Après Tyson, après Schwarzenegger, c'est au tour de
Jean-Claude Van Damme de venir en Algérie.
L'Algérie, haut lieu du…… cinéma d'art et d'essai On nous explique que le danger à nos frontières est tellement, tellement imminent, qu’il faut faire front uni. Saâdani, l’homme qui a mis toutes les rides de son visage au service de Abdekka, nous exhorte même à taire nos différences et à nous aligner derrière lui pour soutenir Boutef’, le seul en mesure de nous sortir du face-à-face mortel avec Daesh et Al-Qaïda réunis. Moi, main dans la main avec Saâdani ? Je regarde ma main. Ma main me regarde. Et je sens bien qu’elle me dit un tas de choses, ma main. J’essaie de décoder les paroles de ma main. Ah ! Oui ! J’ai oublié de vous préciser que ma main, naturellement très discrète, ne parle pas arabe. Ni français. Ni tamazight. Ni aucune autre langue connue. Attention ! Je ne dis pas que ma main est analphabète et ne pratique aucune langue. Non ! Bien au contraire ! Ma main est polyglotte. Mais lorsqu’elle le décide, lorsque le 6e sens de ma main, qui compte comme les vôtres 5 doigts, lui dicte de parler codé, elle me parle dans un langage que seuls elle et moi comprenons. En même temps, il est normal que ma main utilise un code convenu entre elle et moi, seulement. C’est tout de même ma main, n’est-ce pas ? Chaque être humain devrait bénéficier de ce droit élémentaire de disposer d’un code spécifique à sa main. Et il est tout aussi logique que je ne comprenne rien lorsque votre main à vous vous parle. L’inverse étant vrai aussi. Et donc, là, au bout d’un intense moment de «regardage» entre ma main et moi, elle m’a enfin parlé. Au sujet de cette main tendue par Saâdani pour faire front face aux menaces extérieures, Daesh et tout le reste de la bande poilue. Que m’a dit ma main ? Sans dévoiler le secret de notre code convenu, ma main et moi, sans éventer ce qui fait l’intimité de la relation que j’entretiens avec ma mimine, je vous décris succinctement les propos codés, chorégraphiés de ma main : le majeur de ma main a bougé. De la position allongée, sagement rangé aux côtés des autres doigts, le majeur de ma main s’est lentement replié vers moi, en hauteur, puis il est resté comme ça, en angle à 90°, pointé vers mon nez. J’ai aussitôt saisi le message codé. J’ai compris ce que voulait me dire ma main. Et je pense que même s’il ne parle pas la langue secrète de ma main, même s’il n’a pas déchiffré notre code secret entre elle et moi, Saâdani a lui aussi compris ce que ma main,
aidée de son doigt majeur, voulait me dire. Voulait lui dire ! Ce genre de langages, il comprend !
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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