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Re : TV Privées en Algérie
Le bricolage des télévisions privées
Décidément, il suffit d'un rien pour couper la connexion d'une chaîne de télévision privée. Avant-hier, la chaîne franco-algérienne Beur TV a cessé d'émettre pour une raison aussi bête que banale. Une coupure de courant dans le quartier où étaient installés les bureaux de la chaîne... à Chevalley. Toute la journée, la chaîne handicapée par une connexion de courant n'a pas envoyé ses programmes ni enregistré ses émissions. La situation est d'autant ubuesque que les employés sont restés toute la journée à attendre que la lumière s'installe. Comment peut-on investir dans une télévision, sans se payer un simple groupe électrogène? Aujourd'hui, même les journaux les plus modestes se sont équipés de groupes électrogènes qui parfois ne coûtent pas grand-chose. Cet incident démontre si besoin est le manque de vision et de professionnalisme dans la conception du responsable exécutif de la chaîne qui, chaque jour, tente d'attirer les regards des téléspectateurs algériens en recensant les faillites du gouvernement à travers un programme loufoque «Talaâ Habet», une version télévisée du fameux indice d'audience du magazine Jeune Afrique «En hausse et en baisse», qui recensait chaque semaine les audiences des personnalités politiques africaines et occidentales. Là encore, l'animateur «guignol» de Beur TV, cheikh Noui, peut bien critiquer les ministres et les responsables, il a suffi d'une panne d'électricité pour le mettre en mode silencieux durant toute une journée. Il a sans doute oublié que lui-même n'est pas à l'abri des moindres couacs. Bien sûr, il va se lâcher sur la Sonelgaz et sur le ministre Bouterfa d'avoir failli à sa mission lors du sommet de l'énergie, mais il n'aura jamais gain de cause en raison du manque de précautions. Mais cette erreur logistique ne doit pas cacher les autres couacs des autres chaînes privées qui, chaque jour, manifestent un grand manque de professionnalisme. Dans une erreur sur les dates des vacances du ministère de l'Education la majorité des chaînes privées, à commencer par Ennahar TV ont diffusé l'information avec l'erreur de base sans pour autant tenter de corriger les dates. Mais le grand souci des télévisions privées demeure dans la rédaction des synthèses pour les sujets. D'énormes coquilles accompagnent parfois des sujets excellents, gâchant ainsi la perfection d'un sujet. Le manque de formation des journalistes en langue française est plus frappant qu'en langue arabe. C'est sans doute à cause de cela que la majorité des chaînes n'a pas de journalistes professionnels en français pour accompagner l'essor d'une télévision moderne. Ce bricolage on le retrouvait avant dans la presse écrite, dans les premiers temps avec d'énormes bourdes à la Une des journaux. Avec le temps, on espère que ses glissements seront dépassés et surpassés pour offrir la meilleure image à la télévision privée algérienne.
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