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ELLE AFFIRME QU'IL FAUDRA ATTENDRE AU MOINS 2017
POUR VOIR LE PAIEMENT ÉLECTRONIQUE




Par Walid AÏT SAÏD
Samedi 18 Juin 2016 00:00

Iman Houda Feraoun brise les espoirs

Alors que la création d'un ministère délégué pour l'Economie numérique et
la Modernisation des systèmes financiers avait fait naître l'espoir de voir
le paiement électronique lancé bientôt, la ministre de la Ptic fait redescendre
tout le monde de ce beau nuage en rappelant des réalités amères...


Ne vous réjouissez pas trop vite, le paiement électronique n'est pas
pour demain! Alors que la création d'un ministère délégué chargé de
l'économie numérique et de la modernisation des systèmes financiers
avait fait naître l'espoir de voir le paiement électronique lancé bientôt,
la ministre de la Poste et des Technologies de l'information et de
la communication brise ces espoirs. Iman Houda Feraoun a affirmé
qu'il faudra attendre au moins l'année prochaine pour voir le lancement
de ce type de paiement. La Mptic rappelle dans ce sens qu'il est tributaire
de la certification électronique, et que celle-ci ne sera pas mise en service
avant 2017. Elle a indiqué, dans ce sens, que toutes les transactions par
Internet sont à l'arrêt en Algérie en raison de l'absence de la certification
électronique, rappelant que le projet de loi relatif à la certification électronique
«sera présenté prochainement au gouvernement».Mme Feraoun qui répondait
à une question d'un membre de l'Assemblée populaire nationale (APN) lors
d'une séance plénière présidée par Mohamed Larbi Ould Khelifa, président
de l'APN, a souligné que la mise en service de l'instance de certification
électronique «constitue un fondement du développement de l'économie
numérique». Houda Feraoun a toutefois souligné le fait que son secteur
travaillera avant la fin de l'année en collaboration avec le ministère délégué
chargé de l'Economie numérique (créé récemment à la faveur du remaniement
ministériel), pour lancer le paiement électronique qui permettra, a-t-elle dit,
avec la certification électronique, de relancer le commerce électronique.
Néanmoins, elle a tenu à préciser que les blocages ne viennent pas que
des retards enregistrés dans la certification électronique.
La ministre met en avant le fait que le paiement électronique nécessite l'aval
de la Banque d'Algérie (BA) pour autoriser le transfert monétique via Internet...
Suivez mon regard! Elle a précisé dans ce sens que son département aura
cet aval de la BA avant la fin de l'année en cours pour commencer
les transactions relatives aux paiements de factures et de mandats, dans un
premier temps. Elle a expliqué que la non-obtention de cette autorisation par
le ministère est due au vide juridique régissant la certification et le commerce électroniques. Voilà donc que Iman Houda Feraoun fait redescendre tout
le monde du beau nuage de l'économie numérique en rappelant des réalités
amères... Ainsi, on est encore loin de voir émerger cette économie
«new - âge» sur laquelle le gouvernement table beaucoup pour augmenter
son PIB, ses entrées en devises et créer de nouveaux métiers qui offriront
de nouveaux emplois. Désespérant...!


Le e-paiement dès septembre



Les grandes entreprises premières concernées

le 30.06.16 | 10h00



Le e-paiement sera opérationnel pour les grandes
entreprises au plus tard en septembre prochain.




L’annonce a été faite hier par le nouveau ministère délégué auprès
du ministre des Finances, chargé de l’Economie numérique et de la
modernisation des systèmes financiers, Mouatassem Boudiaf.
«Nous sommes en train de réunir toutes les conditions pour libérer
le paiement par internet pour les grands facturiers et les compagnies
de transport en septembre prochain.Ce sera une première phase qui
sera suivie, dans le futur, par une deuxième étape pour les sociétés de
services, et une troisième phase qui est celle de la généralisation»,
a affirmé M. Boudiaf, dans un entretien accordé à l’APS. L’annonce du
nouveau ministère délégué chargé de l’Economie numérique intervient
dans un contexte où la mise en œuvre du paiement électronique se fait
toujours attendre en Algérie pour des raisons à la fois d’ordre structurel
et réglementaire. Sur ce dernier point, le ministre a révélé récemment
que le paiement électronique nécessitait l’aval de la Banque d’Algérie
pour autoriser le transfert monétique via internet.
Le ministère de la Poste
et des TIC avait expliqué que la non-obtention de l’autorisation de la
Banque d’Algérie par son ministère est due au vide juridique régissant la
certification et le commerce électroniques. Le nouveau responsable
saura-t-il baliser le terrain pour la mise en œuvre du paiement électronique,
tant attendu par les opérateurs économiques et le citoyen lambda ?

Mouatassem Boudiaf saura-t-il surtout accorder son violon avec celui de
Houda-Imane Feraoun, laquelle propose carrément au gouvernement de
passer directement au paiement mobile ? Une chose est sûre, la future loi
sur le e-commerce en cours d’élaboration va permettre de généraliser le
commerce électronique en Algérie, «en encadrant de manière très précise
les transactions commerciales sur le cyberespace», selon les propos de
Mouatassem Boudiaf.
L’ancien responsable du GIE-monétique a informé
également que le paiement de proximité fait l’objet d’une extension du réseau d’acceptation TPE (terminaux de paiement électronique), une opération qui
sera adossée à la mise en place des canaux d’interaction au profit des porteurs
et des commerçants, ainsi qu’à une campagne de sensibilisation à l’usage de
la carte de paiement électronique. Mais là encore, l’Algérie accuse un immense
retard comparée à ses voisins. Le taux de pénétration de paiement par carte
bancaire ne représente que 1% des transactions bancaires.
On dénombre seulement
2980 TPE, dont une centaine génère des transactions. Si le parc national comprend
1,4 million de cartes de paiement, seulement 25% sont actives en retrait et en
paiement. D’après M. Boudiaf, la généralisation des moyens de paiement
modernes aura un effet catalyseur sur l’économie informelle. «Nous allons catalyser l’économie informelle qui sera, à terme, implicitement entraînée dans cet élan de bancarisation de l’économie», a-t-il expliqué.
Globalement, le nouveau ministre
délégué chargé de l’Economie numérique a affirmé avoir fixé comme priorité la
mise en place d’un «écosystème» de l’économie numérique et d’assurer sa
«profitabilité» à l’économie nationale. «C’est un projet de société à caractère
transversal, qui nous concerne tous de manière générale, mais plus
particulièrement certains acteurs», a-t-il précisé, notant que la modernisation
des systèmes financiers concernera toutes les entités relevant du secteur des
finances mais touchera en premier lieu les banques, les Domaines, les impôts,
le budget, et les Douanes. Tout un programme !

Hocine Lamriben