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Discussion: Economie

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    Post Le crédit à la consommation attendra

    Actualités :A la une Economie
    le 15 Mars 2015

    Relancé dans la loi de finances 2015
    Le crédit à la consommation attendra

    Relancé dans la loi de finances 2015, le crédit bancaire à la consommation ne risque pas d’être octroyé de sitôt, la nature des produits nationaux éligibles n’étant pas encore définie officiellement et la nouvelle centrale des risques de la Banque d’Algérie n’étant pas opérationnelle, la baisse des prix du pétrole ne constituant pas un facteur propice.

    Cherif Bennaceur - Alger (Le Soir)

    Décidée par l’exécutif et avalisée lors des deux réunions tripartites (gouvernement- Centrale syndicale-patronat), tenues l’année dernière, la relance de l’octroi de crédits bancaires à la consommation avait été entérinée par la loi de finances pour 2015.
    Dans son article 88, modifiant et complétant l’article 75 de la loi de finances complémentaire pour 2009, la loi de finances 2015 stipule que «les banques sont autorisées à accorder, en sus des crédits immobiliers, des crédits à la consommation destinés à l’acquisition de biens par les ménages».
    Suspendue depuis la mi-2009, les pouvoirs publics mettant en avant alors le souci de réduire les sorties de devises et de juguler l’envolée des importations, l’allocation des crédits à la consommation est ainsi réimpulsée plus de six ans dans «le cadre de la relance des activités économiques», comme le précise l’article 88.
    Selon ses promoteurs, la réintroduction de ce crédit vise à booster la consommation de produits fabriqués localement, permettant ainsi de satisfaire la demande domestique mais aussi stimulant l’activité industrielle et de prestation de services en élargissant les carnets de commandes des entreprises.
    Toutefois, la loi de finances 2015 prévoit que «les modalités d’application du présent article sont fixées par voie réglementaire». Or, deux mois et demi après l’entrée en vigueur du texte législatif, cette mesure n’est pas encore entrée en application.
    En effet, le texte réglementaire, un décret exécutif, n’a pas encore été promulgué, au moins jusqu’à la date d’hier, même s’il est censé avoir été finalisé. Sera-t-il finalisé, signé et publié au Journal officiel à temps ? Le sera-t-il à court ou à moyen terme ? Car élaboré au niveau d’un groupe de travail représentatif des partenaires socioéconomiques, des banques et des départements ministériels, ce décret doit fixer les conditions exactes ainsi que les modalités de mise en œuvre de la relance.
    Ainsi, le décret attendu définit le type et les conditions du crédit à la consommation, son montant et sa durée. Comme déjà rapporté, le décret prévoirait une durée du crédit de trois à 60 mois, un financement bancaire égal au maximum à 70% du bien à acquérir pour une quotité de remboursement qui ne devra pas dépasser 30% du revenu mensuel.
    Néanmoins, la nature des produits et services éligibles au «crédit-conso» n’est pas encore définie officiellement, tant par ce décret que par le biais d’arrêtés ministériels et interministériels, escomptés en cours de maturation et liés à la promulgation dudit décret. Cela même si les produits électroménagers, électroniques et d’ameublement, les matériaux de construction, voire le véhicule Renault assemblé à Oran, sont réputés concernés.
    En fait, les critères définissant la production éligible, l’identité des entreprises concernées ainsi que le taux d’intégration adéquat ne sont pas encore connus. Cela même si les partenaires socioéconomiques convergent sur le principe de la territorialité, tout ce qui est créé ou assemblé sur le sol algérien méritant le label de produit national comme le relevait récemment un dirigeant du Forum des chefs d’entreprises, ainsi que sur l’inopportunité de fixer un taux d’intégration unique. Or, les banques ne pourront octroyer de tels crédits aux postulants dans la mesure où les produits concernés ne sont pas identifiés et que les conditions financières et modalités pratiques ne sont pas encore précisées.
    Cela même si nombre d’établissements bancaires assuraient l’année dernière de leur disponibilité à mettre en œuvre une telle mesure, étant déjà prêts en termes logistiques et ayant déjà offert des prestations dans ce domaine, durant la période antérieure à l’ordonnance de juillet 2009. Mais l’aptitude des banques à prester concrètement risque d’être encore incertaine, bridée au-delà de leurs capacités d’engagements et aux niveaux de liquidités par le fait que la Centrale des risques d’impayés des entreprises et ménages ne soit pas encore opérationnelle au niveau de la Banque d’Algérie.
    Inscrite dans le processus de modernisation de la gestion des risques, l’installation définitive de la nouvelle Centrale des risques avait été annoncée pour le second semestre 2015. Une échéance que le gouverneur de la Banque d’Algérie avait évoquée à maintes reprises ces derniers temps mais qui s’avère encore incertaine, voire lointaine.
    De fait, l’impulsion d’une telle instance à même de contrôler, freiner le risque d’endettement des ménages s’avère contrainte, au-delà des facteurs logistiques et autres malgré les initiatives de l’autorité bancaire, par l’absence d’engagement réel des pouvoirs publics. Un engagement que le contexte financier et économique actuel, marqué par les velléités du gouvernement de stimuler la production et l’entreprise nationales mais aussi par la baisse accentuée des cours du pétrole, risque en fait de brider. Dans la mesure où les finances publiques sont à l’orange, imposant une gestion rigoureuse et moins dépensière, une visibilité et lisibilité meilleures de la conduite économique mais que les pouvoirs publics peinent cependant à concrétiser, à assumer, le risque de voir la mise en œuvre du crédit à la consommation reportée à terme, voire aux calendes grecques est patent.
    En d’autres termes, le dispositif de rationalisation des dépenses publiques, annoncé par l’exécutif et dont l’application s’avère assez chaotique, pourrait se traduire par une remise en cause tacite, plus ou moins partielle, de la disposition législative. Dans la mesure où des produits éligibles au crédit-conso sont fabriqués localement mais assemblés à partir d’intrants et composants importés, l’exécutif pourrait imposer directement ou indirectement des mesures contraignantes à l’égard de ces importations. Ce que d’aucuns pourraient, certes, interpréter comme indu de la part des pouvoirs publics mais une pratique «normale» au vu des us de la gouvernance économique et financière en œuvre depuis des décades en Algérie.
    En somme, les pouvoirs publics ayant souvent propension à atermoyer, la Centrale des risques n’étant pas encore opérationnelle, la nature des produits éligibles n’étant pas encore publiée, le tout dans un contexte de baisse des cours de l’or noir, la relance du crédit à la consommation n’interviendra pas de sitôt.
    C. B.

