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Discussion: La Fuite des Cerveaux

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    Post La fuite des cerveaux en débat

    A LA UNE/ ACTUALITE/Projet de loin
    16 Septembre 2015

    LE PROJET DE LOI PORTANT RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DÉVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE À L’APN

    La fuite des cerveaux en débat


    La fuite des cerveaux a été, comme il fallait s’y attendre, au cœur des débats, hier à l’APN à l’occasion de l’exposé du projet de loi portant recherche scientifique et développement technologique.
    M. Kebci - Alger (Le Soir) - Aucun ou presque parmi les députés, près de 80 à s’inscrire pour les débats, n’a manqué d’évoquer ce fléau qui ne cesse de compromettre et sérieusement toute perspective de recherche, socle de tout développement technologique que nombre de pays de la taille de l’Algérie ont compris depuis longtemps.
    Ce pourquoi, d’ailleurs, certains intervenants, à l’image de Lyes Saâdi du FLN qui a relevé l’impérative mise en place d’un cadre juridique à même de limiter le phénomène et ainsi contraindre les bénéficiaires de bourses d’études à l’étranger à retourner au pays une fois le diplôme en poche. Et de s’interroger sur «le profil de ces heureux bénéficiaires qui seraient majoritairement les enfants de hauts responsables et de ceux qui ont le bras long». Mais pour ce député, notre université souffre d’un autre fléau, celui du critère de «l’allégeance partisane dans la désignation des responsables, ce qui porte, selon lui, un coup fatal à l’intelligence et aux compétences».
    Pour sa part, Ramdhane Taazibt du PT, ce projet de loi est «le bienvenu quoiqu’il soit venu quelque peu en retard, à l’effet, selon lui, de mettre de l’ordre» dans le segment de la recherche scientifique. Il regrettera les «entraves bureaucratiques et l’absence d’une forte volonté politique» à booster la recherche scientifique. Car estimera-t-il, «Le 1% du PIB annuellement réservé à la recherche ces dernières années, suivant la norme fixée par l’Unesco, est faiblement exploité», regrettant que pas moins de 45 000 enseignants-chercheurs aient quitté le pays ces quinze dernières années, soit 50% des potentialités du pays en la matière.
    Taazibt s’inscrira en faux contre l’obligation de résultats contenue dans ce projet de loi, estimant qu’un travail de recherche, s’il s’avère «inexploitable dans l’immédiat, pourra l’être à l’avenir». Il dira, par ailleurs, voir d’un mauvais œil l’investissement privé préconisé dans le secteur, considérant nos privés pas suffisamment aptes à s’impliquer, non sans émettre des craintes de voir «l’oligarchie mettre main basse sur la recherche».
    Un autre parlementaire, Tahar Missoum du parti du Rassemblement algérien (RA), a abordé, lui, le fléau du plagiat qui caractérise ces derniers temps les mémoires de soutenances de diverses thèses, ce qui ternit davantage l’image de notre Université à l’extérieur. Il mettra le doigt sur l’orientation des nouveaux étudiants, à ses yeux, loin d’être fortuite, puisque gonflant à souhait le budget des œuvres sociales universitaires, de l’ordre de 6 milliards de dinars, notamment en matière de «transport des étudiants qui profite à un intervenant bien particulier».
    Sa collègue du RND, représentant l’émigration dans la zone 3, a interpellé le premier responsable du secteur sur la problématique de l’authentification des diplômes de notre diaspora, ceci au moment où les pouvoirs publics s’évertuent à encourager le retour au bercail de notre matière grise, assez nombreuse à faire le bonheur de nombreux pays.
    M. K.



