| J’ai lu que le papa de Fékir aurait tiré à boulets rouges sur Raouraoua. Vous êtes sûr ? A boulets rouges ? ça ne serait pas plutôt à… … boulets bleu-blanc-rouge ? On devrait débaptiser ce procès Sonatrach ! Oui ! Lui donner un autre intitulé plus conforme à la réalité très réaliste des réalisateurs spécialisés du Palais. Je propose de l’appeler désormais-dorénavant procès Messaoud. Libre ensuite aux magistrats de saucissonner le procès Messaoud en Messaoud 1, Messaoud 2, Messaoud 3. De toutes les manières, Messaoud s’en fout un peu d’être saucissonné puisqu’il repose sous terre depuis quelques années déjà. Eh oui, à force de diluer les responsabilités dans de la lessive forte, voire dans de l’eau de Javel pure, non coupée, on va finir par élever le chamelier Messaoud Rouabah, le quidam qui a découvert le premier gisement de pétrole, au rang d’accusé principal dans l’affaire Sonatrach. Pardon ! Dans l’affaire Messaoud, bien sûr ! Puisque le monsieur est décédé, les magistrats ne devraient pas hésiter un instant à convoquer ses descendants. Allez ! Hop ! La famille Messaoud au tribunal ! Et que ça saute ! Déjà que cette pôvre famille s’est toujours plainte de n’avoir jamais rien reçu en retour de l’énooooorme découverte faite par l’aïeul, voilà maintenant qu’on va la traîner devant les tribunaux, l’accusant de tous les trafics avec Saipem et Eni. Remarquez, ça sera toujours plus simple que de toujours jacter «nous voulons la présence de Chakib Khelil à la barre !» ou encore «Chakib Khelil n’aurait jamais fait ce qu’il a osé faire s’il n’était pas couvert par le clan présidentiel !». Allons ! Allons ! Le cerveau de l’affaire Messaoud, c’est Messaoud lui-même ! Le gré à gré, c’est Messaoud ! Les dîners et cocktails dans de grands palaces italiens, français, suisses ou américains, c’est Messaoud ! Farid Bédjaoui et Chakib Khelil n’étaient que serveurs dans ces hôtels, à l’époque. Les cadeaux, ristournes, commissions et dessous de table, c’est aussi Messaoud. D’ailleurs, à la réflexion, je me demande si l’on n’essaie pas quelque part d’effacer les traces de Messaoud et consorts dans l’affaire Sonatrach II. De source chamelière, on me jure que Messaoud aurait reçu des pots-de-vin, ou plutôt des pots-de-lagmi de SNC-Lavalin. Décidément, et comme vous pouvez vous en rendre compte par vous-même, sans l’aide de Youcef Yousfi ni de Tata Louisa, l’affaire Messaoud est plus compliquée qu’on ne le pense. Mystèèèèèèère ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |