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    22 Décembre 2015

    Avec ou sans Ferrero Rocher,
    Joan a toujours raison !

    Par Hakim Laâlam
    Algérie. Réforme de l’éducation. Dès la rentrée
    prochaine, le…
    … perse obligatoire dans toutes les écoles !
    C’est vraiment là que j’ai pu mesurer la puissance des Etats-Unis. Pas à travers leurs bombardements en Syrie. Pas plus au regard de leurs tapis de bombes, plus loin dans le temps, en Irak, et encore plus loin, au Viêtnam. Non ! Moi, la puissance des States, je l’ai enfin jaugée, avec une précision millimétrée, à travers le pouvoir extraordinaire de leur ambassadrice à Alger. Sacrée femme que Joan Polaschik ! Elle a fêté le Mouloud… quatre jours avant la date officielle. Ya bouguelb ! Quand les Etats-Unis veulent un truc, même le calendrier officiel, même le calendrier religieux leur obéit. Elle s’est fait enduire la paume de la main avec du henné. Elle a eu droit aux bougies. Au décor affreusement kitch du Mouloud. La totale, quoi ! Et qui aurait pu lui faire remarquer qu’elle était un peu en avance sur les dates de nos fêtes, hein, qui ? Toi ? Va lui dire, toi, à l’ambassadrice de la première puissance de la planète, voire même plus loin dans la galaxie, qu’il lui faut encore attendre un peu, quatre petits jours avant de se farcir l’enduisage au henné ? Bien sûr que non ! Si la représentante officielle du «pays des pays» décide que Mouloud c’est le 20, et pas le 24 au soir, eh bien ça sera le 20 ! El-Marikan, khouya. Et ceux qui ont participé à cette petite cérémonie du Mouloud anticipée et privative ont eu raison de le faire. Si demain, l’ambassadrice vient te dire que l’Aïd el-Kébir doit être avancé d’un mois, que vas-tu lui répondre ? «Non madame ! C’est pas le moment ! La yadjouz !» Oublie ! Si elle veut que l’Aïd soit avancé d’un mois, il le sera. Si elle souhaite également que les dates du bac soient chamboulées et que nos candidats passent les épreuves en janvier, là, dans quelques jours, et bien faudra monter l’opération en vitesse, tenir ce pari, et tant pis si, au bout, on se retrouve avec 41 élèves sur 1 000 qui décrochent cet examen à l’issue du long cycle d’études. Moi, y a juste un truc qui m’inquiète. J’imagine avec un effroi à peine dissimulé que Madame l’Ambassadrice se mette en tête d’avancer ou de reculer la date des circoncisions. Initialement prévue le 27e jour du Ramadhan, Joan pourrait se mettre dans l’idée de demander à programmer cette boucherie juvénile un… 8 mars ! Comme une sorte de revanche chirurgicale contre la junte machiste en activité et celle en devenir. ça fout les jetons ! Ce que je fais là ? Là, maintenant, au moment de conclure ma chronique ? J’apprends The Star-Spangled Banner, l’hymne officiel américain. La main sur le cœur,
    je m’entraîne à le chanter, tout en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.

    H. L.
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    23 Décembre 2015

    Christiane et les souffleurs !