    Dernière modification par zadhand ; 16/09/2015 à 09h34. Motif: La fuite des cerveaux en débat
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    Post Ces médecins et ingénieurs que nous perdons

    A la une Actualité_Fuite des cerveaux
    06 Novembre 2015
    Ces médecins et ingénieurs que nous perdons

    Pour la première fois, un rapport* de l’Organisation internationale du travail
    étudie les spécificités de la fuite des cerveaux dans les pays du Maghreb.
    Qui part et pourquoi faire ? El Watan Week-End a décortiqué le rapport pour vous.



    a fuite des cerveaux dans les pays du Maghreb.jpg

    - La génération de la «désillusion»


    Le sociologue du Cread, Karim Khaled, rappelle que l’immigration des compétences algériennes existe depuis 1830 et peut être divisée en quatre périodes. La dernière période qui commence dans les années 1990 est celle de la désillusion, selon lui. Il estime que les intellectuels ont vécu une crise, notamment liée à la «déception» des élites après avoir été «emballées et prisonnières par le discours développementiste des années 1970» ainsi qu’aux «échecs» des luttes politiques des années 1980, 90 et 2000 qui «n’ont pas pu basculer l’équilibre des formes
    identitaires idéologiques dominantes depuis l’indépendance».

    Pour les universitaires, «l’emprise du politique dominant» a fait de l’université «une institution anomique incapable de se reproduire d’une manière autonome et reste aliénée par rapport à sa propre histoire et à l’histoire de tout son environnement». Selon lui, malgré toutes les politiques de formation à l’étranger et les multiples reformes, «l’enseignement supérieur algérien ne peut être que producteur de foyers migratoires». Cette période se caractérise par une forte concentration de l’intelligentsia algérienne dans les pays du Golfe
    et dans l’espace de la francophonie, notamment la France et le Canada.

    «Des destinations dans un contexte mondialisé, où des voies nouvelles se présentent aux élites professionnelles algériennes. Il s’agit vraiment d’une nouvelle ère de circulation internationale accélérée par l’avènement des technologies de l’information et de la communication mais avec des reconfigurations et le retour du ‘‘pouvoir de l’identité’’ comme forme de résistance au rythme imposé aux déclassés dans cette révolution numérique», explique le sociologue. Malgré cette diversification dans les destinations des élites intellectuelles algériennes dans les années 2000, la France reste toujours la destination dominante pour des raisons historiques, familiales et linguistiques.
    Au-delà du sentiment de désillusion, le rapport énumère plusieurs facteurs importants de départ : d’abord, les limites d’une carrière professionnelle ou universitaire et les besoins de recherche dans des domaines scientifiques, techniques et technologiques de pointe expliquent en grande partie les départs continus de cadres et d’étudiants à l’étranger. Ensuite, outre le prestige et le rayonnement dans la société, les diplômes d’universités étrangères
    offrent plus de chance de recrutement à l’international.

    Les lourdeurs administratives, les blocages bureaucratiques, les difficultés socioéconomiques et les limites d’épanouissement culturel motivent également le départ de cadres et d’universitaires. Le taux de chômage très important des diplômés du supérieur, le souci d’assurer un meilleur avenir à ses enfants
    et les raisons sécuritaires sont enfin d’autres facteurs importants dans le départ.


    - Des diplômés du 3e cycle qui deviennent majoritairement cadres

    Ceux qui quittent l’Algérie ont en majorité entre 25 et 45 ans. Les docteurs en santé représentent la plus grande part des effectifs des diplômés les plus élevés exerçant en France. Ils se situent presque au même niveau que les ingénieurs. Ensuite viennent les personnes ayant obtenu un DESS et un master professionnel puis les DEA et masters.
    Ces diplômés sont pour la plupart en activité dans leur pays d’accueil. Ils connaissent certes le chômage, mais nettement moins que ceux qui n’ont pas de formation universitaire. Ils occupent pour la majorité des postes d’emploi dans des professions libérales et intellectuelles. Plus de la moitié des immigrés algériens qualifiés avait un contrat de travail à durée indéterminée, 11% exerçaient des professions libérales et 9,2% étaient au chômage.
    On constate que 34% d’Algériens installés en France sont des cadres ou exercent des professions intellectuelles, contre 14% qui sont des «employés». On observe aussi un niveau assez faible de «brain waste» - soit à travers des emplois n’exigeant pas de niveau supérieur ou alors ils sont sous-employés avec
    une faible rémunération. 6% d’immigrés faisant le métier d’ouvrier.