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    Post «En prévision d’un assèchement de la liquidité, la Banque d’Algérie est en train de

    Actualités :A la une Economie
    le 19 Avril 2015

    Abderrezak Trabelsi. Délégué général de l’Abef
    «Les banques ne sont plus en situation de surliquidité»



    trabelsi-cl_2603097_465x348.jpg

    Abderrezak Trabelsi

    «En prévision d’un assèchement de la liquidité, la Banque d’Algérie est en train de mettre en place un instrument qui existait et que l’on a un peu oublié, le refinancement.»

    L’Algérie se prépare à faire face aux retombées du choc pétrolier qui grève lourdement les ressources depuis la chute des cours, en juin de l’année dernière. Il est clair que les réserves de change fondent et que les déficits du Trésor risquent de se creuser encore plus.
    Cependant, si les pouvoirs publics pensent à recourir aux financements bancaires pour maintenir certains de leurs projets d’équipements publics, il n’en demeure pas moins que la sphère bancaire risque, elle aussi, d’être touchée. Il y a quelques semaines, le gouverneur de la Banque d’Algérie lançait l’avertissement suivant : si les ressources des banques n’ont pas encore été affectées par la contraction des revenus induits par l’activité du secteur des hydrocarbures, elles vont l’être à partir de 2015.

    Le délégué général de l’Association professionnelles des banques et établissements financiers (ABEF), Abderrezak Trabelsi, est quant à lui plus tranchant. Dans un entretien à bâtons rompus, M. Trabelsi pense que le marché bancaire n’est plus en surliquidité. Il estime certes que le marché ayant fait face à des surliquidités structurelles durant de nombreuses années, induites par les dépôts du secteur des hydrocarbures et du produit de la fiscalité pétrolière injecté dans le circuit et alimenté par un baril à plus de 110 dollars, la situation a aujourd’hui changé.
    Le fait que des transactions ont été enregistrées sur le marché interbancaire il y a un peu plus de deux mois démontre que le marché n’est plus en situation de surliquidité. Le délégué général de l’ABEF précise aussi qu’«en prévision d’un assèchement plus accru de la liquidité, la Banque d’Algérie est en train de mettre en place un instrument qui existait et que l’on a un peu oublié, le refinancement». Il précise ainsi que la Banque d’Algérie se prépare à rouvrir les canaux de refinancement et qu’«un nouveau texte — qui n’a pas encore été publié mais a été approuvé par le Conseil de la monnaie et du crédit — redéfinit les règles d’accès au refinancement».
    Equipements publics VS entreprise…
    M. Trabelsi explique dans ce sens que cela ne veut en aucun cas dire que des banques sont défaillantes ou risquent de l’être, mais que la place bancaire va de plus en plus se diriger vers un fonctionnement normal et que les banques devront désormais assurer la fonction qui est la leur : chercher de la ressource pour financer le crédit.
    De même qu’il estime qu’en rouvrant les canaux de réescompte et de refinancement des effets des banques, la Banque d’Algérie, par le biais de la politique monétaire, aura un effet sur l’économie réelle. Il va sans dire que la Banque d’Algérie, en tant qu’autorité monétaire qui accompagne une politique économique, aura une incidence sur le financement des activités économiques. Interrogé sur le cas du financement des opérations d’importation, M. Trabelsi explique que ces dernières ne sont pas éligibles au réescompte et au refinancement par la Banque d’Algérie, qui agira désormais en tant que prêteur en dernier recours.
    De même qu’il estime qu’il est normal de voir la Banque d’Algérie agir en tant qu’accompagnateur d’une politique économique qui a pour objectif d’inciter au financement des investissements productifs au détriment des importations. C’est ainsi que la Banque d’Algérie a édicté, en décembre, un règlement divisant pas deux le plafond des engagements externes des banques ainsi qu’un règlement, au mois d’avril 2014, tendant à rendre moins rentable le financement des importations, visant à inciter les banques à financer l’investissement.
    Il va sans dire qu’à l’orée de la crise, les banques de la place sont appelées à jouer un rôle dans le financement d’une partie des programmes d’équipement public. Le délégué général de l’ABEF explique ainsi qu’avec la diminution des ressources budgétaires, les pouvoirs publics ont opté pour une rationalisation des dépenses avec un recours au financement bancaire. «Or, les ressources du crédit bancaire sont là pour financer l’économie réelle, à savoir les entreprises publiques et les entreprises privées», a-t-il estimé.
    Relèvement des taux d’intérêt
    Selon M. Trabelsi, les banques sont aujourd’hui face au défi de mobiliser de nouvelles ressources pour pouvoir financer les équipements publics de l’Etat et continuer à financer les entreprises aussi bien publiques que privées. Sans cela, poursuit-il, il risque d’y avoir un phénomène d’éviction de certaines opérations jusque-là couvertes par le crédit bancaire.
    M. Trabelsi rappelle que la circulation fiduciaire a atteint plus de 37 milliards de dollars et, pour que les banques puissent mobiliser ces ressources, elles doivent être dotées d’outils leur permettant d’offrir des incitations aux épargnants. Ce qui passera certainement par un relèvement des taux d’intérêt créditeurs pour attirer les épargnants et pas forcément des taux débiteurs, pour ne pas gêner l’activité économique. Il estime que la mobilisation de ressources nouvelles permettra de réduire son coût, ce qui permettra de limiter la hausse des taux d’intérêt débiteurs. Quoi qu’il en soit, M. Trabelsi considère que la sphère bancaire ne peut, à elle seule, répondre aux besoins de financement du marché.
    Il estime ainsi nécessaire le développement d’un marché financier. S’il dément les rumeurs selon lesquelles l’opération de rachat de Djezzy aurait contribué, à elle seule, à assécher la surliquidité bancaire, M. Trabelsi estime qu’il aurait préféré voir cette opération passer par le marché financier par l’émission d’obligations qui aurait sans doute éveillé l’intérêt des opérateurs pour un secteur très rentable. Il affirme que les pouvoirs publics ont une lourde responsabilité et qu’ils se doivent de donner un signal fort en introduisant de grandes entreprises publiques et des banques en Bourse.
    Il reconnaît toutefois que le marché financier ne peut se développer tant que le crédit bancaire demeure bon marché. Interrogé sur la capacité des banques à poursuivre le financement de crédits à taux bonifiés, notamment dans le cadre des dispositifs d’aide à l’emploi, le délégué de l’ABEF estime que la question se pose en termes de capacités du Trésor public, dans la situation actuelle, à supporter le coût de la bonification. Il note, dans ce sens, que ces dispositifs d’emploi aidés n’ont pas pour vocation de durer, mais juste d’amorcer la machine économique et qu’ils devront à terme s’arrêter.
    En tout état de cause, M. Trabelsi pense que toute politique économique se doit de se centrer sur l’entreprise car «c’est l’entreprise qui fait l’économie» et que «les pouvoirs publics ainsi que l’autorité monétaire ont pour mission d’édicter des règles et de mettre en place des incitations afin de faciliter l’activité des entreprises qui investissent et produisent au détriment des importateurs». «On est loin de cette situation», conclut-il.

    Roumadi Melissa



    Dernière modification par zadhand ; 19/04/2015 à 22h55. Motif: «En prévision d’un assèchement de la liquidité, la Banque d’Algérie est en train de mettre en place un instrument qui existait et que l’on a un peu oublié, le refinancement.» L’Algérie se prépare à f
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    Post Main basse sur les terres agricoles

    Actualités :A la une Economie
    le 15 Mai 2015|10h00
    Alger
    Main basse sur les terres agricoles
    Le Plan d’aménagement urbain prévoit d’urbaniser 8000 hectares de terres agricoles. Le ministère de l’Agriculture s’y oppose. Le bras de fer n’est pas terminé.

    terre-agricole_2603996_465x348.jpg
    De 2003 à 2014, Alger a perdu 6163 hectares, soit 17% de la SAU. A quoi ont-ils servi ? 80% ont été utilisés pour le logement

    «Je militerai pour préserver ce qui reste des terres agricoles d’Alger que l’on tente de déclasser. Je camperai sur ma position et je défendrai cela jusqu’au bout en refusant de céder ces terres tel que l’exige le Plan directeur d’aménagement urbain. Nous avons émis un avis défavorable aux prévisions proposés».
    Labidi Hamdaoui, directeur des Services agricoles et du développement rural d’Alger, est un homme en colère. Il s’oppose aux prévisions du Plan directeur d’aménagement urbain (PDAU), encore non approuvé, qui prévoit d’urbaniser 8104 hectares de terres agricoles dans 10 circonscriptions administratives (Baraki, Birtouta, Bir Mourad Raïs, Bouzaréah, Chéraga, Dar El Beida, Draria, El Harrach, Rouiba et Zéralda).
    Au total, 37 communes d’Alger sont concernées. Les plans détaillés du PDAU étaient affichés dans les APC pour informer les habitants de la commune et de s’y opposer si nécessaire. Cette étape, dite phase d’enquête publique, a pris fin le 31 mars dernier, selon la loi 90-89 portant aménagement et urbanisme qui accorde 45 jours pour d’éventuelles observations des citoyens. «Les citoyens sensibilisés ont demandé les plans pour savoir si leurs terres agricoles seront urbanisées ou non. Ils ont le droit de s’y opposer, explique Akli Amrouche, architecte urbaniste.
    Comme nul n’est censé ignorer la loi, il pourrait y avoir un passage en force des autorités». En d’autres termes, si les citoyens n’émettaient pas d’avis défavorable sur l’urbanisation, la décision passera. A la direction des services agricoles (DSA), on déplore que les APC aient «affiché les cartes telles qu’elles existent initialement, c’est-à-dire à la base des 8000 hectares et pas ramenées aux 2000 comme le veulent les services de l’agriculture. Les APC n’ont pas tenu compte de nos observations. Nous avons saisi les autorités locales afin qu’elles se ressaisissent», affirme M. Hamdaoui. Dans le cadre du PDAU, on estime que cette nouvelle orientation répond à ce qui a été signé en avril 2012 entre la direction des services agricoles et la direction de l’urbanisme et de l’habitat d’Alger.
    Selon le rapport d’orientation sur le PDAU d’Alger, il est convenu de la nécessité de protéger les terres agricoles, de définir une réserve agricole fondamentale pour assurer la sécurité alimentaire des Algérois, et surtout de limiter la réalisation de constructions dans les zones agricoles. Ces limitations doivent être fortes dans les zones du littoral et de la Mitidja et plus souples dans le Sahel où les sols sont relativement moins productifs.

    Pression

    Le principe retenu était donc : zéro hectare de terres agricoles pour l’urbanisation. «Une hypothèse très contraignante pour le développement de la wilaya, mais c’est un mal nécessaire», selon Labidi Hamdaoui qui a décidé de ne plus céder. Une option qui ne peut être respectée, de l’avis d’Akli Amarouche qui évoque «des pressions à un haut niveau exercées par des hommes d’affaires qui ne cherchent que le business». «Sur ce point, rien n’est encore clair.
    Ce serait une grande bêtise si on changeait d’avis. Il faudra résister», explique l’urbaniste. A l’élaboration du PDAU, l’ancien wali d’Alger, Mohamed Abou, avait été catégorique : aucun hectare de terre agricole ne sera cédé à l’urbanisation. Mais MM. Hamdaoui et Amarouche affirment que l’actuel wali «ne l’entend pas de cette oreille». «Le wali actuel ne veut rien savoir, il veut les 8000 hectares», déplore le directeur des services agricoles.
    Et de continuer : «Nous sommes en discussions ; sur les 2000 hectares que nous allons céder, le tout sera ramené à 500 ou 1000 hectares dans la mesure où les terres déjà consommées dans le cadre du PDAU seront comptabilisées. Actuellement, nous travaillons sur la carte définitive. On leur identifiera les extensions possibles inférieures à 2000 hectares par commune. Ils accepteront difficilement certes, c’est une équation difficile et un choix douloureux à faire. C’est l’avenir de nos enfants qui sera hypothéqué. J’estime que je suis raisonnable», insiste M. Hamdaoui.
    L’Algérois, issu pourtant d’une ville initialement agricole, est classé parmi les derniers en matière de surface agricole par habitant (SAU). On enregistré 0,01 hectare/ habitant (équivalant 100 m2), alors que la moyenne nationale est de 0,25 hectare. «En comparaison avec les villes voisines, nous constatons qu’Alger possède le plus faible ratio de surface agricole», déplore M. Hamdaoui. Autre indicateur inquiétant : il y a de plus en plus de déperdition des terres agricoles. De 2003 à 2014, Alger a perdu 6163 hectares, soit 17% de la SAU.
    A quoi ont-ils servi ? 80% ont été utilisés pour le logement. Ils s’ajoutent aux 3863 ha au titre des diverses expropriations (parc Dounia, barrage de Douéra, nouvelle ville Sidi Abdellah et d’autres infrastructures routières…). Pourtant, Alger est classée dans la catégorie A1 et A2, celles des meilleures terres à haute potentialité, irriguées et irrigables.
    En matière de production, en 2013, elle est en 10e position en maraîchage,
    6e en agrumes et 12e en pomme de terre.

    Révision

    En 2014, Alger couvrait ses besoins à 66% en matière de maraîchage et 44% pour la pomme de terre. «Nous avons demandé à revoir le tableau des superficies à urbaniser, car cela aggravera la déperdition des terres agricoles, c’est le quart du potentiel qui sera encore perdu», explique encore M. Hamdaoui.
    La direction des services agricoles d’Alger propose alors, dans le but de concilier l’obligation de préserver les terres agricoles et respecter l’impératif de réalisation du programme public à travers le plan stratégique de modernisation de la capitale, de se pencher sur le scénario développé par l’expert Benaïssa, consultant auprès de la wilaya d’Alger, de requalification du tissu urbain existant. Une option que Djamel Chorfi, président du Conseil national de l’ordre des architectes algériens défend aussi : «Il faut construire la ville sur la ville». «Le principe est simple, il y a un foncier invisible à Belcourt et Hussein Dey.
    Des hangars abandonnés, des dépôts, des anciennes usines et casernes non opérationnels qui représentent des centaines d’hectares pouvant être récupérés pour les projets de la wilaya». Car, pour M. Chorfi, la ville ce n’est pas seulement du «logement», y a lieu de créer des espaces publics. Un objectif aussi tracé par la Direction générale de la Ville dans le cadre du PDAU. Dans le triangle d’Hussein Dey, «il existe des activités à supprimer pour créer des friches industrielles et prévoir une régénération urbaine», apprend-on. A Hussein Dey justement, les abattoirs devraient abriter d’ici à quelques années les nouveaux sièges de l’APN et du Sénat, alors que les sièges actuels seront transformés en musées,
    affirme une source proche du dossier.

    Mais, selon M. Chorfi, il ne s’agit pas seulement de répondre à une pression sociale pour construire des logements et équipements, mais de répondre à un «lobby politico-économique foncier». Chorfi est catégorique : aujourd’hui, le PDAU n’est toujours pas approuvé, il est dépassé et ne peut correspondre à la réalité. Selon lui, il y a eu consommation d’espaces que le PDAU avait pourtant intégrés dans ses projets. Résultat : lorsque le PDAU sera finalisé et adopté,
    il pourrait ne pas trouver les assiettes foncières choisies.


    Plan Mort-né


    Car, entre-temps, certains fonciers dégagés par le PDAU ont déjà été exploités par d’autres hommes d’affaires ou par nécessité avec l’aval de la wilaya. «En l’absence d’un PDAU, il est interdit de délivrer des permis de construire. Il fallait tout bloquer en attendant l’adoption de ce plan. Ce qui n’a pas été fait. Les données du PDAU ont déjà été consommées avant même que ce dernier ne voie le jour. C’est un PDAU mort-né», argumente-t-il.
    Pour Djamel Chorfi, le problème du foncier pourrait être résolu en utilisant les assiettes récupérées dans les opérations de relogement. Même si la Direction générale de la ville dit adhérer à l’option zéro hectare pour l’urbanisation, une source affirme que les projets de 40 000 logements avec équipements sont implantés sur des terrains agricoles. Au total, 19 sites représentant 614 hectares ont fait l’objet de déclassement par décret en 2011.
    Les travaux sont en cours. Il s’agit des terres de Ouled Fayet, Khraïssia, Baba Hacen, Gué de Constantine, Birkhadem, Aïn El Malha, Djnan Essfari et Baraki, intégrées dans le PDAU. «L’Opéra d’Alger à Ouled Fayet et la cité dont les travaux sont entamés face à ce projet sont implantés sur des terres agricoles», affirme Akli Amarouche. Pour cet architecte urbaniste, le ministère de l’Habitat choisit toujours les sites les plus accessibles, les plus faciles à construire, ceux présentant le moins de problèmes d’expropriation et les moins accidentés.
    Et, malgré cela et compte tenu de la rareté du foncier, une partie du programme de logements d’Alger, affirme une source, est implantée à Blida et Boumerdès. «Sur les 8000 hectares que le PDAU propose, il est question d’implanter des équipements publics tels que les collèges, les lycées, les centres de santé, les cités AADL et LPP et des stades», affirme Gaouaoui Mohamed Yazid, directeur d’urbanisme et d’architecture et de construction de la wilaya d’Alger. Est-il possible d’arracher par la force ces terrains ? «Je ne le pense pas, la loi nous protège, et dans le cas où les autorités venaient à passer en force, je me serais au moins opposé pour le principe», conclut Labidi Hamdaoui.

    Nassima Oulebsir




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    Post Dépréciation du dinar

    Actualités/A la une Economie
    le 20 Mai 2015|15h55
    Les explications de la Banque d'AlgérieDépréciation du dinar

    La Banque d'Algérie "doit choisir entre réduire les importations et appauvrir les ménages ou laisser les ménages consommer comme ils le font habituellement et tant pis pour les importations".

    dinars_2604149_465x348.jpg


    La dépréciation de la monnaie nationale, depuis ces derniers mois, est due essentiellement à la baisse des prix de pétrole, a indiqué à l'APS un responsable auprès de la Banque d'Algérie, rappelant que le taux de change du dinar est soumis exclusivement au régime flottant dirigé.
    Depuis juin 2014, le dinar s'est déprécié, accentuant ses pertes face au dollar suite à la chute de prix de pétrole. Selon les chiffres de la Banque centrale, le taux de change moyen du dinar par rapport au dollar s'établissait à 93,24 DA à la fin mars 2015 contre 77,9 DA une année auparavant.
    La Banque d'Algérie ajuste le taux de change nominal du dinar de façon à ce que le taux de change réel soit à son niveau d'équilibre qui est déterminé par les fondamentaux de l'économie nationale que sont le prix de pétrole, le différentiel de l'inflation et de la productivité entre l'Algérie et ses partenaires étrangers, explique la même source. D'ailleurs, le FMI relève que la Banque d'Algérie a réussi, depuis 2003, à situer le taux de change de la monnaie nationale à son niveau d'équilibre.

    Interrogé sur la différence entre une dépréciation et une dévaluation, le même responsable explique qu'il est "insensé" de parler de dévaluation du dinar du moment que le taux de change de ce dernier est soumis au régime flottant dirigé.
    Autrement dit, le régime flottant dirigé ne peut "cohabiter" avec la dévaluation.

    "Il y a confusion de concepts. Dans un régime de change flottant, il s'agit de l'appréciation ou de la dépréciation d'une monnaie. Il ne peut être opéré une dévaluation ou une réévaluation que dans un régime à taux fixe", affirme-t-il. Qui plus est, poursuit-il, il n'est pas dans l'intérêt de l'Etat de procéder à une dévaluation du dinar du fait qu'une telle opération aurait alourdi les dépenses publiques et accentué l'inflation importée.

    Une dévaluation du dinar aurait engendré, selon lui, une hausse des prix de produits de première nécessité importés, qui sont soutenus par l'Etat tels les céréales et le lait, et donc une "explosion" de la facture des subventions. "La Banque d'Algérie cherche l'équilibre entre deux objectifs contradictoires: Freiner les importations et préserver le pouvoir d'achat des citoyens", souligne la même source qui relève la difficulté de cet arbitrage pour la Banque centrale.

    La Banque d'Algérie "doit choisir entre réduire les importations et appauvrir les ménages ou laisser les ménages consommer comme ils le font habituellement et tant pis pour les importations", note-t-il.

    Pour lui, la dépréciation est le résultat des conditions économiques du pays, caractérisées par une baisse drastique des cours de pétrole qui est le déterminant le plus important dans l'établissement de la valeur de la monnaie nationale: "Lorsque le prix de pétrole chute, il faut s'attendre à ce que le dinar se déprécie".

    En outre, explique-t-il, les banques centrales, de par le monde, recourent à la dévaluation de leur monnaie dans le but de rendre leurs exportations moins chères et, donc, plus attractives. "Or, l'Algérie, qui n'exporte que des hydrocarbures, n'est pas dans ce cas de figure. Pour dévaluer, il faut en tirer profit comme celui d'encourager les exportations, mais nous n'exportons presque rien en dehors des hydrocarbures", précise-t-il.

    APS

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    Post Vimpelcom désigne Ghada Gebara à la tête de Djezzy

    Actualités/A la une Economie
    Le 15.06.15 | 16h58 | mis à jour le 15.06.15 | 18h38


    Vimpelcom désigne Ghada Gebara à la tête de Djezzy


    Le groupe Vimpelcom vient d’annoncer la nomination de Ghada Gebara au poste de Directeur Général (CEO) de l’opérateur de téléphonie mobile Optimum Telecom Algérie (OTA),
    qui commercialise la marque Djezzy.


    ghada-ph_2605060_465x348.jpg

    La nouvelle DG, de nationalité française, travaillera en étroite collaboration avec Vincenzo Nesci qui occupe le poste de PDG Orascom Telecom Holding (OTH) et président exécutif Djezzy, selon un communiqué de Vimpelcom rendu public aujourd’hui lundi.

    Jean Yves Charlier, le Directeur Général de Vimpelcom espère que la nomination de Ghada Gebara, grace à son expérience et sa connaissance du secteur vont permettre de booster les "opérations en Algérie en stimulant la croissance et l'amélioration" de la performance de Djezzy.

    Avant de rejoindre Djezzy, Ghada Gebara était PDG de l'opérateur mobile irakien, Korek Telecom, depuis Août 2011 et PDG de Digicel en Haïti de 2005 à 2007,
    selon un communiqué rendu public aujourd’hui lundi.


    L’opérateur Djezzy est détenu à hauteur de 51 % par l’Etat algérien
    contre 49 % pour le russo-norvégien Vimpelcom.


    Dernière modification par zadhand ; 15/06/2015 à 19h16. Motif: Vimpelcom désigne Ghada Gebara à la tête de Djezzy
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    Post La dévaluation du dinar pèse sur votre porte-monnaie

    Actualités/A la une Economie
    Le 19.06.15 | 10h00
    La dévaluation du dinar pèse sur votre porte-monnaie



    Contrairement aux assurances du gouvernement, les prix se sont envolés

    La valeur du dinar ne cesse de baisser sur les marchés des changes internationaux. Avec la conjoncture économique actuelle dans le pays, suite à la baisse des prix du baril sur les marchés pétroliers, les responsables de la Banque d’Algérie n’ont pas trouvé, apparemment, d’autres solutions que de «dévaluer le dinar».


    L’impact de cette manipulation monétaire se répercute directement sur les citoyens, car selon le président de l’Association de protection des consommateurs, Mustapha Zebdi, «chaque dépréciation de la monnaie a un impact négatif direct sur le pouvoir d’achat, surtout quand il s’agit de produits importés. Nous avons constaté, ces dernières années, qu’il y a eu une importante fluctuation des prix pour certains produits importés et même des produits nationaux et dont la majorité de la matière première est importée.
    Le consommateur est le seul à payer cette dépréciation, car c’est une rente de plus pour le Trésor public, et pour l’opérateur économique, il ajoute la différence sur le prix, c’est pour ça que nous avons adhéré fortement à l’initiative du ministère du Commerce pour pousser les gens à consommer algérien». Selon l’expert financier Lyes Kerrar, «le prix du baril du pétrole a baissé de 40%, ce qui signifie une baisse de 40% des rentes en devise dans les caisses de l’Etat.
    L’exportation des hydrocarbures est la seule rente en devise pour notre pays, et en terme de monnaie, il est relativement logique que la Banque d’Algérie dévalue le dinar. C’est une manière aussi de baisser les importations, car les produits reviennent chers au consommateur et automatiquement la demande va baisser. Ainsi, les Algériens seront obligés de consommer le produit local». Une flambée des prix a éventuellement été constatée sur les produits importés, surtout avec le début du mois de Ramadhan. L’économiste Mourad Ouchichi affirme : «Cette manœuvre du gouvernement est bénéfique pour les producteurs locaux
    qui exportent leurs produits vers l’étranger.

    Impacts
    C’est aussi un moyen pour le gouvernement d’assumer les déficits des entreprises publiques. Mais ce qui est négatif dans cette manœuvre, c’est l’inflation des prix sur les marchés qui vont directement se répercuter sur la bourse du citoyen. Le pouvoir d’achat va automatiquement baisser.» Les prix des produits alimentaires, notamment les fruits et légumes, ont atteint des niveaux bien hauts.
    «Les prix de certains produits ont doublé ces dernières semaines, il est vrai que lors de chaque mois de Ramadhan, on ressent cette augmentation, mais cette fois-ci, les prix ont dépassé toutes les lignes rouges, même les produits ne se vendent pas comme avant», se plaint ce commerçant. C’est l’un des impacts directs de la dépréciation du dinar : réduire la demande sur le marché afin de réduire aussi les importations et consommer le produit local.
    Pour l’économiste Lyes Kerar, «encourager la production locale, c’est une bonne chose, mais ce n’est pas toujours évident, car, aujourd’hui, pour qu’un industriel puisse avoir toutes les autorisations pour se lancer dans la production, il lui faut faire face à la lenteur de l’administration, il faut prendre ce problème au sérieux et faciliter aux industriels la tâches afin de pouvoir produire localement». En attendant de voir de combien notre monnaie va être dévalué, les producteurs locaux ont une chance en or pour se lancer dans l’exportation de leurs produits, surtout avec les accords passés par l’Algérie avec les pays de l’Afrique, à condition de produire de la qualité pour faire face à la concurrence.


    Bouzid Ichalalene
    Dernière modification par zadhand ; 20/06/2015 à 00h30. Motif: La dévaluation du dinar pèse sur votre porte-monnaie
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    Post Limitation des importations, crédit à la consommation et solvabilité financière exte

    Actualités/A la une Economie
    Le 20.06.15

    Limitation des importations, crédit à la consommation et solvabilité financière externe


    Par Farouk Nemouchi, universitaire

    L’éclatement de la bulle pétrolière depuis janvier 2014 a mis, une fois de plus, à nu la grande vulnérabilité de l’économie nationale. Après avoir été excédentaire durant plus d’une décennie, le solde global de la balance des paiements enregistre un déficit en 2014 et les prévisions laissent présager un scénario qui menace la solvabilité financière externe de l’Algérie mesurée par le niveau de ses réserves de change.