    Par Hakim Laâlam
    Décès d’un acteur clé de la politique française des
    années 60/70/80 :
    Madame Claude !
    Pourquoi j’ai cette impression bizarre ? Un truc tenace qui ne me lâche plus depuis quelques heures. Depuis cette conférence de presse de Taubira, ministre française de la Justice. Comme si le dossier des «moines de Tibhirine» lui avait été remis sous le nez afin qu’elle n’oublie surtout pas d’en parler. Et pas remis sous son nez chaussé de grosses lunettes par ses compatriotes de la délégation française. Non ! Je la voyais parler, et j’entendais presque du «souffle algérien» lui suggérer d’évoquer la question des moines. De la glisser entre deux sujets de coopération. Tous ces derniers mois, «A plus» les moines de Médéa ! Disparus des radars, et avec eux le p’tit juge à la lippe dédaigneuse, Trévidic. Et là, tiens donc ! Les familles des moines se seraient soudain tout à coup remises à vouloir absolument savoir. Il y a comme ça des retours d’envie qui m’étonneront toujours. Surtout lorsque mon gros pif, lui aussi chaussé de grosses lunettes, sent bien l’accent algérien dans les suggestions de remise au jour de ce dossier. Qui aurait intérêt à remuer la lame dans les coteaux et flancs de monastère ? Les Français ? Hum ! Hum ! Je les sens et les entends plus préoccupés par les suites des régionales, les cachoteries des Le Pen père et fille sur leur patrimoine et le scandale Platini. Je n’ai pas ouï-dire ces derniers temps que les moines de Tibhirine s’étaient soudainement intercalés dans ce classement des sujets prioritaires. D’ailleurs, chez Fafa, personne – mais alors là – n’évoque la visite à Alger de Taubira. Il a suffi que Madame la Ministre soit «entourée» bien entourée en terre d’Algérie, chouchoutée comme pas une pour qu’elle se frappe le front, se le claque violemment devant les caméras et déclare, presque avec l’accent algérien de ses souffleurs : «Mais suis-je bête ! C’est vrai qu’il y a cette affaire des moines. Alors ? Faut me régler ça fissa !» Wallah que j’ai une vieille télé. Mais son rendu son est encore impeccable. Et je puis vous jurer qu’à cet instant, celui où cette chère Christiane a abordé l’affaire des moines, j’ai distinctement perçu le ouf de soulagement. Mes oreilles ont été abasourdies par un concert d’applaudissements. Et les plus forts d’entre eux ne jaillissaient pas tous du côté de la délégation française.
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    24 Décembre 2015

    Tout ça, c’est de sa faute
    à ce maudit triangle !
    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    «L’ONU a perdu de sa crédibilité» selon Lakhdar
    Brahimi. Eh oui, Si Lakhdar ! Elle a pris de l’âge.

    Comme nous tous…C’est l’un des miracles de l’économie algérienne ! Une entreprise publique peut être privatisable le matin. Et ne plus l’être le soir. A 9 heures, lors d’une conférence de presse officielle, avec une table dressée fièrement devant les caméras, une forêt de micros masquant presque un joli bouquet de fleurs, tu entends distinctement un responsable, un ministre, un «autorisé» annoncer la prochaine privatisation de tel mastodonte de l’industrie publique du pays. Le soir, lors d’un colloque ou d’un forum, avec une table dressée fièrement devant les caméras, une forêt de micros masquant presque un joli bouquet de fleurs, peut-être les mêmes roses que celles du matin, austérité oblige, tu entends distinctement un responsable, un ministre, un autorisé, peut-être le même que celui du matin, austérité oblige, démentir toute privatisation du mastodonte de l’industrie publique, dénonçant même vigoureusement un tel fantasme. Je ne sais pas à quoi est due cette distorsion entre 9 heures du matin et 18 heures, en début de soirée. Peut-être un phénomène climatique. Peut-être un dérèglement du champ magnétique, mais localisé spécifiquement sur la zone D.Z, au-dessus de nos têtes. Ne riez pas, des scientifiques ont bien démontré que les mystérieuses disparitions de navires et d’avions dans le triangle des Bermudes étaient très certainement dues à une caractéristique d’instabilité climato-magnétique sur cette portion de mer, et pas plus loin. Juste là. Alors, pourquoi s’interdire d’imaginer un tel microclimat pour les affaires algériennes ? Ne nous interdisons rien, s’il vous plaît ! Il y a assez d’interdits depuis quelque temps qui nous empoisonnent déjà suffisamment la vie pour que nous en rajoutions encore. Et restons scientifiques, que diable ! Si une entreprise publique est privatisée le matin, et renationalisée le soir, ce n’est pas dû à l’absence de politique économique cohérente, ni à une propension galopante au bricolage dans les centres dispersés et conflictuels de la décision. Non ! C’est juste la faute au triangle des Bermudes !
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
    H. L.

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    26 Décembre 2015

    Nos rues bruissent déjà du pas lourd
    des miliciens du «Commando Georges» !

