Grand Chelem / ATP 2014 : des lézardes au sommet
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L’habituel ordonnancement du tennis mondial masculin a pas mal bougé en 2014 avec les victoires de Stan Wawrinka (Open d’Australie) et Marin Cilic(US Open). Accident ou début d’une tendance ?
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A l’heure de tirer un bilan, il est tout de même plus simple de pouvoir s’appuyer sur quelques certitudes. Mais si l’année 2014 a été riche en victoires inattendues, on peine toutefois à croire fermement qu’un nouveau monde se dessine sur l’ATP Tour. Comment arriver à imaginer une chute significative du trio Djokovic, Nadal, Federer dans les mois à venir, même si 2014 restera comme l’année où ils ont conjointement laissé échapper deux titres majeurs au profit des étonnants Stan Wawrinka (29 ans, comme quoi…) et Marin Cilic (26 ans).

Aussi probants soient-ils, les triomphes du Suisse et du Croate ressemblent tout de même à de merveilleux et rafraichissants accidents. Cela ne retire rien à leur performance mais je n’arrive pas à les imaginer capables de répéter pareil tour de force pour l’instant, même si Wawrinka s’est aussi offert le titre à Monte-Carlo, son premier Masters 1000. Gagner est une chose. Le répéter en est une autre. Ont-ils le coffre pour ça ? Pas sûr. Mais leur carrière a de toute façon pris une autre dimension. N’en déplaise à certains…

Si Wawrinka et Cilic ont gagné, c’est aussi parce que Nadal, Djokovic, Federer ont, pour des raisons différentes, baissé la garde. On peut y ajouter Murray, en mode relance tout au long de l’année après son opération au dos, et accompagné depuis le printemps par Amélie Mauresmo. Soit dit en passant, le Britannique, après avoir lancé la mode des coaches stars en s’attachant les service d’Ivan Lendl en 2012, a une nouvelle fois innové en appelant une femme à ses côtés.
Nadal en chair et en bosses
Revenons à Nadal & Cie. Pour l’Espagnol, qui passe désormais autant de temps à l’infirmerie que sur les courts, mener une carrière suivie devient compliqué. Malgré un dos grippé en finale à Melbourne, malgré des doutes et des défaites inattendues lors de la saison sur terre battue, le Majorquin a réussi à aller décrocher une neuvième étoile dans le ciel de Roland-Garros en dominant Djokovic en finale. Le voilà qui totalise désormais 14 couronnes en Grand Chelem, comme Pete Sampras, trois unités seulement derrière Federer. On se pince encore pour y croire tant l’exploit est majuscule. Mais sa saison 2014 s’est presque arrêtée là en raison d’un poignet douloureux et d’une appendicite.

Pour Djokovic, pas de pépins physiques mais bien quelques noeuds sous la casquette. Battu à la régulière à Melbourne par Wawrinka, il a lâché mentalement en finale à Roland-Garros. A l’US Open, le jeune marié et futur papa avait sans doute la tête ailleurs. Mais entre-temps, le Serbe, par ailleurs monstre de régularité en Masters 1000 (4 titres) et face au top 10 (19 victoires en 24 matches), était redevenu roi à Wimbledon en battant Federer dans une finale haletante. Il ne lui restait plus qu’a signer une dernière ligne droite canon à l’automne afin de conserver son sceptre de numéro un mondial. Ce qu’il fit avec calme et maîtrise en remportant Pékin, Bercy et Masters. Les sceptiques quant à l’arrivée de Boris Becker dans son entourage en sont restés pour leurs frais.

Roger Federer, 33 ans, n’en finit plus d’enthousiasmer la planète tennis. Si le Suisse n’a pas remporté de titre du Grand Chelem en 2014, sa constance et son niveau, comme en finale de Wimbledon, montrent qu’il n’est pas encore prêt à décrocher. Sixième mondial fin 2013, il n’a pas été loin cette année de reconquérir… la place de numéro un ! Mais il a surtout ajouté une énième page au grand livre de l’histoire du tennis en remportant avec Wawrinka la première Coupe Davis de la Suisse. A Lille, devant plus de 27 400 spectateurs, record pour une rencontre officielle de tennis, le duo helvète, en miettes à une semaine de l’événement, a donné à l’équipe de France une leçon sur le court comme en coulisses. Du grand art.