27 Mars 2016

Sur un nuage, je plane !


Par Hakim Laâlam
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Offre compensation financière !Allez savoir pourquoi ce matin, je suis empli d’un optimisme quasi béat ! Et la victoire 7 à 1 des Verts contre l’Ethiopie n’y est pour rien. Si ! Si ! Je vous assure. C’est juste qu’avec le soleil qui s’est levé et la couette que j’ai rabattue à mes pieds, je me suis dit «j’me sens en forme !» Peut-être cette vidéo-testament du «chef» de Boko-Haram, le monstre du Nigeria. Gueule amaigrie, face de rat traqué et qui annonce devant l’objectif d’un… téléphone portable, dans une vidéo d’une qualité exécrable : «Pour moi, c’est la fin !» Eh ouais ! La fin des clips hollywoodiens où le gugusse jouait les gros bras, kalache et sourire carnassier portés en bandoulière. Du passé. L’homme se terre et baisse les yeux. C’est perceptible même sur un bout de film-Smartphone ! Faut dire que l’armée nigériane vient de libérer près de 900 otages détenus jusque-là par cette horde de zombies shootés au chanvre et à la coke archi-coupée. Ça laisse des traces, forcément. Alors, oui ! Ce matin, je vois autrement les derniers attentats de Bruxelles. Non, ce n’est pas de l’audace sordide. C’est juste que j’écoute un peu, scrupuleusement, beaucoup et attentivement les experts qui analysent les dernières actions violentes en Europe et en Afrique. Du moins pas tous. Ceux qui font montre d’un Smig de raisonnement et ne font pas commerce de la peur revendue en barre. Et qu’ont dit ces experts ? Que Daesh perd du terrain. Ce n’est pas une invention. Palmyre la Magnifique est sur le point d’être reprise par l’armée syrienne aidée par le Hezbollah, ce même Hezbollah que l’Arabie Saoudite voulait nous faire étiqueter «organisation terroriste», démarche criminelle que nous avons eu mille fois raison de ne pas suivre. Le numéro 2 de Daesh n’est plus le numéro de rien du tout, écrasé par une frappe américaine. Et de petites frappes de banlieue se mettent à table dès qu’elles sont chopées détalant, au coin d’une friterie, jurant qu’elles n’ont jamais rien fait exploser, se contentant soit de faire le gué, soit de cuisiner des p’tits plats pour l’émir chef chéri, soit… bref, vous m’avez compris, sauf vot’ respect ! Mon moral est au zénith. Ça peut paraître indécent tant Bruxelles est encore frais dans les yeux larmoyants du Manneken-Pis. Mais j’y crois dur comme fer, parce Algérien, parce qu’ayant vécu les derniers soubresauts du GIA, de l’AIS et du GSPC. Et parce que même les imams convoqués en bataillons serrés pour dire la terreur proche ne me feront pas perdre de ma béatitude. C’est tellement rare chez moi ces périodes d’euphorie
non artificiellement assistée que je vous implore de me laisser encore en profiter quelques heures. J’aurai bien le temps, dès demain,
de revenir à mon thé et de le fumer goulument pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.