    Par Hakim Laâlam
    France. Terrorisme. Saisie d’un lot important de…
    … faux ventres de femme enceinte, de faux nez,
    de perruques vert fluo et d’éléphants roses !
    Nos parents, et avant eux, nos grands-parents, l’avaient prédit : viendra un temps, sur ce caillou battu et balayé par les vents mauvais du reniement, qui verra même les chiens, les moins que chiens, les harkis et fils de harkis lâchés des chenils puants et des réserves dormantes de harkis. Ce temps est venu. Franchement venu parce qu’assurément, aujourd’hui, s’annonce la bataille. Peut-être la dernière avant le chaos ou, la dernière avant la lumière enfin victorieuse en cette contrée de soleil confisqué. Nos moudjahidine aujourd’hui fatigués et rangés dans leurs salons emplis de la pénombre lourde d’une indépendance tôt privatisée l’avaient prononcé eux aussi, cet oracle : viendra le temps où les enfants des miliciens, les restes chlinguant des traîtres en armes seront réactivés pour venir emplir l’air de leurs rires sardoniques et appesantir le bleu azur, au large, de leurs nuages de revanche crasse. Un vieil émir fatigué, mais à la barbe superbement taillée, un guerrier juché sur son coursier chevauchant la plaine de la Tafna, avait ordonné à sa monture de s’arrêter pile sous un arbre désolé, avait lâché la bride par terre, son regard avec, n’avait pas adressé un reproche à ceux qui venaient là, de le trahir, et avait suivi d’un pas douloureux le long chemin de l’exil syrien. Ce vieil émir exténué devant les meutes des bébés-caïds avait pris une longue inspiration avant de s’engloutir dans les pages poussiéreuses d’une histoire officielle qu’il a maudite, parce que si petite devant cet immense pays d’où il venait d’être banni. Cet émir avait compris que les traîtres sont souvent plus implacables que leurs mandataires. La Syrie oula n’touma semblait hennir son fier coursier resté là, en rade de gloire. Tous ceux qui habitent notre saine mémoire nous avaient pourtant prévenus : viendra le temps où les vautours se gausseront d’apprendre à voler aux aigles. Ce temps est là. Je n’en suis même pas étonné. Il est là, couleur brune des milices supplétives. Ou couleur «bleuite» des UT, les Unités territoriales, des GAD, des Groupes d’Autodéfense, des GMS, les Groupes Mobiles de Sécurité, des Mokhaznis. J’en réglerais presque mon horloge sur les rondes du «Commando Georges» dont j’entends, en 2015, le pas lourd sous ma fenêtre. Demain, déjà, les enfants et petits-enfants des traîtres miliciens, la semence conservée de la lignée du bachagha Boualem, vont nous convoquer sur la place du village pour y admirer l’éclat de leurs nouvelles médailles. Demain ? Non ! Aujourd’hui, déjà, la rue sent le chien bâtard en rut. Il nous aboie de sortir en procession de nos maisons, de nous diriger vers nos cimetières pour y pisser sur les tombes de nos martyrs. Ou de mourir. Au bord d’un pays entièrement volé. Une dernière volonté, condamné ? Oui Missié ! Oui, traître et fils de traître, engeance de milicien, j’ai une dernière volonté. J’voudrais, s’il ti plaît, que tu me laisses fumer une ultime fois
    du thé pour rester faussement éveillé à ce cauchemar qui continue.

    H. L
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    27 Décembre 2015

    Sauvons-les de ce prédateur féroce !

    Par Hakim Laâlam
    Aït-Ahmed. Le ni-ni jusqu’au bout ! Ni…
    … l’avion présidentiel ni El-Alia !
    Une pensée émue ce matin pour ces tortues géantes qui se sont échouées en grand nombre sur les plages de Annaba ces dernières heures. Un drame pour cette espèce répondant au nom scientifique de Caretta caretta. D’abord un petit reproche aux zoologues et autres spécialistes de ces ovipares marins pesant parfois plus de 100 kg : vous auriez pu faire un effort d’originalité dans la dénomination. Tout de même ! Caretta caretta ! Et pourquoi pas les Dupont et Dupont ? Un peu de poésie, que diable ! Mais bon, y a plus grave que le sens de la créativité chez les scientifiques. Y a cet échouage de tortues géantes sur les côtes annabies. Il y a surtout le sort des survivantes parmi ces bestioles inoffensives et paisibles. En théorie, elles devraient être prises en charge par des équipes de vétérinaires algériens. Nous avons de bons, de très bons vétérinaires. Secondés pas des escouades de la Protection civile, les toubibs devraient arriver à mettre à l’abri ces tortues géantes, les soigner, les nourrir puis les relâcher dans des eaux plus conformes à leur mode de vie. En théorie. En théorie, seulement. Car à Annaba, un danger terrible guette les tortues géantes Caretta caretta. Le Odobenus Rosmarus ! Qui se cache derrière ce nom barbare ? Un être barbare, monstrueux, difforme et dangereux. C’est un morse, une sorte d’énorme phoque pesant parfois jusqu’à 400 kilos, voire plus et qui raffole des tortues, qu’elles soient géantes ou pas, peu lui importe, pourvu qu’elles tombent sous ses deux énormes excroissances dentaires. A Annaba, les zoologues jurent qu’un spécimen hors-normes de Odobenus Rosmarus vit dans les lieux fangeux et glauques de la Coquette. Précisément où, ils ne peuvent le dire parce qu’un scientifique sait qu’un incident est vite arrivé, une fiole d’acide fluorhydrique qui se reverserait par inadvertance dans le labo à la porte fermée à double tour, de l’extérieur. Mais tout le monde s’accorde à reconnaître, en douce et en catimini, qu’un morse de l’espèce la plus dangereuse des morses vit bien à Annaba et serait ravi de se mettre sous la dent des tortues géantes. Tout le problème est là ! Comment placer les Caretta caretta hors d’atteinte de leur prédateur attitré, le Odobenus Rosmarus ? Il paraît que les deux espèces sont protégées. Mais là, aussi, c’est juste théorique. Parce que dans les faits, les vétos admettent en cercle privé, en cercle très privé parce que les vétos, tout comme les scientifiques de labo savent qu’ils peuvent découvrir dans leur lit, sous leur couette, le soir lorsqu’ils dorment un… mamba noir – le serpent le plus dangereux d’Afrique — et donc, les vétos admettent que le morse annabi est plus protégé que la tortue géante. Les médecins des animaux vont même plus loin. Ils ne comprennent pas pourquoi le morse annabi est classé «espèce protégée». C’est insensé selon eux, pour la simple et bonne raison qu’il se reproduit à large échelle depuis au moins 2004 et qu’il prolifère bien au-delà des côtes bônoises. Moi qui ne suis ni chercheur ni véto, et qui crains par-dessus tout l’acide fluorhydrique que le serpent mamba, j’exprime juste ici
    mes timides craintes humanistes quant au sort des Caretta caretta,
    tout en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar zoologique qui continue.

    H. L.
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    28 Décembre 2015

    Testament d’un vivant aux amis qu’il n’a jamais
    eus et qu’il prie d’aller pleurer ailleurs !

    Par Hakim Laâlam
    Email :
    [email protected]
    Ouverture du procès Sonatrach. Et là, ils vont peut-être nous
    révéler que…
    … Tata Louisa est actionnaire majoritaire
    dans les entreprises Eni et Saipem, hein ?
    Ma chère, tendre et douce compagne, c’est à toi que je remets ce testament. Pour deux raisons, au moins, par amour et par… cupidité. Par amour, parce que je t’espère plus longue vie que la mienne. Par cupidité, parce que, fort diminué, je ne crois pas pouvoir t’organiser les funérailles que tu mériterais si tu venais à partir avant moi. Mon testament, ma dernière volonté est fort simple, amie du long parcours : s’il te plaît, saisis-toi du lourd trousseau de clés qui pend à l’entrée de la maison, et dès l’annonce de mon départ à trépas, ferme vite la porte. A double tour pour la serrure du haut, à triple tour pour celle du milieu, souviens-toi qu’il faut pousser un peu le battant, faire pression avec ton corps sur le bois pour que le pêne s’enclenche au troisième et dernier tour. Tire les rideaux des pièces. Pour la pénombre que j’ai toujours adorée dans cette maison, mais surtout pour les éloigner. Pour signifier aux amis et nombreux copains et copines qui dénicheraient à tout hasard mon adresse que leur procession humide n’est franchement pas la bienvenue. Ma compagne, ma «chrika dans la vie», l’arrivée impromptue sur notre seuil de ces gens que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam ni de Belzebuth m’indisposerait au plus haut point. Que dire alors de ceux que j’ai toujours détestés profondément mais qui trouveraient le temps de venir tricoter sous tes yeux ahuris des louanges à celui qu’ils ont maudit, combattu et embastillé de son vivant ? Je te laisse libre et maîtresse de ta maison. C’est toi et toi seule qui en commanderas l’ouverture. Et je te sais peu oublieuse. Alors, par l’entrebâillement discret d’une des persiennes, dis-leur, en bas, qu’il s’agit là de mon dernier commandement. Celui d’éloigner les hyènes pleureuses et nécrophages. Dis-leur que même refroidi et bien mort, je n’ai pas changé. Je reste cette vieille canaille rancunière et arcboutée à ses idées fixes. Rappelle-leur que j’ai toujours eu une sainte horreur de ces scènes insoutenables de matinées d’Aïd où les voisins qui s’étaient écharpés la veille se retrouvent le matin, habillés de kamis immaculés, s’embrassent goulûment tout en feignant de ne pas remarquer leurs yeux au beurre noir. Mon aversion pour ces «noces barbares» et ces «fraternités de calendrier religieux» n’a d’égale que mon dégoût profond pour ceux qui viendraient me pleurer une fois mort, alors que vivant, ils t’ont tellement fait verser de larmes, toi et les enfants. S’il te plaît, ma passion inassouvie, une dernière recommandation : s’il venait par un quelconque subterfuge de coquins que l’un de ces laudateurs de la 25e heure t’approche, n’accepte rien de lui, ni vœux, ni encouragements, ni aide, ni drapeau plié. Ils l’ont suffisamment sali ce drapeau de mon vivant pour que je le supporte posé sur mon cercueil de frais macchabée. Voilà ! Maintenant, tu peux, à ma place et à ta guise,
    fumer du thé pour rester éveillée à ce cauchemar qui continue.

    H. L.
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    29 Décembre 2015

    Boumediène au secours de Trotski !

    Par Hakim Laâlam
    Succession de Abdekka. Toujours pas de dauphin en vue.
    Peut-être faut-il plutôt chercher du côté des…
    … requins !
    En conférence de presse, donc devant public, et public nombreux, Hanoune s’est adressée à… Boumediène et lui a ordonné : «Boumediène, lève-toi, le pays est en danger !» ça va mal ! Ça va très mal ! Mais dans quel état, mon Dieu, ils me l’ont mise ma Tata adorée ! V’là qu’elle parle aux morts, maintenant. Elle leur demande même de se lever, de marcher et de revenir parmi nous. Et s’il n’y avait que Hanoune dans cet état. Non, bien sûr. Y a l’islamiste Hassan Aribi. Il jure qu’il a eu plusieurs entretiens avec Obi One en personne, hors promo. Et le grand Jedi lui aurait donné des détails affolants sur les détournements de fonds colossaux commis par les frères Barberousse. Mon Dieu ! Le pays part en sucette, et bientôt je vais moi aussi demander à Gainsbourg, à Annie et aux bombons à l’anis de revenir faire le ménage dans ce foutoir. Par quoi commencer, mes aïeux ? D’abord, par casser l’ostracisme qui frappe Tata Louisa. Les milieux mafieux et oligarchiques ont empêché que n’arrive à la leader du PT cette info pourtant capitale : Boumediène est mort ! Oui, je sais que ça va provoquer chez elle, et chez d’autres, un séisme, un choc, mais il faut le lui dire. Boumediène est mort. Ensuite, il faut prendre en aparté Hassan Aribi, lui projeter la bande annonce de Star Wars, le Réveil de la Force, et arriver à le convaincre, enfin, que dans ses rêves les plus fous d’islamiste parvenu, dans sa saga personnelle de doux dingue, il n’aurait jamais pu rencontrer ne serait-ce que Chubaka, voire, dans le meilleur des cas, la doublure de R2-D2 ! Une fois Aribi converti à la sagesse du Conseil de l’Empire, il me restera à éclaircir un point noir dans la galaxie Louf Ok. Déjà des voix s’élèvent pour mettre en doute l’authenticité du communiqué de Maître Miloud Brahimi. Des spécialistes graphologues, grammairiens et lexicologues jurent que Miloud n’aurait jamais rédigé ainsi ce texte. Et pour nous convaincre de cela, ils mettent en exergue cette erreur grossière. Eh oui ! Relisez bien le communiqué. Il exhorte les gens à cesser de parler au nom de l’ancien patron des services. M’enfin, Miloud !
    Personne ne parle en son nom. Tout le monde parle en son prénom.
    C’est différent ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

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    30 Décembre 2015



    Bou M’derreh !

    Par Hakim Laâlam
    Coup de colère de Toufik : «Arrêtez de parler en mon…
    … prénom !»
    Des fois, je me dis que les gens ont raison d’accuser la presse de participer à la baisse du niveau du débat politique en Algérie. Quand je lis que le pays est suspendu au «Duel Saâdani-Ouyahia» pour les sénatoriales, je zieute aussitôt vers ma pharmacie et le flacon de Primperan. Ya Dini ! Le duel Saâdani-Ouyahia ! Torché comme ça, t’as l’impression d’assister au duel Khrouchtchev-Kennedy, sur fond de guerre froide entre l’URSS et les USA, en 1961. Ya djamaâ, Saâdani ! Ya djamaâ, Ouyahia ! Je ne sais s’il nous reste encore un brin de cheveu coupé en transversale pour enrayer la machine à propagande, mais essayons bark de nous donner des baffes afin de nous réveiller, de sortir de ce coma aux relents mortifères. Saâdani ! Ouyahia ! Je l’écris. Je le réécris ! Et s’il me faut le faire en continu sur toute la page, je le ferai, à charge pour mon journal de m’accorder l’espace. La guerre froide, la Baie des Cochons, le déploiement des missiles, Cuba, Castro et le redécoupage du monde, je connais. Je connais un peu, juste un peu. Ce peu, ce très peu, couplé à mes tempes grises et à mon arthrose me permettent un chouia de dire «basta» avec ces duels de pacotille que nous amplifions, que nous théâtralisons et que nous vendons ensuite comme «déterminants». Allah yarhem babek, que veux-tu que ça détermine un duel entre Saâdani et Ouyahia ? Quel cours de quelle histoire va se trouver bousculé par un tandem pareil ? Wallah que même l’historiette de la saison de Ligue Une Mobilis n’en frémirait pas d’un poil de ce duel Saâdani-Ouyahia. Même aux spectacles de fin d’année, dans les crèches et primaires, les mioches trouveraient ça ringard comme scénario à un sketch ou à un spectacle de marionnettes. Que les deux «messieurs» fassent leur cinoche, leur mauvais cinéma, libre à eux. Qu’ils se plient aux caprices et calculs tordus du réalisateur en chef, ou du cabinet de réalisateurs, qu’ils acceptent les folies des habilleuses, des costumières et des maquilleuses, grand bien leur fasse, mais nous ? Oui, nous ! Devons-nous nous prêter à ce vaudeville ? Je l’ai écrit. Je vous avez prévenus, je le réécris. Afin que vous saisissiez bien «l’enjeu», la «dimension» : Saâdani ! Ouyahia ! Aujourd’hui, si tu racontais ça aux ossements des Cochons, la baie éponyme en résonnerait fort de leurs fous rires.
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

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    31 Décembre 2015
    Désolé, mais il n’est pas criminel
    de vouloir, coûte que coûte, vous fuir !