    Il y a aussi le «brain waste» relatif, non mesurable encore, c’est la situation qui équivaut à la déqualification des diplômés, en les affectant à des postes de niveau inférieur à leurs qualifications. Le niveau des salaires peut être un indicateur : 35% des personnes perçoivent moins de 1500 euros par mois, 25% entre 1500
    et 2500 euros et puis 37% gagnent plus de 2500 euros.


    - Les médecins sont les plus concernés

    «L’Algérie n’est pas en situation de pénurie de médecins, elle a formé et forme encore un nombre important de praticiens», explique Ahcène Zehnati, chercheur au Cread. Le nombre de diplômés en médecine a plus que doublé entre 2001 et 2011, il passe de 1714 à 4023. Même chose pour les médecins spécialistes
    qui sont 897 en 2005 et 1929 en 2013. 11 629 médecins sont formés
    dans les spécialités médicales et chirurgicales entre 2005 et 2013.

    A titre de comparaison, la Tunisie forme 8 fois moins de généralistes et 4 fois moins de spécialistes que l’Algérie. Cette amélioration de la formation ne concerne cependant pas le personnel paramédical, puisque le rapport entre le nombre de personnel paramédical et les médecins a baissé : Il passe de 3,4 en 1998 à 2,47 en 2012. Pourtant, les médecins constituent la première catégories d’Algériens nés en Algérie et exerçant à l’étranger. Le taux de fuite est supérieur à ceux enregistrés en Afrique du Sud ou au Ghana, par exemple et le nombre de médecins qui quittent l’Algérie augmente constamment depuis 1997. «La destination privilégiée des médecins algériens reste majoritairement la France pour des raisons historiques, culturelles, système de formation, conventions inter-universitaires», rappelle le rapport.
    Près d’un médecin né en Algérie sur 4 exerce, en effet, en France. Les effectifs de médecins spécialistes ne sont pas touchés de la même manière. Pour les médecins nés en Algérie, quel que soit leur lieu de formation, le «taux de fuite» est de 43% pour la psychiatrie. Viennent ensuite l’ophtalmologie, la radiologie et l’anesthésie-réanimation. Pour les médecins nés et formés en Algérie, les taux sont moins importants, mais les spécialités les plus concernées sont là aussi la psychiatrie, la radiologie, l’ophtalmologie et l’anesthésie-réanimation. De manière générale, les médecins qui travaillent dans le secteur public sont plus touchés par le départ que ceux du privé.
    Le rapport ne présente pas les raisons de départ des médecins, mais estime que les salaires pourraient être l’un des facteurs. En 2013, un médecin non hospitalo-universitaire touchait 77 000 DA par mois pour un généraliste, 110 000 pour un spécialiste. Un maître-assistant dans un CHU est payé 90 500 DA et un professeur 183 000 DA. L’étude souligne que ces salaires sont en moyenne une fois et demie plus élevés
    que les salaires des cadres des entreprises nationales algériennes.


    - Les Marocains partent pour faire un troisième cycle

    Les migrations intellectuelles marocaines remontent au XIXe siècle et elles sont aujourd’hui souvent le fait d’élites intellectuelles, de chercheurs ou d’étudiants et de sportifs, avec un taux de retour faible. «Malgré le développement de nouvelles destinations, comme c’est le cas pour la Belgique, le Canada, les Etats-Unis ou les pays de l’ancien bloc de l’Est, la France draine toujours le plus grand nombre d’étudiants marocains», rappelle le rapport. Ils représentent la première population estudiantine étrangère dans les universités françaises avec plus de 15% en 2004.
    A titre de comparaison, les Algériens représentent 8,5%.