    Pour ne pas avoir tiré les leçons de la crise de 1986 et du choc pétrolier intervenu en 2009, le pays s’apprête à entrer à nouveau dans une zone de turbulences en raison d’un basculement d’une situation de capacité de financement à un état de besoin de financement. Si le nombre de mois d’importations couvert par les réserves de change devient à inférieur à un trimestre, le risque de cessation de paiement et le recours à l’endettement extérieur sont des éventualités plus que probables. Pour faire face à cette crise, le gouvernement a pris deux types de mesures : la réduction des importations à travers le système de contingentement, d’une part, et l’introduction du crédit à la consommation, d’autre part. Pour apprécier la pertinence et l’efficacité de cette démarche, il convient de s’interroger sur son opportunité par rapport au contexte réel de l’économie nationale. Ignorant les nombreux signaux d’alerte sur la survenue d’un effondrement du marché pétrolier depuis au moins cinq ans, le gouvernement a poursuivi l’application d’une politique budgétaire expansionniste.
    Cette politique a favorisé une croissance économique tirée principalement par la consommation des ménages et la consommation publique. Ces deux composantes du produit intérieur brut représentaient 53,86% en 2013. Les commandes de l’Etat en relation avec les projets d’infrastructures ont fortement affecté le poste importations de services dont le montant a dépassé en moyenne les 11 milliards de dollars par an sur la période 2009-2014.
    Le volume important de cette facture payée en devises est la conséquence d’un recours abusif aux firmes étrangères dans le domaine de l’étude, du conseil, de l’engineering et de la réalisation. En l’absence d’une production nationale de biens et services, les importations se sont imposées comme la seule voie pour la satisfaction de la demande intérieure. Au lieu de saisir l’occasion offerte par la hausse de la demande pour construire un modèle économique de substitution à l’importation, les responsables algériens ont choisi la solution de la substitution des importations aux produits locaux.
    Cette alternative a été rendue possible grâce à une libéralisation commerciale induite par l’adhésion de l’Algérie à l’article VIII des statuts du FMI et la signature des accords d’association avec l’Union européenne (UE). La politique d’ouverture économique vers l’extérieur est une nécessité imposée par la mondialisation économique. Cependant, dans le cas de l’Algérie, cette ouverture est intervenue dans le contexte d’une économie de rente et mono-exportatrice. Elle a produit des effets dévastateurs qui peuvent empirer si le processus d’adhésion au sein de l’OMC se concrétise.
    Force est de constater que la politique économique fondée sur la dépense publique a détérioré la balance courante et a aggravé l’insertion passive de l’économie nationale dans l’économie mondiale. Elle a également montré les limites d’une libéralisation commerciale qui n’a pas produit des retombées positives sur la croissance économique.
    Le déficit de la balance des transactions courantes qui constitue le principal poste de la balance des paiements est le premier facteur responsable de la diminution des réserves de change. Le deuxième poste susceptible d’améliorer le solde global de la balance de paiement et d’influer positivement sur les réserves de change est le compte financier.
    Ce dernier enregistre les flux financiers, notamment sous forme d’investissements directs étrangers entre un pays et le reste du monde. En Algérie, le compte financier témoigne de la grande faiblesse des flux de capitaux en provenance de l’étranger et dévoile la déconnection de l’économie algérienne vis-à-vis du système financier international. Si l’on excepte le secteur des hydrocarbures, la politique d’attractivité des investissements directs étrangers n’a jamais été un objectif de stratégie économique nationale. En fixant la part de participation d’un investisseur étranger dans une société de droit algérien à 49%, le gouvernement érige un obstacle supplémentaire à l’afflux de capitaux étrangers.
    Le motif avancé pour justifier l’adoption de la règle dite 51/49 vise à garantir la souveraineté économique du pays. Cette explication est légitime si l’objectif recherché est la protection des richesses non reproductibles comme le pétrole et le gaz car elles sont la propriété des générations présentes et futures.
    Elle se justifie également si elle s’applique aux investissements de portefeuille car ces derniers peuvent conduire à une instabilité financière.
    En revanche l’élargissement de la règle 51/49 aux firmes étrangères qui sont disposées à investir dans les activités de production de biens et services est un paradoxe. Les afflux de capitaux étrangers sous forme d’investissements directs sont les bienvenus lorsqu’ils stimulent la production nationale, diminuent le chômage, développent le potentiel technologique et diversifient les exportations. Cette catégorie d’investissements contribue aussi à la hausse du solde global de la balance des paiements et par conséquent celle des réserves de change.
    Dans la plupart des pays, des politiques sont mises en place pour attirer les capitaux étrangers : c’est le cas de la Chine communiste qui est devenue la première destination des investissements directs étrangers (IDE) dans le monde et des pays émergents.
    Le gouvernement algérien semble avoir une autre opinion sur la question et il serait intéressant de savoir si celle-ci est fondée objectivement. Les partisans de la règle 51/49 doivent faire la démonstration de son efficacité économique à travers une évaluation basée sur des critères quantifiables.
    S’il s’avère que cette mesure a entraîné une augmentation de la valeur ajoutée des entreprises et donc celle du PIB, le niveau de l’emploi, diversifié la production, consolidé la solvabilité externe, les citoyens ne peuvent que souscrire à une démarche inspirée réellement par un élan de patriotisme économique. Si en revanche elle a porté préjudice à l’économie du pays, alors la règle 51/49 demeure un slogan vide de sens et repose sur des présupposés idéologiques qui nuisent à la souveraineté économique. Sur le plan financier, elle prive le pays de la possibilité de compenser même partiellement le déficit de la balance des transactions courantes et de maintenir ses réserves de change à un niveau acceptable. Depuis son entrée en application en 2009, les IDE ont baissé de 3,47 milliards de dollars en 2010 à 1,96 milliards de dollars en 2013 alors que les revenus transférés principalement sous forme de dividendes ont augmenté de 5,891 milliards dollars à 7,995(1) milliards de dollars. Sur le plan économique la règle 51/49 suppose que les entreprises algériennes possèdent les atouts qui leur permettent de jouer les premiers rôles en tant qu’actionnaires majoritaires et ont les capacités de s'intégrer dans un système productif qui repose de plus en plus sur le processus de la chaîne mondiale de valeur.
    Une autre disposition juridique plus énigmatique que la règle 51/49 est le règlement n° 14-04 du 29 septembre 2014 adopté par la Banque d’Algérie et qui autorise le transfert de capitaux au titre de l’investissement à l’étranger par les opérateurs économiques de droit algérien. Cette décision laisse entendre que nos entreprises connaissent une forte croissance et éprouvent le besoin de se développer à l’échelle internationale alors qu’en réalité la grande majorité d’entre elles sont de faible taille et ne parviennent pas à dépasser le stade de la propriété familiale. Sur le plan financier, ce règlement légalise la sortie de capitaux et consacre une libéralisation partielle du compte financier dans un sens qui a pour effet de réduire les réserves de change. Comment peut-on défendre la souveraineté économique nationale lorsqu’on introduit des mécanismes juridiques qui créent des obstacles aux rentrées de capitaux et encouragent leur sortie ?
    L’attachement à cette souveraineté doit se traduire par des décisions qui préservent la solvabilité externe de l’Algérie et lui évitent la dépendance à l’égard des institutions et des marchés financiers internationaux. Il s'agit notamment de lutter contre les pratiques qui encouragent les sorties illicites de capitaux, principalement par le truchement de la facturation commerciale frauduleuse. Les transferts illicites cumulés entre 2003 et 2012 sont estimés à 15,753 milliards de dollars(2).
    La deuxième mesure phare prise par le gouvernement pour faire face aux déséquilibres financiers externes est l’introduction du crédit à la consommation en faveur des biens et services produits localement. L’objectif déclaré est la promotion de la production nationale et donc la réduction des importations. Le crédit à la consommation est-il la réponse appropriée pour stopper le déclin du secteur industriel qui représente moins de 5% du PIB en 2013 ? Historiquement cette technique de financement des ménages a été introduite pour soutenir la demande. Elle a été inaugurée par les entreprises et les grandes enseignes de la distribution aux Etats-Unis ; ensuite les banques ont contribué à sa généralisation. Le crédit à la consommation est donc une technique de financement des ménages pour acquérir des biens durables et un moyen qui permet aux entreprises d’écouler leur production. Ainsi le crédit à la consommation ne précède pas la production mais l’accompagne. L’économie algérienne n’est pas confrontée à un problème de mévente de la production des entreprises nationales ou d’insuffisance de la demande.
    La faiblesse réside du côté de l’offre qui demeure rigide en raison de multiples obstacles. Les entreprises doivent investir et pour cela elles ont besoin de crédits d’investissement. Cependant l'augmentation des investissements et la recherche des financements à travers une plus grande intervention des banques ne sont pas une condition suffisante pour le développement de l'industrie manufacturière. Le développement financier ne garantit pas la croissance économique si la volonté de modifier en profondeur l’environnement institutionnel et de promouvoir une économie de production n’est pas réelle.
    Si les entreprises nationales sont éligibles au crédit à la consommation quel que soit leur taux d’intégration, les investissements vont s’orienter vers les segments à faible valeur ajoutée. Ainsi au lieu de financer la production nationale, le financement de la consommation profitera davantage aux fournisseurs étrangers de matières premières et autres intrants nécessaires à la production. Enfin il n’est pas certain que les ménages vont adopter massivement ce type de financement pour acquérir des équipements. Leur épargne est déjà affectée par les remboursements liés au crédit immobilier et par la perte de pouvoir d’achat. Il y a risque de surendettement et il faut prendre des mesures pour y faire face. La Banque d’Algérie peut d’ores et déjà contraindre les banques à communiquer aux emprunteurs le taux effectif global qui reflète le coût réel du crédit et publier le taux excessif prévu par la réglementation. La limitation des importations et le crédit à la consommation relèvent d’une gestion d’ordre administratif et technique alors que les déséquilibres macro-financiers qui affectent l’économie algérienne exigent des solutions durables à travers la mise en œuvre de politiques structurelles. La préservation de la solvabilité externe du pays passe par le lancement de réformes audacieuses qui visent en premier lieu à accroître la satisfaction de la demande intérieure, ensuite conquérir les marchés extérieurs. La réalisation de ces objectifs stratégiques peut s’appuyer sur les investissements étrangers qui apportent des ressources financières et le savoir technologique. Les entreprises ont surtout besoin d'un climat des affaires propice à la création de richesses pour augmenter l’offre de biens et services. L’objectif ultime de ce changement est la remise en cause d’un système rentier qui a produit des mœurs et des comportements contradictoires avec le développement économique et le progrès social. Il est encore possible de surmonter la crise, mais si les réformes sont renvoyées une nouvelle fois aux calendes grecques, elles seront imposées et enfantées dans la douleur comme cela a été le cas avec la crise pétrolière de 1986.
    F. N.