    Par Hakim Laâlam
    Nouvelle Constitution. Que va-t-il se passer maintenant que
    Abdekka l’a validée ? Il va prendre l’avion pour les…
    … Invalides !
    «Une tentative d’émigration clandestine impliquant 55 personnes déjouée par les forces de l’ANP à Annaba.» Quand tu lis ça, t’as l’impression qu’on a affaire à une opération anti-terroriste, qu’un groupe de tangos aurait été intercepté et neutralisé ou que des casemates bourrées d’explosif prêt à l’emploi auraient été mises au jour et détruites. Yaw ! Doucement camarades ! Il ne s’agit que de citoyens. Parfois des gosses. Des citoyens qui veulent juste fuir. Vous fuir, si vous voyez un peu ce que je veux dire. Les tangos, ils sont assis sur la terre ferme. Plus précisément dans vos salons, à feuilleter et à commenter votre nouvelle Constitution. Les tangos n’ont plus à quitter ce pays clandestinement. Ils sont bien, ici, les Frères des montagnes. Par contre, ceux avec qui vous remplissez ces «bilans glorieux» sont la rançon de la hogra, de la malvie, du désespoir et du vide conjugués. «Bilanter» avec les harragas, faire du chiffre sur le dos mouillé de ces gueux-là, c’est misère ! C’est petit ! Presque aussi petit que de n’avoir pas réussi à faire décoller économiquement un pays avec 280 milliards de dollars de réserve de change et un ticket d’accès direct à caisse de 4 fois 5 ans ! La phase d’après, c’est quoi ? Des communiqués dans lesquels on nous annoncera fièrement que de frêles esquifs, des embarcations de fortune avec à leur bord des dizaines de migrants clandestins, ont été coulés à coups de canon au large de Annaba, d’Oran, de Mostaganem ou de Ténès ? Que des harragas multirécidivistes ont été lapidés sur les places publiques de leurs lieux de «mauvaise naissance» ? Criminaliser un acte de désespoir, c’est offrir le néant aux nourrissons à naître sur cette contrée. C’est proposer le degré zéro du walou comme ligne d’horizon perpétuelle. C’est castrer le rêve en vendant cette boucherie comme un signe de sauvegarde de la dignité citoyenne. Vous êtes arrivés au pouvoir dans les conditions que nous connaissons tous et qui n’ont aucun cousinage avec la démocratie. Malgré les «miracles de l’urne magique», malgré ces pratiques aux antipodes du suffrage populaire, nous nous sommes dit au fond de nous, bien au fond, qu’entre toutes vos «affaires», vous alliez consacrer un peu de temps aux nôtres d’affaires, au bonheur intermittent des petites gens. Peuchère ! On se rend compte finalement que les petites gens, vous leur faites la chasse. Partout. Sur terre. Et sur mer ! Pirates des temps faussement modernes, vous poussez l’audace crasse jusqu’à amalgamer les bilans des noyés avec ceux des opérations antiterroristes.
    Impasse terrifiante à quelques heures à peine de 2016 !
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    Post Re : Pousse avec eux By Hakim Laâlam

    02 Janvier 2016

    Au pays de l’éléphant volant !

    Par Hakim Laâlam
    Retour de Aït-Ahmed au pays. Un retour sous haute
    surveillance policière. Près de 4 000 agents de
    l’ordre mobilisés sur son parcours. Purée ! Jusqu’au
    bout, ils lui auront…
    … collé les flics aux basques !
    Ce qui est extraordinaire, c’est que nous fassions encore appel à l’avis d’une éminente constitutionnaliste pour qu’elle délivre son docte éclairage sur la légalité de la démarche présidentielle en matière de révision de la Constitution. La valeur et la probité de cette dame ne sont plus à démontrer. Fatiha Benabou, pleine de bons sens, délivre la sentence : «Le Président ne peut pas réviser la Constitution comme il le veut.» Voilà ! C’est à ce point précis que nous arrivons aux limites du pays impossible. A la lisière de la contrée des miracles. A la frontière du Bled Magique. Madame, votre probité, votre savoir et votre immense compétence vous honorent. Nous honorent. Mais je suis désolé de leur opposer un axiome plus basique que celui des lois et de la constitutionnalité. Et cet axiome terrible se résume à cette phrase : IL PEUT ! Vous voyez, c’est court, c’est concis et ça résume tout. Ça traduit surtout l’absurdité de poser des questions à une légaliste dans le land de l’irraisonné. Plus crûment, il ne sert plus à rien de vouloir marquer l’illégalité des démarches à travers des avis d’experts. Ils s’en foutent royalement, là-haut, dans le Palais ! Il peut réviser tout seul la Constitution. Il peut ne pas la réviser. Il peut la faire réviser chez le mécanicien de son choix. Il peut n’en changer que quelques pièces, et fermer les yeux sur le fait que certaines d’entre elles ne soient pas d’origine certifiée. IL PEUT ! Comme le narrait cette blague mignonne que l’on racontait il y a quelques années déjà, ici, en D.Z, et contrairement aux règles zoologiques et anatomiques universelles, l’éléphant peut voler, il peut dormir sous l’eau, il peut chanter l’opéra devant une troupe de zèbres… Pour une raison toute simple, laquelle se résume aussi par une formule encore plus simple : Z.N.D. Zone de Non-Droit ! Que peut faire, que peut nous apporter une éminente constitutionnaliste en Z.N.D ? Rien, sinon un peu plus d’amertume, de cholestérol et d’ulcères sanguinolents. Un couteau remué dans une plaie ouverte en 1962, ça peut saigner longtemps.
    Très longtemps. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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