    Aujourd’hui, l’arabisation, la suspension des bourses du gouvernement et les conditions d’inscription plus difficiles ont fait diminuer le nombre de départs, qui reste malgré tout important. Désormais, on part pour préparer un troisième cycle plus que pour faire des études de premier et deuxième cycles. Dans tous les cas, une partie des étudiants à l’étranger, une fois leur cursus universitaire achevé, demeure sur place, pour des raisons familiales ou professionnelles.
    Les meilleurs sont repérés dans les grandes écoles ou laboratoires et sollicités pour intégrer des emplois, parfois même avant l’obtention de leur diplôme. Les autorités ont tenté dans les années 1990 de limiter cette immigration avec des mesures restrictives. Aujourd’hui, l’Etat tente au contraire de structurer
    la diaspora scientifique marocaine pour favoriser le retour
    et la collaboration des élites installées à l’étranger avec le Maroc.


    - Les boursiers mauritaniens ne rentrent plus au pays

    Plus de 70 000 diplômés mauritaniens vivent aujourd’hui à l’étranger, toutes spécialités confondues. Dans un pays où le taux de chômage officiel est de 10% et où le salaire des fonctionnaires, l’équivalent de 5000 DA par mois, n’attire pas les diplômés, plus de la moitié des diplômés mauritaniens à l’étranger finissent par s’installer temporairement ou définitivement dans leur pays d’accueil. La plupart d’ente eux sont des ingénieurs, scientifiques, universitaires, financiers, qui ont souvent accès à l’étranger à des emplois de haut niveau,
    notamment dans des organisations internationales,
    des universités ou des compagnies privées.

    Le départ des diplômés a été poussé par les crises politiques de 1987 avec le Front Polisario et 1989 avec le Sénégal, ainsi que par le plan d’ajustement structurel des années 1980. Le pays octroie des bourses aux étudiants mauritaniens qui veulent étudier à l’étranger, dopant implicitement dans le futur la migration des compétences scientifiques, selon le rapport. Ces bourses sont d’ailleurs à l’origine en grande partie de la mise en place
    de la diaspora scientifique mauritanienne établie à l’étranger.

    Traditionnellement, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et les pays d’Afrique de l’Ouest particulièrement le Sénégal, la Côte d’Ivoire constituent les principales destinations des boursiers mauritaniens. Face au nombre de diplômés chômeurs très important, «la plupart des étudiants en fin de cycle- notamment ceux des filières francophones- cherchent des inscriptions dans des universités françaises ou se lancent dans l’aventure aux USA, en Australie ou au Canada».
    Leïla Beratto
    Dernière modification par zadhand ; 06/11/2015 à 11h33. Motif: Ces médecins et ingénieurs que nous perdons
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    Post Madjid Boutemeur, ce scientifique Kabyle candidat au prix Nobel

    A la une Actualité_Fuite des cerveaux
    06 Janvier 2016
    Madjid Boutemeur, ce scientifique Kabyle candidat au prix Nobel.jpg
    Un scientifique algérien candidat au prix Nobel

    La Kabylie regorgée de talents et de potentiels en matière de ressources humaines et le Professeur Madjid Boutemeur n’est qu’une démonstration. Il est docteur en physique nucléaire et physique des particules, professeur d’universités. Considéré comme l’un des savants les plus renommés dans la recherche dudit domaine.


    Madjid Boutemeur travaille sur le « Grand collisionneur de hadrons » (LHC), le plus puissant accélérateur de particules du monde, implanté à la frontière franco-suisse, et plus particulièrement sur le « Solénoïde compact pour muons »
    (CMS), détecteur polyvalent installé sur l’anneau du LHC.

