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Re : Ramadhan 2017
Les télévisions publiques du Maghreb se préparent au Ramadhan
Dans les pays arabes, le mois du Ramadhan est la période des plus importants investissements publicitaires. Les médias font leurs plus grosses recettes sur l'année. Alors, l'enjeu de chaque média est de proposer la meilleure offre de contenus pour attirer la plus forte audience et donc les annonceurs. Comme chaque année, les programmes du Ramadhan engendrent des dépenses faramineuses pour les télévisions publiques afin de préparer la grille du mois sacré. Pour l'Eptv, le DG Tewfik Khelladi avait affirmé lors de son point de presse que l'Entv avait consacré l'année dernière plus de 400 millions de DA pour satisfaire la demande des téléspectateurs. Le budget a été revu à la baisse cette année, notamment avec l'arrêt de l'achat des programmes étrangers. Contrairement aux télévisions privées, ce sont les télévisions publiques qui payent d'avance les producti0ons avec l'entrée des recettes publicitaires. Ce qui engendre des trous dans la trésorerie. Ainsi, dans le Maghreb, ce sont les télévisions publiques qui consacrent des budgets importants. Aussi, la Télévision tunisienne qui a déjà rendu publique la programmation de ses deux chaînes pour le mois de Ramadhan, Watania 1 et Watania, 2 a annoncé un soutien à la production qui s'élève à 4,5 millions de dinars tunisiens, (environ 1,86 million de dollars). C'est au cours de la conférence qu'il a donnée le 18 mai, que le DG de la télévision publique tunisienne Elyes Gharbi a révélé le montant de ce budget. Ainsi, sur la télévision Watania 1 tunisienne, le divertissement sera complété par des émissions de variétés et d'humour, en plus des rendez-vous pour les enfants, notamment la nouvelle version de «El mouhaquiquoun» (les enquêteurs). La programmation sera moins importante sur la chaîne Watania 2, avec le feuilleton tunisien «Ikhtiyar Ejbar», une émission religieuse intitulée «Nozhet el Ochheq» ainsi que des soirées d'archives de la télévision tunisienne. Les télévisions publiques maghrébines bénéficient d'une très bonne audience, ce qui peut leur permettre d'attirer beaucoup d'annonceurs. Dans le top des audiences ce sont toujours les télévisions publiques qui occupent les premières places surtout en Tunisie. Au Maroc, la 2M, la télévision parapublique occupe la première place de l'audience. Comme à l'accoutumée, 2M a réservé une part importante au divertissement, notamment avec le retour de Master Chef Celebrity qui permettra à huit célébrités de démontrer leur maitrise de l'art culinaire. Et, grande nouveauté cette année, le Jamel Comedy Club s'invitera sur le petit écran marocain. Une version revisitée à la sauce marocaine, présentée par Eko, où des humoristes marocains et maghrébins présenteront des sketchs hilarants. Dans la case des productions locales marocaines on retrouve la série «Al Yatima» et «Hdidane» à Guéliz. Les téléspectateurs auront également l'occasion de découvrir cinq téléfilms marocains inédits: «Allo Ibtissam», «Hawa ya hawa», «Ichaâa», «Laâti Allah», et «Addasser».
Les Autorités de régulation maghrébines en veille
A l'approche du Ramadhan les Autorités de régulation sont en effervescence. Elles scrutent toutes les productions pour détecter les moindres dépassements. En Tunisie, trois chaînes de télévision et deux chaînes de radio sont dans le viseur de la Haute Autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) le régulateur audiovisuel local. Il s'agit des chaînes Attassia TV, Hannibal TV et El-Hiwar Ettounsi TV, ainsi que des radios Ibtissama FM et Mosaïque FM, qui ont eu des mises en garde. L'observatoire de la Haica reproche à ces médias la violation des règles professionnelles et déontologiques en matière de publicité. En effet, les chaînes TV n'annoncent pas clairement le début et la fin d'une plage publicitaire. Du coup, la frontière n'est plus claire entre la communication commerciale et l'information. A propos des chaînes de radio, la Haica relève que celles-ci dépassent le temps réservé à la publicité. En plus, elles n'indiquent pas également le début et la fin des spots publicitaires. Dans un communiqué, l'Autorité de régulation appelle les médias interpellés au respect des lois et des dispositions de leur cahier des charges. Ce rappel à l'ordre est important, au moment où le pays entre dans le mois du Ramadhan, période pendant laquelle la publicité explose sur les antennes des médias audiovisuels. En Algérie, le problème ne concerne pas la publicité, mais le contenu des programmes. Ainsi, l'Autorité de régulation de l'audiovisuel (Arav) a mis en garde les chaînes de télévision algériennes, notamment privées, contre ce genre de programmes comme c'était le cas l'année dernière lorsque des émissions et des caméras cachées ont été carrément interdites! Il s'agit en particulier des émissions de caméra cachée où des invités ont été piégés comme étant kidnappés par des groupes terroristes. C'est la caméra cachée d'Echourouk TV «Ouaâra» (Forte) produite par Rym Ghazali et présentée par Shamessedine Dz Joker, qui est principalement visée. Dans un communiqué rendu public ce jeudi par l'Arav, un appel a été lancé aux chaînes TV algériennes d'observer les «principes d'intérêt général» afin d'éviter les «dérives» constatées les années précédentes, tout en élaborant des programmes spéciaux pour le Ramadhan qui soient un espace d'éveil à la fois spirituel et rationnel, conciliant authenticité et modernité. A l'approche du mois de Ramadhan, l'Arav entend mettre de l'ordre dans la machine audiovisuelle. Elle souhaite saisir cette opportunité pour faire valoir auprès des chaînes de télévision des principes d'intérêt général, afin d'éviter les dérives constatées les années précédentes.
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