Ali Haddad : «Le FCE va créer un fonds
d’investissement.» Ya Allilou, pas la peine ! Ce fond
existe déjà. Et y a un bail qu’on l’a atteint !
Que je fasse un peu les comptes. Pêle-mêle, pas forcément dans le bon ordre d’arrivée. On a eu droit à Alain Juppé. A Jean-Louis Bianco. A Stéphane Le Foll. Jean-Marc Ayrault doit venir à Alger le 30 de ce mois. Et Valls est attendu le 9 avril. Dites donc, ça en fait des débarquements de voisins français chez nous ! Au début, lorsque c’était espacé, Zoukh, le wali d’Alger, arrivait à gérer plus ou moins. Mais là, ses services sont en passe d’être débordés. Une cellule de crise vient d’ailleurs d’être installée. Elle s’est penchée sur les conditions d’accueil de toutes ces personnes en «errance forcée». Dans un premier temps, les autorités algériennes ont paré au plus pressé. Un centre de regroupement d’urgence a été mis en place à Sidi Fredj. Sur le site même qui reçoit, tous les étés, les colonies de vacances. Mais, et ça, les nôtres insistent là-dessus, il n’est pas question de refaire les erreurs commises ailleurs. Comme à Calais, en France, ou à Idoméni, en Grèce. L’Algérie est une terre d’accueil par excellence, et on n’imagine pas dans l’équipe de Zoukh un Jean-Marc Ayrault ou un Valls pataugeant dans la boue d’une jungle. Non ! D’ores et déjà, et même si l’été approche et qu’il fait beau, l’Algérie a commandé auprès de la Société nationale des chalets et containers des cubes d’habitation spécialement aménagés, avec toutes les commodités. Les services en charge de la viabilisation du site travaillent aux branchements sanitaires et Le Foll ou Bianco n’auront pas à souffrir du manque d’eau ou d’électricité. C’est important cette humanisation des sites d’accueil. Mais ça ne suffit pas. Sur place, au fur et à mesure des arrivées que l’on nous annonce d’ores et déjà de plus en plus nombreuses, voire massives, des écoles d’apprentissage de l’algérien et du tamazight seront ouvertes. Des maîtres expérimentés y dispenseront des cours qui permettront, à la longue, aux arrivants de mieux s’insérer dans la société algérienne.
L’objectif étant d’éviter le communautarisme dans la pauvreté et l’isolement. Ainsi, si les prévisions annoncées par
la wilaya d’Alger se réalisent – et il n’y a pas de raison que cela ne se fasse pas — nos amis français se sentiront
enfin chez eux, en Algérie. Ils pourront alors, tout comme nous, fumer du thé et rester éveillés à leur cauchemar qui continue.
H. L. |