Ouyahia : «Le Président ne prépare pas son frère à la
succession.» Oui ! Merci ! Ça, on l’avait déjà compris.
Saïd se prépare seul, sans l’aide de Abdelaziz !Et voilà ! Dès qu’une femme fait de la politique, les hommes veulent la ramener aussitôt à une condition «domestique». Ouyahia conseille à Tata Louisa de «peser» ses mots. Comme on demanderait à une cuisinière de rester bien sagement dans sa cuisine et de peser soigneusement les ingrédients de sa tambouille sur la petite balance que lui a offerte à cet effet son mari, le… 8 mars dernier. C’est petit, ça H’mimed ! C’est encore plus petit lorsque tu rajoutes, un brin perfide – comme d’hab’ – «il faut que les gens mesurent la portée de leurs propos». Et toc ! Si c’est pas le pesage des ingrédients en cuisine, c’est vers sa boîte à couture que la Tata est réorientée. A peine revenu aux affaires, Si Ahmed veut fourguer un patron, des ciseaux et un mètre de tailleur à Hanoune et lui intimer l’ordre de mieux mesurer ses tissus et froufrous. Non mais franchement ! Est-ce une attitude démocrate que celle-là ? Surtout lorsqu’on se fait soi-même régulièrement mettre et ressortir au et du placard. Il paraît, et c’est d’ailleurs lui qui nous l’a expliqué lors de sa première conf’ de presse, que c’est cela «être au service du pays, qu’il n’a aucune honte à assumer cette sale besogne». Ça, je veux bien le croire ! C’est au demeurant un peu, beaucoup, à la folie grâce à lui que je ne peux plus faire reproche à Tata Louisa d’avoir été au conclave de Sant’Egidio, aux côtés des gens du FIS. Ah ! ben oui ! C’est H’mimed en personne qui a signé la prescription de Hanoune, puisque, lui, s’est fendu carrément d’un tête-tête avec Madani Mezrag venu en sandales et kamis salir la moquette de la présidence algérienne, une pauvre moquette vachement souillée depuis 1999 par des savates et des claquettes encore gluantes de sang. Mais bon, c’est cela la politique selon H’mimed, assumer jusqu’au Primperan et au Spasfon ce que les autres ne peuvent gastriquement supporter. Il a de l’estomac le gars ! Je me demande s’il en aura aussi pour répondre aux Américains qui viennent d’affirmer à travers une «voix» généralement très bien informée que Abdekka va passer la main en 2016. Eh oui ! Parce que si j’ai bien entendu Ouyahia lors de la même conférence de presse presque exclusivement consacrée à des commentaires ultra-machistes et paternalistes à l’encontre de ma Tata préférée, il a tout de même pris quelques secondes pour jurer la main sur le cœur, donc à droite sur sa poitrine à lui, que Boutef ira jusqu’à la fin de son mandat. Faut… peser tes mots, Si Ahmed. Et surtout en… mesurer la portée. El Marikan, ya H’mimed, El Marikan ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |