait ? – de se faire surplomber à son tour par un quatrième étage de dernière minute. Et plus je regarde cet ensemble d’«habitation» plus j’en ai l’intime conviction : son proprio a dû subir le fameux trauma de la SDB. D’éminents psychiatres algériens ont travaillé longtemps avant de conceptualiser le trauma de la SDB. C’est une sorte de fierté nationale. D’ailleurs, pourquoi écrire «une sorte» ? Non, c’est tout bonnement l’une des fiertés assumées de mon pays. La recherche psychanalytique et psychiatrique sur le trauma de la SDB, c’est nous ! Nous sommes pionniers. Il faut dire aussi que le syndrome en question justifie que, scientifiquement, nous soyons à la pointe. Il a fait des ravages terribles dans notre société. Au départ, en phase d’incubation, nous n’y avions pas vraiment prêté attention. C’est à peine si nous jetions quelques petits coups d’œil, mi-amusés mi-grimaçants lorsqu’il nous arrivait d’en croiser quelques manifestations éparses, isolées et sans lendemain, pensions-nous. Sauf que l’épidémie a gagné tout le pays. Très vite, le trauma SDB et ses dommages collatéraux irréversibles ont été signalés en foyers de plus en plus nombreux, de plus en plus essaimants et de plus en plus virulents. C’est donc à cette période critique que les labos et les équipes de recherche, presque de manière forcée, se sont penchés nuit et jour sur ce trauma SDB. Des scientifiques y ont consacré des thèses entières. Y ont passé pour certains toute leur carrière et leur parcours professionnel, jusqu’à trépas. Lorsque le syndrome a atteint son paroxysme de propagation, les autorités ont bien tenté de réagir en inscrivant ce fléau de la SDB au rang de priorité nationale. Hélas, trop tard ! Même les dernières zones hyper-protégées, celles que l’on pensait complètement inatteignables par le trauma SBD, l’ont été et leurs populations contaminées irrémédiablement. Et là, en face de moi, ce matin encore, je mesure les dégâts face à cette bâtisse. Ses murs extérieurs sont couverts de faïence de Salle de Bains. Ses balcons sont tapissés de dalle de sol de Salle de Bains. Les rebords de la terrasse en construction tout là haut sont surélevés avec des carreaux de céramique de Salle de Bains. Et si je reste encore un peu, je suis sûr de voir sortir de cette «villa» le propriétaire habillé d’un costume ton Salle de Bains !
A la réflexion, j’aurais dû mettre un «h» à «ton». Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |