14 Décembre 2014
Les bons chiffres, les mauvais chiffres et la télécommande du garage !
Par Hakim Laâlam
Email : [email protected] En France, malgré la grave crise financière qui frappe ce
pays, c’est jour de paie pour…
… Al Qaïda !
Demain, Laksaci, le gérant ultra-surveillé de la Banque d’Algérie, va faire face aux députés. Il va donner des chiffres. Il aura le choix. Faire comme Zerguine, l’ex-patron de Sonatrach qui a eu la «mauvaise idée» de donner de vrais chiffres pour de vraies craintes sur notre avenir pétrolier et gazier. Ou alors enduire ses vrais chiffres avec des tonnes de pommade frelatée, mettre de beaux emballages multicolores en trompe-l’œil autour des chiffres moches et méchants pour en atténuer la mocheté et la méchanceté, et conclure sa présentation par «al hamdoulillah, tout va mal, ett’zagat comme prévu, et l’année prochaine, nous vous promettons de faire encore mieux». C’est là toute la problématique actuelle de la tribu Algérie. Au sens primitif, littéral du mot «tribu». Anciennement, une tribu unique, compacte, avec certes en son sein des voix pas toujours raccords, mais unie sur le fond. Le fond du puits, s’entend ! Depuis 1999, plus qu’avant, la tribu s’est scindée en deux. Elle a été scindée, serait plus juste et conforme à la réalité. Et depuis ce «cindage» sanglant, dans le vif, il y a deux tribus qui se font face. La tribu des bonnes nouvelles, des bons chiffres, du bonheur en containers. Et la tribu des oiseaux de mauvais augure, ceux qui usent et abusent de la sonnette d’alarme, tirent sans arrêt sur le signal de détresse et nous incitent à regarder les nuages derrière le soleil étincelant. En termes de rapport de force, la tribu du bonheur en pack de douze mois sur douze est majoritaire. Ecrasante de majorité sonnante et trébuchante. En gros, dans tous les cas, elle obtient les mêmes scores astronomiques que son gourou aux élections présidentielles depuis 99. Et cette tribu des bons chiffres a institué une règle stricte : face à un micro et à une caméra, si tu donnes de bons chiffres, le tien de chiffre, celui de ta longévité tiendra le coup, poursuivra sa route pépère. Si tu donnes un mauvais chiffre, coup d’arrêt à ton compteur. Fin de mission. Garage. Avec sens unique. Entrée. Mais pas de sortie. Du moins rarement. Du moins pas avant que les gestionnaires des garages et parkings ne soient changés. La république des «bons chiffres bla djeddek» est en place. Le gouverneur de son dinar va parler demain. Déjà, les préposés à la télécommande qui actionne la porte du garage ont le doigt sur le bouton. Brrr ! Quel suspense ! Du fond de mon garage, je regarderai tout ça demain, tout en fumant du thé pour rester éveillé, le cauchemar continue.
H. L.15 Décembre 2014
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Courageuse, mais pas trop !
Par Hakim Laâlam
Email : [email protected]Avion d’Air Algérie saisi à l’aéroport de Bruxelles. Au moins,
là, on est sûr qu’il sera…… à l’heure pour son prochain vol !Elle va y arriver ! Si ! Si ! Elle y est presque. Elle va enfin le dire. Et… zut ! C’est raté. Encore une fois loupé ! Tata Louisa était sur le point de nommer l’auteur de la déliquescence de notre état de santé économique, sociale, culturelle, et mentale, elle allait prononcer ce nom, qu’importe d’ailleurs le prénom juste avant, et à la dernière minute, pirouette ! Elle se contente de planter ses jolis crocs dans les gambettes de simples ministres, accusés d’être derrière la «ch’karisation» outrancière de l’Algérie. Il est vrai que certaines chevilles sont plus faciles à mordiller que d’autres ! Je suis un peu déçu. Je m’étais dit qu’à partir d’Oran, Tata allait enfin donner un nom au drame. Parce que le drame de ce pays, de ces travailleuses et travailleurs, de ces masses laborieuses, de ce lumpun prolétariat, de ces bataillons d’exclus, c’est aussi et surtout depuis un printemps de 1999 un nom, un prénom, puis deux prénoms. Mais le climat d’Oran ne devait pas être assez enivrant, assez libérateur pour aider à casser définitivement les tabous. Pour rompre les amarres incestueuses d’un Parti des travailleurs en lune de miel avec le pouvoir du fric, en partenariat intense avec l’essence même de la puissance de l’argent. Je mise maintenant sur d’autres climats d’autres villes où Tata prendra la parole. Peut-être sautera-t-elle alors le pas, criera-t-elle ce nom et ces prénoms qui s’y accolent et qui fondent déjà la deuxième République algérienne, celle de la finance en cabas, en gros cabas amassés, constitués sur le dos d’un outil de production public assassiné. Mais, cette espérance d’une Tata retrouvant enfin la vue prochainement, inch’Allah, ne peut m’empêcher de m’interroger : c’est quoi le «machin» qui lui barre la vue au point de lui interdire de prononcer ce nom et ces prénoms ? Pourquoi du fond de cette gorge qui a pourtant tant de fois expurgé des noms de parasites, d’ennemis du pays qu’elle a désignés à la vindicte populaire et politique – avec raison du reste — n’arrive pas à jaillir aujourd’hui ce nom, ce nom particulièrement, et ces prénoms, encore plus particulièrement ? S’agit-il d’un problème orthophonique, une histoire de configuration de la buttée de la glotte ? Auquel cas, ce n’est pas irrémédiable. Ou alors sommes-nous en face d’un mal plus profond ? Je n’ai pas la réponse ! Mais dans tous les cas de figure, d’abord, je compatis avec la première travailleuse du pays. Ce doit être difficile à vivre ce compagnonnage avec un Palais qui s’est bâti grâce à une Ligue des Gentlemans Affairistes. Ensuite, je vais guetter comme le lait sur le feu qui consume déjà ce pays ses efforts pour dire enfin, peut-être, un jour, le nom. Et les prénoms. Courage Tata ! La révolution vaincra ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.



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