Foot ! Les Verts dégringolent à la 37e place du classement FIFA. Heureusement que l’équipe nationale A…
… Leicester est sur le point de remporter le championnat d’Angleterre ! N’en pouvant plus, elle prend sa guitare, un faux air de Dylan et entame aussitôt sa complainte, en mode «long soupir d’une esclave noire trimant à l’arrachage du coton sous le soleil d’un Etat ségrégationniste du sud de l’Amérique». C’est qu’elle n’en peut plus, la hache ! Elle est au bord de la crise de nerfs. Et une hache au bord de la crise de nerfs, ce n’est jamais bon. Dès les premières notes adressées à ceux qui la maltraitent quotidiennement, on sent bien la détresse qui la mine. Elle chante son épuisement. Dans le vain espoir que ceux qui lui en font baver, Saâdani et Ouyahia l’entendent, soient interpellés et lui offrent quelque maigre répit. C’est que ces deux-là n’arrêtent pas ! Une fois, c’est l’un qui déterre la hache de guerre. Une autre fois, c’est l’autre qui l’enterre, ou fait semblant de l’enterrer, mais jamais trop profond. D’autres jours, les deux comparses en viennent aux mains dans l’enceinte même du cimetière aux haches. L’un voulant la déterrer. L’autre, l’enterrer. Ou inversement, d’ailleurs. Au fil du temps, la tombe de la hache est carrément restée ouverte, elle aussi écœurée par tant de profanations. D’ailleurs, les fossoyeurs et l’administration du cimetière ont renoncé à refermer le caveau de la hache. Ça ne servait plus à rien ! A peine la terre remise, la dalle replacée avec du ciment blanc que déboulait en trombe un déterreur, suivi de près par un enterreur. Arrivée à un âge canonique, la hache chante son envie furieuse de marquer une pause, de se poser, de reposer tranquillement. Physiquement, la hache ne supporte plus qu’on joue avec son manche, qu’on l’emmanche et qu’on la brandisse aux vents mauvais comme une sorte de menace sortie tout droit de l’Au-delà. Le droit à la sépulture, ça existe, nom d’une pipe ! Et ça devrait aussi exister pour les haches. Surtout les bonnes vieilles haches travailleuses qui ont tant fendu, haché menu, coupé, découpé et écrasé du temps de leur splendeur. Aujourd’hui, le chapeau un peu de travers, l’harmonica vissé au coin de la bouche et la guitare entre les mains, la hache fredonne à Saâdani et Ouyahia : «Barakat ! Oui ! ça suffit ! Je ne suis pas la hache-orchestre que vous croyez. Lâchez-moi le manche ! Et occupez-vous d’autres tombes à déranger, à importuner. Tenez ! Justement ! Là, ce matin, dans vos journaux, ils écrivent qu’entre le FLN et le RND, les couteaux sont tirés. Alors, occupez-vous des couteaux ! Sus aux couteaux, les frères ennemis, et paix à la pauvre hache que je suis et qui ne prétend plus qu’à fumer du thé pour rester éveillée à son cauchemar qui continue.
H. L.
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