Une rentrée sociale sous le signe de l’austéritéSellal sollicite l’appui de l’UGTA
le 17.09.16 | 10h00
Qu’est-ce qui a pu sortir de la rencontre entre le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et le secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd ? Officiellement, rien n’a filtré. La bipartite s’est déroulée loin des caméras et des journalistes. Selon des sources bien informées, le but de cette entrevue étaitMise sous les feux de la rampe par le Forum des chefs d’entreprise
d’anticiper d’éventuelles contestations sociales en raison des restrictions
drastiques contenues dans la loi de finances 2017, qui auront de lourdes
conséquences sur les acquis sociaux et le pouvoir d’achat des Algériens.
(FCE) et frappée du sceau de la confidentialité par le gouvernement
et l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), la rencontre
entre le Premier ministre, le patron de la centrale syndicale et le
président du FCE s’est terminée jeudi dernier sans faire de bruit, loin
des caméras et des journalistes.Ce qui a suscité de nombreuses
interrogations. Des sources bien informées reviennent sur ce qu’elles
estiment être «une bipartite d’anticipation sur une possible gronde sociale».
Nos interlocuteurs sont formels : «Les discussions les plus importantes ont
eu lieu entre le Premier ministre et le secrétaire général de l’UGTA et
concernaient surtout la situation du monde du travail. Elles ont été les plus
longues et n’ont d’ailleurs pas pris fin puisque d’autres rendez-vous étaient
prévus ce week-end, toujours dans la discrétion la plus totale…»
En fait, ajoutent nos sources, «contrairement aux propos rassurants tenus
quelques semaines auparavant par le Premier ministre à Saïda, tous les
indicateurs sont au rouge et la loi de finances 2017 risque d’être plus drastique
que celle de 2016, avec l’entrée en vigueur de nouvelles impositions et comme conséquence des augmentations généralisées des prix des produits de large consommation, notamment ceux subventionnés par l’Etat. Des mesures qui
risquent de provoquer des mouvements de contestation du monde du travail
et qui font craindre le pire».Le gouvernement, notent nos interlocuteurs, est
très inquiet devant la mobilisation syndicale et les alliances entre les
organisations autonomes et de nombreuses fédérations UGTA, restées
jusque-là en marge de la centrale. En fait, apprend-on auprès de nos sources,
le gouvernement est de plus en plus prudent et préfère «la stratégie de
l’anticipation à celle du fait accompli et de la confrontation» pour éviter de
revenir sur ses décisions, même partiellement, «comme cela a été le cas avec
la remise en cause du système de retraite anticipée.La chute de la rente
pétrolière et donc des réserves de l’Etat a poussé le gouvernement à chercher d’autres ressources, qu’il pense trouver dans l’augmentation de la fiscalité,
mais aussi dans la réforme du système de travail et de retraites».Ces solutions
vont être proposées dans la loi de finances 2017. Ce qui fait craindre le pire
parce que ce sont le pouvoir d’achat des Algériens et la préservation des acquis sociaux qui seront les premiers touchés par la LF.Si jusque-là la centrale
syndicale, signataire (avec le gouvernement) du Pacte économique et social,
appuie les réformes engagées par les pouvoirs publics, c’est parce qu’elle juge nécessaire la préservation des équilibres financiers de la Sécurité sociale, notamment les retraites et le pouvoir d’achat. «Mais ce pacte social n’a plus lieu d’être avec un dispositif qui met en péril les acquis sociaux, érode le pouvoir
d’achat, grossit les rangs des chômeurs et vulnérabilise les postes d’emploi à
travers une réforme aveugle du code du travail.Les contestations vont toucher
tous les secteurs et la centrale ne pourra rien faire, si ce n’est être solidaire avec
les syndicats contestataires. C’est de cela que le Premier ministre a vraiment peur. Sa rencontre avec le secrétaire général de l’UGTA avait un seul but : trouver un terrain d’entente pour réduite au minimum l’impact des turbulences sociales.
Ce n’est pas évident d’arriver à un tel accord. C’est pour cela que Sellal et
Sidi Saïd se sont donné d’autres rendez-vous», expliquent nos interlocuteurs.
A la lumière de ces révélations, peut-on croire que les assurances lancées
par le Premier ministre, à partir de Saïda, sur la santé financière du pays, ne sont que des paroles destinées à la consommation interne dans le seul but de calmer
les inquiétudes face à l’incapacité de son gouvernement à faire face à la crise ?
En tout cas, la question reste lourdement posée…
SalimTlemçani




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