18 Mars 2015

Un artiste vous manque et la planète du gag est dépeuplée !

Par Hakim Laâlam
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Nabil Fékir : «Je suis soulagé d’avoir choisi la France.» Moi, très franchement, tant qu’il se …
…soulage en France, ça me va !
Il paraît que ça grogne au FLN parce que le chef n’est pas là. Et qu’il n’est pas là depuis un long moment. Si c’est pas un comble tout ça ! Grogner, maugréer parce qu’un grand artiste se fait désirer, traîne de la patte avant de se remontrer sur scène ! Je suis désolé, messieurs du Front ! Fallait pas vous donner un artiste pour patron ! Vous auriez dû choisir un cacique, un fonctionnaire, un politique pur jus. Vous ne l’avez pas fait ! Vous avez préféré un artiste. Alors il vous faut accepter l’artiste et les caprices qui vont avec. Avec un artiste, il y a un certain nombre de règles qu’il faut admettre comme allant de soi. Un artiste n’est jamais à l’heure. Prenez un autre artiste, certes moins connu et moins célèbre que Amar Saâdani. Mick Jagger, leader des Rolling Stones. Vous l’avez déjà vu arriver à l’heure pile poil à un concert ? Jamais ! Pourtant, le p’tit Mick, ce n’est pas de la grosse pointure, comparé au grand Amar. Malgré cela, il n’est jamais présent à l’heure attendue. Mais lorsqu’il se pointe, toute la salle crie « Satisfaction !» Autre règle. L’artiste ne vous doit aucune explication sur ses retards, fussent-ils énormes. Alors, soyez patients et arrêtez de râler. Saâdani va rentrer. Un jour. Peut-être. A la folie. Passionnément. Quand le fût sera refroidi et le sketch arrivant sur sa fin. Et là, à ce moment précis, précis pour l’artiste seulement, il viendra enfin, la mine rayonnante, les bras largement ouverts vers vous et le trousseau de clés tintant joyeusement dans la poche de son costume trois pièces et demie, l’acte notarié de la société immobilière faisant foi et foie gras ! Mais une fois là, l’artiste donnera alors toute la mesure de son art ! Il flamboiera de nouveau. Il tiendra toute la salle en haleine, de chacal. Il fera un récital ! Dès qu’il vous annoncera le remaniement gouvernemental éminemment imminent, vous serez déjà en transe. A peine chantonnera-t-il la sérénade du premier parti du pays à qui revient de droit le poste de Premier ministre, que vous quitterez vos sièges et entamerez une danse endiablée dans les travées de votre indignité. S’il pousse son art jusqu’à vous jurer que la veille de son retour, il courait un jogging intense avec Abdekka dans les jardins des Invalides, puis que les deux ont pris leur douche à Neuilly, alors vous bénirez Dieu de vous avoir donné un chef pareil. Bénissez Dieu Ô mortels du FLN et repentez-vous de votre coupable impatience. Peut-être que le dieu Saïd vous pardonnera alors votre blasphème. Ou … peut-être pas ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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