    Il se dit convaincu de décrocher le prix Nobel, «Mon excellent parcours universitaire à Grenoble m’a permis d’obtenir une thèse de collaboration avec le CERN. Avec cette thèse, j’ai été candidat au prix Nobel en 1987 et j’ai failli l’avoir. J’ai soutenu ensuite une autre thèse à l’université de Yale aux USA où j’ai établi le record du monde de la polarisation des spins dans les très basses températures.
    L’accumulation de mes succès m’a ouvert les portes des grandes universités mondiales, comme le Canada où j’ai travaillé pendant cinq années avec l’université de Montréal et le gouvernement à partir de septembre 1991.».
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    Post Médecins spécialistes_La saignée

    A la une Actualité_Fuite des cerveaux
    le 09.02.16 | 10h00
    Médecins spécialistes
    La saignée

    Des médecins formés en Algérie tiennent le haut de l’affiche des départs.
    Au tableau de l’Ordre des médecins en France, 21,94% sont d’origine algérienne.
    La saignée.jpg

    Beaucoup de médecins, formés en Algérie, voient leur avenir sous d’autres cieux.
    C’est l’une des conclusions de l’ouvrage intitulé De la fuite des cerveaux à
    la mobilité des compétences - Une vision du Maghreb, publié cette semaine par
    le Centre de recherche en études appliquées pour le développement (Cread)
    en collaboration avec le bureau d’Alger de l’Organisation internationale du travail (OIT)
    sous la houlette du sociologue et chercheur Mohamed Saïb Musette. Analyse d’un phénomène
    qui déleste le pays de ses compétences. Les médecins formés en Algérie tiennent le haut
    de l’affiche des départs. Le taux des médecins inscrits au tableau de l’Ordre des médecins
    en France est de 21,94%.
    «Ce ne sont pas tous les médecins en exercice qui sont inscrits
    au tableau de l’Ordre des médecins. Le taux de fuite est encore plus important si l’on inclut
    tous les médecins installés en France exerçant dans le secteur médical ou autre, il atteindrait
    presque 30%», est-il précisé dans l’étude en question. Les psychiatres algériens sont
    les premiers à répondre aux sirènes de l’Occident, avec un taux de 30% installés en France,
    suivis par les spécialistes en radiologie (15,55%), en ophtalmologie (13,10%)
    et en anesthésie-réanimation (12,96%).
    Les migrants algériens qualifiés représentent
    26% en moyenne des Algériens installés dans les pays de l’OCDE (soit un effectif
    de 267 799 personnes), dont 1,2% ont un PhD (plus haut niveau d’étude). Il est à noter
    une part grandissante de femmes qui choisissent de s’établir sous d’autres cieux.
    «La différence est réduite dans les proportions entre les hommes et les femmes, contrairement
    à ce qu’on observait dans les données des années 2000 (…). On constate aussi
    que 24,8% de femmes et 27% d’hommes ont un niveau d’études supérieur.

    Peu de différences existent entre les femmes et les hommes, avec une forte féminisation chez
    les jeunes. Ils sont en majorité en pleine maturité (classe d’âge 25-45 ans)», commente
    Mohamed Saïb Musette. Les Algériens qualifiés installés en Occident sont généralement
    bien lotis, si l’on en croit l’étude du Cread. Le niveau des rémunérations des compétences
    originaires d’Algérie varie entre 500 euros et 8000 euros et plus. Il apparaît ainsi que 35%
    des personnes perçoivent moins de 1500 euros, 25% entre 1500 et 2500 euros et puis 37%
    plus de 2500 euros. «Ils sont pour la plupart en activité, peut-on lire dans l’étude.

    Ils connaissent certes le chômage, mais nettement moins que ceux qui n’ont pas de
    formation universitaire. Ils occupent pour la plupart des postes d’emploi dans des professions
    libérales et intellectuelles. On observe aussi un niveau assez faible de ‘brain waste’
    soit à travers des emplois n’exigeant pas de niveau supérieur ou alors ils sont sous-employés
    avec une faible rémunération. Ce phénomène peut donner lieu à des ‘gains’ pour l’Algérie,
    d’une autre manière, à partir de la migration de retour, réelle ou virtuelle.»

