Ils dénient à Sellal et à Ouyahia le droit de parler en leur nom
Les Patriotes en appellent à Bouteflika et à Gaïd Salah
Organisation Nationale pour la Défense des Droits des Patriotes (ONDDP)
le 17-10-2016|10:00
Exaspérés par les “promesses non tenues”, les Patriotes fontPrès d’une soixantaine de délégués des Patriotes et autres groupes
état de leur situation sociale précaire et dénoncent leur
“exploitation politicienne”, notamment par le RND.
d’autodéfense (GLD), issus de trente-sept wilayas ont tenu, hier,
une réunion à Birkhadem, à Alger, sous la présidence de
Mourad Taâmallah, de l’Organisation nationale pour la défense des
droits des Patriotes (ONDDP).L’objet de la réunion étant de débattre
des textes réglementaires les régissant et restés en suspens. Ainsi,
dans une déclaration liminaire distribuée à la presse, les Patriotes se
disent “marginalisés” par le gouvernement qui rechigne à appliquer
les dispositions contenues dans le décret présidentiel n°68 et
promulgué dans le Journal officiel en 2013 qui stipule dans son article
77 que “tout citoyen ayant participé à la lutte antiterroriste et ayant
par conséquent fait partie des forces combinées de sécurité a le droit
à la retraite et autres avantages attachés à cette qualité”.Refusant de
s’inscrire dans un nouveau cycle d’actions de protestations, Taâmallah
constatera, néanmoins, que les maigres “acquis” obtenus jusque-là,
en termes de satisfaction des revendications sociales, par cette frange
de résistants, n’ont été rendus possibles que grâce à leur forte
mobilisation. Et de rappeler, ainsi, le sit-in de la place des Martyrs, à
Alger, ou encore la marche de Boufarik, des démonstrations vite
réprimées, du reste, par les forces de l’ordre. Exaspérés par les
“promesses non-tenues”, les Patriotes font appel aujourd’hui au
premier magistrat du pays ainsi qu’à Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre
de la Défense. Et s’ils en réfèrent au chef de l’État car signataire,
lui-même, du décret en question, le choix porté sur la personnalité
du chef de l'état-major de l'ANP revient au fait que “l’armée a
toujours constitué le principal partenaire des Patriotes”.L’exploitation
politicienne, voire électorale, de leur situation sociale précaire a été,
en outre, mise en exergue, notamment lors des élections
présidentielles lorsque le directeur de campagne du Président-sortant,
Abdelmalek Sellal, s’était montré très avenant avec les Patriotes.Depuis,
plus rien ; le Premier ministre est, selon eux, toujours aux abonnés
absents. Il en est de même pour Ahmed Ouyahia, secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), qui prétend, lui, que la
base militante de son parti est constituée de Patriotes. “Cela n’est pas
vrai ! Nous ne faisons pas de politique. Notre parti, c’est l’Algérie. Nous
refusons qu’Ouyahia continue encore à parler au RND des Patriotes.
En revanche, il devrait, en sa qualité de directeur de cabinet de la
présidence de la République, plutôt appliquer la loi, notamment ce
fameux décret nous régissant”, a martelé Mourad Taâmallah.Tentant
d’expliquer la valse-hésitation des pouvoirs publics à leur égard ainsi
que la discrimination dont ils font l’objet, l’orateur n’exclut aucunement
des pressions provenant de la mouvance islamiste qui présente à ce
jour les Patriotes comme de vulgaires “milices” de tueurs et de
kidnappeurs. Face à ce retour de la propagande “qui-tue-quiste”, les
Patriotes signent et persistent : “Nous n’avons fait que combattre le
terrorisme. Nous avons défendu et les institutions de la République et
le peuple. Certains d’entre nous ne trouvent même pas de quoi manger
aujourd’hui, et pourtant, ils continuent à porter les armes.”
Mohamed-Chérif Lachichi



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