Cela s’est passé un 11 décembre 1960
manifestations des Algériens dans tout le pays
PUBLIE LE 11-12-2016
Alors que le FLN est affaiblit militairement et que les maquis
Cette date, très peu commémorée en Algérie, est pourtant décisive
dans la Révolution. Elle a permis de faire connaitre au monde entier
et à quelques jours du réexamen du dossier algériens par l’ONU, prévu
le 19 décembre- que le peuple veut sa liberté, son indépendance.
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sont décimés par les opérations militaires menées par le
général Maurice Challe, les Algériens sortent dans la rue à
Alger d’abord, puis un peu partout dans le reste du pays pour
crier « Algérie algérienne »,«tayha djazaïr»,«Algérie indépendante»
ou encore «Ferhat Abbas président», arborant le drapeau vert,
blanc et rouge. Le message est on ne peu plus clair pour les pros
Algérie française et pour De Gaulle qui venait d’entamer un voyage
officiel de 6 jours en Algérie (depuis le 9 décembre) le peuple devient
acteur de son propre destin, il en est conscient. Son indépendance
est inéluctable. Mais cette manifestation sera, une fois de plus,
réprimée dans le sang par la police française. On parle d’une centaine
de morts et de 400 blessés. Parmi eux, des enfants et des adolescents.
Manifestations du 11 Décembre 1960
toute la détermination d’un peuple
Avant le 11 et le 10, il y a eu le 9 décembre 1960. Dans la mémoire collective des Algériens, cette date marque la flammèche de la colère
de la rue algérienne sous l’occupation française, qui a porté la Révolution d’une réalité à une autre. Entre autres, celle de la campagne et du
maquis à la ville, et du moudjahid au fidaï. Pour de nombreux historiens,
il ne s’agissait pas de manifestations, mais d’une véritable «intifada».
Parmi eux, Amer Rekhila qui estime que «ce qui s’est passé en décembre 1960 marque un vrai tournant dans le processus de la guerre de Libération, car il a confirmé le caractère populaire de la Révolution et la détermination du peuple algérien à recouvrer son indépendance nationale. À vrai dire,
il ne s’agissait pas de manifestations, mais d’une intifada qui a porté la Révolution d’une réalité à une autre, celle de l’embargo et l’encerclement des moudjahidine dans les maquis à l’action militaire et les opérations de fidaïne de la ville. Elle a aussi permis la reprise de l’action militaire sur le terrain et, au plan politique, les retombées étaient importantes, palpables
et très positives, notamment que cette intifada a coïncidé avec la tenue
de la session ordinaire de l’assemblée générale de l’ONU», dit-il. Ainsi,
notre interlocuteur résume ces retombées à trois niveaux. Le premier au plan interne : «L’obstacle psychologique vis-à-vis de l’armée coloniale est tombé. L’Algérien s’est libéré et a décidé de prendre son destin en mains.
outre, il y a eu la reprise des opérations de fidaïne dans de nombreuses villes, ce qui a permis au gouvernement provisoire de bien utiliser cette
carte dans son combat politique et les négociations pour l’indépendance
de l’Algérie. Cette intifada a scellé définitivement la fin de l’Algérie française». Au plan interne français, les répercussions étaient aussi multiples, souligne M. Amer Rekhila. «Le conflit s’est intensifié entre les partisans de la solution politique. C'est-à-dire s’asseoir à la table des négociations avec les Algériens et les extrémistes partisans de l’Algérie française jusqu’au bout. Et ce n’est certainement pas un hasard si au début de l’année1960 il y a eu l’apparition de l’OAS à Oran et Alger, comme conséquence directe de l’intifada algérienne. Ces extrémistes ont déclaré,
à la fois, la guerre aux Algériens et aux Français. Les conséquences sur le plan économique n’étaient pas des moindres, étant donné que l’augmentation continue des dépenses militaires de l’armée coloniale ont alimenté l’opinion publique, opposée à la guerre, et soumis la France coloniale à des pressions internationales et régionales», a-t-il dit. «Au plan international, la guerre d’Algérie a pris d’autres dimensions et devenue la cause commune des 4 continents et la principale cause de la chute de l’empire français.C’est d’ailleurs pour cette raison que plusieurs pays ont obtenu leur indépendance juste après ces évènements», a-t-i ajouté.
De son côté, le président de l’association «9 Décembre 1960», Benabdeslam Mohamed, estime que la première étincelle de la colère populaire survenue à Aïn Témouchent le 9 décembre a provoqué une
sorte d’effet «boule de neige» en gagnant plusieurs autres wilayas et s’est étendue jusqu’au 17 décembre 1960. Pour ce qui est de la 1re manifestation, survenue le 9 décembre à Aïn Témouchent, «elle a mis en échec les visées de De Gaule qui comptait sur l’appui de nombreux colons d’une zone économiquement importante pour sa nouvelle politique intégrationniste. Mais le plus important, elle a appuyé la revendication du peuple algérien pour l’exercice de son droit à l’autodétermination et le rejet du système colonial», a-t-il dit. Pour Abdelkader Soumeur, SG de l’ONM d’Oran, «les manifestations de décembre 1960 ont détruit tous les rêves du colonisateur». Quant à M. Mustapha Bitam, le DG du Musée du moudjahid, «les manifestations des 9, 10 et 11 décembre 1960 ont un seul point commun. Elles ont montré que les Algériens, dans les quatre coins du pays, étaient unis autour de la revendication de l’indépendance». La Révolution algérienne n’est le monopole ni d’une région ni d’un douar ni d’une personne. Elle a été faite par tout le peuple algérien et partout dans le pays. Plus que nationale, elle avait une dimension nationale maghrébine, africaine, arabe et même humaine», dira M.Bitam. Ayant débuté un 9 décembre à la place centrale d’Aïn Témouchent où le président français, le général De Gaulle, devait prononcer son discours sur l’Algérie française, les manifestations de décembre 1960 ont exprimé de façon tranchée le rejet
des propositions de la France au sujet de l’avenir de l’Algérie et conforté l’adhésion totale du peuple algérien à sa révolution armée. Pour les moudjahidine et les témoins de l’histoire de la révolution algérienne, les manifestations du 9 décembre «ont été mûrement préparées par les responsables du FLN pour contrecarrer les visées de De Gaule, depuis l’aéroport de Tlemcen jusqu’à son arrivée à Aïn Témouchent, où il n’a pas pu prononcer son discours sur le perron du siège de la commune».
Amel Saher



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