Hold-up de la poste d’Al-Adjiba à Bouira. Le butin a été
rapidement retrouvé. Un butin qui a aussitôt ……apporté son soutien à Saâdani ! Maintenant, va falloir me corriger tout ça, rattraper cette grosse bourde. Parce que c’en est une de bourde ! D’accord, la balle est déjà partie… heu… à la réflexion, je me rends compte que l’emploi de la formule «la balle est déjà partie» n’est pas franchement approprié au sujet du jour. Je rectifie donc : certes le coup est parti, mais c’est rattrapable. Il faut une lettre de l’armée à Ouyahia ! Peu importe qu’elle soit écrite avec de l’encre sympathique, rédigée de manière chiffrée afin que lui seul en comprenne le message, l’essentiel c’est que le facteur remette à H’mimed une lettre de l’institution pour le féliciter après sa réélection démocratique et finlandaise à la tête télécommandée du RND. A ce propos, cette autre parenthèse. A l’ère d’internet, des SMS, des MMS et autres textos et mails, Aâmmi Salah envoie encore une lettre classique au frère Amar. Feuille 21/27 avec en-tête, caractères noirs sur fond blanc et autres particularités de l’envoi épistolaire du siècle dernier. Et ça vient ensuite te parler de professionnalisation de l’armée ! Parenthèse fermée. Une fois la lettre ou le mail ou le message morse envoyé et surtout reçu et lu par Ouyahia, alors nous pourrons respirer à nouveau : balle au centre ! On se remet à négocier la suite de ce qui ne se terminera jamais, le 4e mandat ! Parce que c’est ça, au fond, la chose. La lettre au frère musicien, c’était juste pour marquer une rupture dans les «négos». Une sorte d’accroc sévère. Une manière de bousculer un peu plus fort la table, de renverser quelques verres à thé et à café qui y trônaient, de faire tomber deux ou trois micros mal scratchés sous le meuble, avant de revenir enfin calmé aux discussions sur la suite de l’après du lendemain. D’y revenir en disant en filigrane «attention ! On veut bien se tailler, on veut bien quitter la table maintenant que l’amour entre nous a été desservi, mais pas à n’importe quel prix. Regardez comme nous pouvons encore faire du mal, montrer les crocs». Je ne suis pas franchement vétérinaire, et les crocs des vieux lions, je n’ai jamais su jauger de leur nuisance réelle. Je sais juste que l’heure est au raccommodage. Au rafistolage. Au nettoyage. La cage est dans un état après cette lettre au tambourineur que personne ne peut y négocier quoi que ce soit tellement les conditions d’hygiène y sont effroyables. Toc ! Toc ! Qui c’est ? Le facteur. Une lettre pour vous Si Ahmed ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |