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A LA UNE/ACTUALITÉ_Tout comprendre au scandale qui touche la Russie
Le Monde.fr avec AFP | 10.11.2015 à 16h09 • Mis à jour le 11.11.2015 à 07h40

La Russie accusée de « défaillances systémiques »

Ils incarnent désormais le dopage dans l’athlétisme mondial
la Russie, son gouvernement et ses athlètes ont été cloués au pilori
par l’Agence mondiale antidopage (AMA), qui a réclamé lundi
leur suspension de toutes les compétitions d’athlétisme dans un rapport explosif.

Le siège du Comité olympique russe à Moscou, le 10 novembre.jpg

Qu’est-il reproché à la Russie ?

Dans son rapport de 300 pages, l’AMA révèle un « haut niveau de collusion » entre les athlètes, les entraîneurs, les médecins, les officiels et les agences sportives pour fournir de façon systématique aux athlètes russes des produits dopants et atteindre le principal objectif de l’Etat
produire des vainqueurs.
Elle décrit « une culture profondément enracinée de la tricherie ».
« La décision d’un athlète de ne pas participer [à la tricherie généralisée] est susceptible de le priver d’entraîneurs de premier plan », insistent les auteurs,
qui fustigent « une mentalité fondamentalement dévoyée,
profondément inscrite chez tous les athlètes russes ».


En Russie, le dopage d’Etat n’est pas mort

Chargé de la lutte contre le dopage dans le pays, l’agence Rusada est l’une des principales cibles du rapport. L’AMA l’accuse entre autres de prévenir les athlètes à l’avance pour les contrôles antidopage hors compétition, d’encaisser des pots-de-vin contre la garantie que ces tests seront négatifs, d’être trop proches de certains entraîneurs ou encore, de ne pas suivre les protocoles internationaux en matière de tests antidopage. Pour l’AMA, le gouvernement russe a, au minimum, fermé les yeux dans cette affaire.
L’Agence juge que les JO 2012 de Londres ont été « sabotés » par la présence d’athlètes dopés et recommande la suspension à vie de cinq athlètes féminines russes. La présence d’agents du FSB, les services secrets russes, déguisés en ingénieurs de l’agence russe antidopage, lors des JO d’hiver de Sotchi en 2014, jette également une ombre sur cette compétition.

Comment le scandale a-t-il éclaté ?

Tout est parti de reportages réalisés par la chaîne allemande ARD en décembre 2014, puis en août 2015, avec des témoignages d’anciens dopés russes devenus lanceurs d’alertes.
Rapidement, l’AMA a mis sur pied sa commission indépendante
pour enquêter sur ces allégations.
Parallèlement, la justice française
s’est emparée de l’affaire, avec des perquisitions et des auditions qui ont abouti la semaine dernière à trois mises en examen. La première, la plus explosive, a été celle de Lamine Diack, 82 ans,
ancien patron de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF)
pour corruption passive et blanchiment aggravé. Il est notamment
soupçonné d’avoir accepté des pots-de-vin pour couvrir des pratiques dopantes.
Les deux autres mises en examen visent son conseiller juridique
ainsi que l’ancien responsable de la lutte antidopage à l’IAAF jusqu’en 2014, le Français Gabriel Dollé