La police libyenne va être entraînée en Algérie. Ah ! Bon ?
On va leur apprendre à…… manifester ? Et après, c’est nous qu’on accuse d’être des vicieux ! M’enfin ! Y a pas plus vicieux et pervers que le régime. Surtout ces derniers jours où il semble avoir fait des efforts énormes en la matière. Prenez cette manif’ pour plus de liberté citoyenne et de droit à l’expression. Elle a été réprimée ! En clair, avant, tu manifestais pour une augmentation de salaire, t’étais embarqué. Aujourd’hui, tu manifestes juste pour exiger le droit de sortir dans la rue y revendiquer ton droit d’exprimer librement ton souhait de voir ton salaire augmenter, t’es aussi embarqué. Et demain ? Demain, tu vas avoir la bonne idée de sortir pour manifester et gueuler ton droit à… manifester contre la répression d’une manifestation qui elle-même appelait au droit à la liberté de parole, et tu seras, là aussi, embarqué ! Mazette ! Au bout du bout de cette chaîne de la perversion, manifestants, forces de la répression et Palais ne sauront même plus pourquoi les uns ont manifesté, à l’origine, et les autres pourquoi ils les ont réprimés. Pause ! Pouce ! Stop ! Imagine la scène au carrefour de la Grande-Poste. Un briefing entre manifestants et flics. «Au fait, t’es là pourquoi ? Tu manifestes à quel sujet ?» «Et toi ? Tu m’arrêtes pour quel motif ?» Remarquez, ça peut aussi être considéré comme un début de dialogue entre les deux blocs opposés, une amorce de réchauffement. Mais ça, c’est sur le terrain. Ensuite, lorsque les manifestants, qui ne savent plus pourquoi ils manifestent, sont embarqués par les flics qui ne savent pas non plus pourquoi ils les ont fait monter dans les fourgons, arrivent au commissariat, comment ça va être géré ? Que vont bien pouvoir inscrire les policiers sur le P-V d’audition ? Et que vont bien pouvoir répondre les manifestants incapables de se rappeler le motif de leur colère ? Peut-être faudrait-il alors penser à installer une commission mixte, DGSN-Citoyens Courroucés qui tiendrait alors une réunion, une sorte de symposium autour de cette problématique. L’idée est séduisante. Sauf, bien sûr, si le Palais interdit ce symposium et ordonne à la Wilaya de ne pas accorder d’autorisation ni de salle pour sa tenue. Et zut ! Déjà que je n’arrivais pas à me dépêtrer de cet imbroglio à deux, Flics et Manifestants, voilà maintenant qu’intervient un troisième larron, la Wilaya. Mon Dieu, comment faire ? Aidez-moi. «Oui ! Hakim ! Ici Dieu ! Ecoute, mon petit, la solution viendra le jour où le manifestant ordonnera au flic d’arrêter le wali. D’ici là, crois-en un avis autorisé, le mien, bien évidemment», fume du thé et reste éveillé, ton cauchemar continue.
H. L. |