    Parmi les raisons qui poussent les compétences au départ, le sociologue Mohamed Saïb Musette
    souligne un sentiment de marginalisation des élites algériennes. «Le référent de la réussite sociale
    et professionnelle, en dehors de l’accomplissement universitaire et scientifique, explique-t-il,
    a été floué dans ses références et ses valeurs, un segment des compétences (intellectuelles
    et professionnelles) se considère comme marginalisé et inutile. Le savoir et les diplômes ne
    seraient pas des critères objectifs et incontournables de l’ascension sociale et professionnelle.
    L’affairisme et le favoritisme seraient devenus les moyens reconnus et privilégiés.
    Les compétences vont donc tenter de s’accomplir et de s’épanouir ailleurs, notamment dans
    certains pays du Nord.»
    Très souvent, la cause du départ dépasse le cadre individuel et se détermine
    pour des considérations familiales et sociales. «En effet, précise M. Musette, des adultes,
    des jeunes, issus principalement de familles aisées, quittent le pays dès l’obtention du bac français.
    Ce phénomène s’est amplifié avec l’avènement des écoles privées et l’ouverture des lycées français
    en Algérie. Des instituts et des écoles supérieures privées sont ouverts principalement à Alger,
    affiliés à des établissements similaires étrangers. Les enfants d’expatriés algériens ne rejoignent pas
    le pays après la fin de leur cursus universitaire ou à la sortie d’une grande école.»
    Le phénomène est néanmoins à relativiser.
    Si la fuite des cerveaux s’accélère partout dans le Maghreb,
    avec un taux de croissance de 57%, elle tend à se stabiliser dans notre pays.
    «Nous avons calculé le taux de ‘‘brain drain’’ des Algériens dans les pays de l’OCDE.
    Il représentait 6,6% en 2012 (population âgée de 15 ans et plus). Il faut souligner qu’il a été
    de 17% dans les années 1970 et de 8,6% dans les années 2000 (pour les plus de 25 ans).
    L’ampleur de ce phénomène reste abstraite», peut-on lire dans l’excellent ouvrage du Cread.

    Amel Blidi
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    Post Les départs massifs vers l’étranger sont le meilleur ...

    A la une/Actualité_Rabeh Sebaa
    le 14.03.16 | 11h47 | mis à jour le 14.03.16 | 13h03

    "Les départs massifs vers l’étranger sont le meilleur indice de
    la mise à l’écart délibérée des compétences"


    Dans cet entretien accordé à ElWatan.com, Rabeh Sebaa,
    professeur d’anthropologie culturelle et linguistique, sociologue-essayiste analyse
    que dans notre pays« la compétence ne s’accommode pas des entorses
    qu’impose le recours à la maarifa (favoritisme) et à la corruption »
    et c'est pour cela que sa place est « scandaleusement marginale »…


    268 000 cadres algériens sont déjà installés ailleurs. Quelle est justement la place
    de la compétence dans notre pays?
    Scandaleusement marginale. Car elle
    ne s’accommode pas des entorses qu’impose le recours à la maarifa et à
    la corruption. Et c’est précisément pour ces raisons qu’il n’est que rarement fait appel
    à des profils de compétence, perçus comme des gêneurs ou des empêcheurs de tourner
    en ronde autour des prébendes. Dans la mesure où souvent la compétence se conjugue
    avec un minima de déontologie et d’éthique. C'est-à-dire les deux ennemis jurés de
    la marifa et la corruption. Les départ massifs vers l’étranger, qui se sont accélérés
    ces dernières années, sont le meilleurs indice de la mise à l’écart délibérée et de plus
    en plus généralisée des compétences nationales dans tous les domaines.

