Clap de fin pour "Le Grand Journal" de Canal+

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L'ancienne émission phare de Canal+ sera diffusée pour la dernière fois ce vendredi. D'un rendez-vous immanquable, le programme est devenu transparent.

Il fut un temps où venir au Grand Journal était une obligation. On y déclarait quasiment sa candidature à l'élection présidentielle (Ségolène Royal en 2006). On y venait présenter un film en exclusivité quand on était une star hollywoodienne. On y faisait des « live » en avant-première (Lady Gaga). Michel Denisot était le patron du PAF, l'esprit Canal+ semblait retrouvé, LeGrand Journal apparaissait branché. Les audiences affolaient les compteurs – une belle vitrine pour la chaîne cryptée. Lancée en 2004, l'émission emblématique de Canal s'éteint ce vendredi après deux années d'agonie. Une page se tourne. Un chapitre entier, même, diront certains.
Le Grand Journal, c'était Nulle part ailleurs en meilleur. Plus de 1,5 million de téléspectateurs, des parts de marché dépassant les 7 %, des séquences reprises partout, une pépinière de talents (Barthès, Omar et Fred, plusieurs Miss Météo). De 2004 à 2013, Michel Denisot fait grandir son bébé. L'émission est regardée, adulée, redoutée. Montebourg sera écarté de la campagne Royal après sa blague sur François Hollande. Les principaux candidats à la présidentielle deviennent « rédacteurs en chef » du programme. Le Petit Journal, simple séquence à l'époque, fait trembler les politiques. Puis, lors de la dernière année de l'ère Denisot, l'audience commence à s'effriter. Ironie de l'histoire, Canal+ a affaibli sa propre mine d'or : après le rachat de Direct 8 (devenue C8), Cyril Hanouna et son équipe, dont l'émission est diffusée en frontal, marchent sur les platebandes du programme de la maison mère. L'émission est la cible des critiques : trop bobo, trop séquencée, trop lisse. Un peu las, Denisot passe la main à l'héritier désigné, le bébé Canal : Antoine de Caunes.

« Un malade en réanimation »
Pendant deux ans, le comédien-réalisateur tient le navire qui commence à tanguer. Le Grand journal n'est plus le « talk », mais un parmi d'autres. Il commence à être noyé par la concurrence. En 2015, Antoine de Caunes est remplacé par Maïtena Biraben. C'est l'une des premières décisions de l'ère Bolloré. L'aventure ne durera qu'un an. La ligne éditoriale est floue ; les audiences plongent. Les téléspectateurs ne sont plus que 600 000 en moyenne à suivre le programme.
La marque étant forte, la nouvelle équipe dirigeante compte sur Le Grand Journal pour valoriser le crypté et pousser à l'abonnement. La première partie est réservée aux abonnés, la seconde à tous. Ce sera sans Biraben. Au lieu de doper le programme, cette stratégie le plombe. Et l'enterre. Victor Robert, le principal présentateur, annonce être à la tête d'un « malade en réanimation ». L'électrocardiogramme est plat (100 000 téléspectateurs en moyenne). Malgré le changement à 180 degrés (l'émission redevient 100 % en clair), l'électrochoc ne fonctionne pas et Canal+ débranche LGJ : dernier épisode inédit ce vendredi. À partir de lundi et pendant deux semaines, des « best of » seront diffusés. Le chapitre nostalgique est ouvert.