    (1) Banque d’Algérie, rapport annuel 2013.
    (2) Global financial integrity, Illicit Financial Flows from Developing countries : 2003-2012.

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    Re : La dévaluation du dinar pèse sur votre porte-monnaie

    Le dinar algérien à son plus bas niveau
    Le dinar algérien poursuit sa décente aux enfers. Hier, la monnaie nationale a touché un nouveau plus bas historique face au billet vert, à 101,95 dinars pour un dollar. Jamais depuis l’indépendance le dinar n’est descendu à un tel niveau face à la monnaie américaine.*Face à la monnaie unique européenne, il ne fait pas mieux : à 113,26 dinars pour 1 euro, il est à son niveau le plus bas en glissement annuel (52 semaines). Cet excès de faiblesse du dinar est en partie lié à la baisse des prix du pétrole. Les hydrocarbures représentent plus de 95 % des exportations algériennes.La valeur du dinar est de ce fait étroitement liée au cours du brut. Or, ces derniers ont perdu plus de 50% en un an.*Actuellement, le baril est à son niveau le plus bas depuis six ans. D’ailleurs, l’Algérie n’est pas le seul pays pétrolier qui a vu sa monnaie baisser ces derniers mois. Hormis l’Arabie saoudite, la quasi-totalité des pays pétroliers ont dévalué. Mais la faiblesse du dinar n’est pas seulement liée à la faiblesse des revenus en devise issus du pétrole.*Cette dévaluation que le gouvernement refuse d’assumer publiquement vise d’autres objectifs : augmenter artificiellement les recettes de l’État en dinar et donc réduire un déficit budgétaire qui s’annonce colossal pour 2015 et tenter de réduire les importations en rendant les produits achetés à l’étranger plus cher.*Mais cette stratégie, si elle arrange momentanément les affaires du gouvernement, risque de peser sur l’activité économique. *» Nos prévisions les plus pessimistes ont été faites sur la base d’un dollar à 85 dinars pour l’année 2015. Nous sommes au milieu de l’année et le dollar est presque à 105. Nous sommes inquiets pour la suite «*, explique un chef d’entreprise.*La Banque d’Algérie, qui répète que le dinar n’a pas subi de dépréciation, est de plus en plus critiquée dans les milieux d’affaires. *» Elle devrait s’exprimer pour nous dire à quoi nous attendre en matière de change. Elle doit aussi permettre les achats à terme de devise et les couvertures des risques de change «*, conclut le chef d’entreprise.
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    Re : La dévaluation du dinar pèse sur votre porte-monnaie

    Consommation/ Les prix prennent de la hauteur mars 1 2016 L’Office nationale des statistiques (ONS) a publié, aujourd’hui, un rapport sur les prix globaux à la consommation enregistrés durant le mois de janvier écoulé par rapport à décembre 2015 et janvier 2015. Hormis quelques exceptions, l’ensemble des produits à la consommation et les services ont connu des hausses en ce mois de janvier 2016.Concernant les baisses, l’ONS évoque la pomme de terre dont les prix se sont infléchis respectivement de 30,91% et 3,93% par rapport à décembre 2015, le mois d’avant et janvier 2015 (le même mois de l’année d’avant).La même tendance baissière a été enregistré pour les viandes, -9,56% et -16,32%, et les œufs, -16,43% et -3,02%. Pour le reste, il n’y a que des hausses.Les fruits frais ont connu des hausses de +18,64% par rapport à décembre 2015, et +9,78% par rapport à janvier 2015. De même pour les poissons frais (+12,39% et +5,38%), les pains, les céréales (+8,62% et +2,93%) et le paquet de farine de blé de 1 kg (+40,24% et +15,42%).Pour les produits non alimentaires, les consommateurs algériens ont du dépenser plus en janvier 2016. L’habillement et les chaussures ont connu des hausses de +12,2% et +2,31%, le logement (+5,73% et +3,45%), les meubles et articles d’ameublement (+5,02% et 0%), santé et hygiène corporelle (+7,5% et 0%), transports et communication (+7,01% et +2,09%) et finalement l’éducation, culture et loisirs (+3,82% et -7,91%).L’ONS a rappelé, en outre, la hausse de 35,9% des prix des carburants. Ceux là sont fixés par l’Etat et ne répondent pas comme le reste à la logique de l’offre et la demande.
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    Post La Banque d’Algérie veut tester sa résistance face à une probable crise financière

    A LA UNE/ECONOMIE_La Banque d’Algérie

    06 Septembre 2015

    La Banque d’Algérie veut tester sa résistance face à une probable crise financière


    La Banque des banques envisage de lancer une opération d’évaluation de la capacité de résistance (stress testing), du système bancaire dans les situations de crise.

    Mohamed Laksaci _Un large exercice de stress testing sera conduit au quatrième trimestre 2015 ..jpg

    « Un large exercice de stress testing sera conduit au quatrième trimestre 2015 pour évaluer le degré de résilience du secteur bancaire face aux développements économiques récents », a annoncé le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Laksaci, aujourd’hui dimanche à Alger.

    Ce stress testing, exercice consistant à simuler des situations de crise économiques et financières vraisemblables, intervient dans une conjoncture délicate. L’Algérie se trouve à deux doigts d’une crise financière réelle. La chute brutale des prix du pétrole a été suivie, naturellement, de l’amenuisement de l’épargne du pays. Les réserves de changes de l’Algérie ont atteint 159,92 milliards de dollars en mars dernier,
    contre 178,94 milliards de dollars à fin 2014.


    Laksaci, cité par APS, a tenté cependant de rassurer en avançant que le système bancaire algérien est loin d’être fragile. « Une évaluation des indicateurs de solidité financière à fin 2014 montre que la solidité du secteur bancaire algérien est relativement préservée en dépit de la phase ascendante du cycle de crédits », a assuré le gouverneur de la BA qui s’exprimait à l’ouverture d’une session de formation
    au profit des cadres des banques centrales africaines.


    Cette « stabilité relative » est le résultat, selon lui, du renforcement des outils macro prudentiels. Le Conseil de la monnaie et du crédit a fixé, l'année dernière, le ratio de solvabilité minimum
    par rapport au "tier one" à 9,5%.
    Le ratio de solvabilité minimum par rapport
    aux fonds propres réglementaires a été fixé à 12%.


    Le système bancaire algérien compte 20 banques dont 6 banques publiques et 14 banques privées, filiales ou succursales des banques étrangères.
    Cela en plus de 9 établissements financiers dont six publics.


    Farouk Djouadi
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