    Pouvez-vous nous dire à quel point est répandue la "Maarfia" dans notre pays qui est
    en opposition avec la compétence?
    La notion de maarifa ou de aarf, qui signifie littéralement
    connaissance, fait partie intégrante, au moins depuis quatre décennies, du champ sémantique
    sociétal algérien. Si aux premières années de l’ indépendance les notions de frères
    et de sœurs, y compris dans les discours officiels, ont longtemps prévalu, elles ont été
    progressivement remplacées par la notion de maarifa et de aarf qui ont connu une généralisation
    impressionnante. Cette généralisation est consécutive au délitement des fondements
    institutionnels du lien social. Qui n’a jamais trouvé ses voies et moyens de consolidation.
    Le caractère ou la dimension nationale de la maarifa est la mesure indicielle de
    la déliquescence des institutions de socialisation et de régulation à l’échelle de toute la société algérienne.

    D'où nous vient la culture ou la dé-culture de la maarifa?
    Forme altérée du beniâamisme, littéralement cousinisme ou cousinage, fondée originellement
    sur le lignage et les rapports de sang, la maarifa s’est élargie à d’autres groupes sociaux,
    dépassant les bornes de la parenté ou de la proximité. Limitée au départ aux sphères
    d’échanges de la quotidienneté, elle s’est progressivement élargie aux espaces institutionnels
    où elle constitue, à présent, une balise incontournable. Même pour des opérations ou des actes
    qui ne nécessitent pas forcément un recours à la maarifa. Y recourir est devenu un trait mental.

    N'y a-t-il pas un certain tribalisme dans notre façon de penser d'où cette tendance incroyable
    à tout faire surtout pour le travail pour passer par la "maarifa?"

    Rappelez-vous la rapide résurgence de la notion de aarouch, qui a vite supplanté la notion
    de société civile ou d’opposition dans les événements de Bejaia. Ou encore les tentatives
    de tribalisation du drame ghardaoui. Il existe donc un fond de tribalité rampante prêt à rebondir.
    Cette dernière a été utilisée même pour des élections ou des représentations nationales
    à tous les niveaux. Dans ce cas de figure l’appartenance tribale se confond avec la maarifa.
    Le fils de la tribu devient un aarf. Et l’adage consacré est invariablement
    « El aarf khir men talef » qui signifie le connu est préférable à l’inconnu. Quand elle est chargée
    de négativité, la maarifa devient synonyme de piston ou de passe droit. Pour ceux qui
    n’y accèdent pas. Mais pour ceux qui en bénéficient, elle dans l’ordre des choses, elle est de
    l ordre du naturel. Même aux yeux de la société aider un parent ou un proche à trouver un travail
    ou à être recruté, même s il ne possède pas le profil de ce poste, est choses « normale »
    la normalité ici fait office d’accoutumance.

    Comme vous l'avez cité plus haut, Maarifa et corruption: Y a-t-il un lien entre les deux?
    La corruption s’est greffée sur la maarifa avant de la supplanter. A telle enseigne que aarf
    est devenu synonyme implicite de corrompu. Il existe à présent un jumelage serré entre maarifa
    et corruption. Une démocratisation effrénée de la corruption, qui a gagné même les petites
    prestations ou des services minimes, tels que les imprimés administratifs qui s’acquièrent chez
    le buraliste du coin, lui-même aarf de l’agent qui vous le recommande. Cette corruption fondée
    sur la maarifa fait écho à une corruption d’Etat (Autoroute, Sonatrach….) devenue l’archétype
    sociétal de la rapine officielle. Cette banalisation de la corruption d’Etat a libéré la corruption
    ordinaire en la confortant. Dans l’imaginaire collectif, la corruption ordinaire est moindre mal,
    voire un petit mal qui fait du bien au jour le jour, comparée à la corruption d’Etat qui ruine
    l’économie nationale et qui ne connait plus de limites. La société algérienne, est, de toute
    évidence, partie prenante dans la consécration du couple marifa-corruption,
    par son insoutenabledéficit d’indignation.

    Propos recueillis par Hamida Mechaï





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