le 7 septembre 1997, Mobutu s’éteint loin du ZaïreCe jour-là
07 septembre 2016 à 07h49
Le maréchal Mobutu n'aura pas survécu à la perte de son pays en mai 1997. Il s'éteint en exil au Maroc"Mbata ya bakolo" au Congo, la vie sans les "Zaïrois" de RDC
à la suite d'un cancer. Sa mort et son enterrement se font dans une discrétion qui contraste fort
avec l'exercice du pouvoir qui le caractérisait.
**Contenu caché: Cliquez sur Thanks pour afficher. **
RDC la nostalgie Mobutu
Loin, très loin des bords du fleuve Congo et de sa ville natale de Lisala,
le maréchal-fondateur zaïrois, désormais en exil, rend son dernier souffle
le 7 septembre 1997 sur les côtes marocaines à Rabat. Mobutu n’aura pas
fait long feu après la perte de « son pays ».Cela faisait des années que
Mobutu était gravement malade, atteint d’un cancer de la prostate. Le Zaïre
des dernières années de son règne est à l’image de sa santé. Le pays est
enlisé dans un processus de démocratisation depuis 7 ans et en proie à une
foudroyante rébellion, l’Alliance des forces démocratiques pour la libération
du Congo (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila, qui a causé sa chute.
Le gargantua de la gloire, le monarque qui usait parfois de la troisième
personne pour parler de lui-même, l’Ubu roi du Zaïre est enterré lors d’une
cérémonie qui paraît bien étonnante comparée à ses trente années de règne.
Une semaine après son décès, le 13 septembre, dans la plus simple discrétion
Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga (en français le guerrier
tout-puissant qui grâce à son endurance et son inflexible volonté vole de victoire
en victoire et sème la désolation sur son passage), est inhumé dans le carré
européen du cimetière de Rabat en présence de sa famille et de ses plus
proches qui l’ont suivi dans son exil.
Chassé-croisé zaïrois
Sa fuite du Zaïre fut rocambolesque. Pressé par les troupes du Mzee,
Laurent-Désiré Kabila, le léopard quitte Kinshasa le 16 mai en toute hâte pour
son fief Gbadolite. Le 17 mai, le Zaïre vit un chassé-croisé historique. Les
troupes de l’AFDL entrent dans Kinshasa, alors plongé dans un calme sidérant.
La veille, dans les profondeurs de la forêt équatoriale, à Gbadolite, l’avion de
Mobutu décolle tout en essuyant des rafales tirées par des soldats de la rébellion.
Quelques heures plus tard, l’ex-homme fort zaïrois atterrit à Lomé, accueilli par
un de égaux sur le plan de la longévité au pouvoir : Gnassingbé Eyadéma.
L’escale à Lomé n’est pas trop longue. Le 23 mai, un autre exil l’attend.
Le maréchal-fondateur devenu paria
L’ancien relais et homme de confiance des Occidentaux en Afrique, pendant
la Guerre froide, est désormais perçu comme un paria. L’accès à sa demeure
de villégiature, à Roquebrune-Cap-Martin, sur la french riviera lui est refusé par
les autorités françaises. Mobutu n’ira donc pas se soigner et couler de vieux jours
sous le soleil de Provence. Son salut vient du souverain chérifien, Hassan II, qui
l’invite à Rabat. Mobutu Sese Seko est très affaibli par la maladie, un cancer de
la prostate diagnostiqué en 1989, mais non-soigné. Ce n’est qu’en 1996 que
Mobutu a entamé un traitement, le conduisant à quitter son Zaïre natal à plusieurs
reprises pour les cliniques suisses et françaises. Le crépuscule de l’autocrate se
fait en quelque sorte au ban des « grands hommes », sa mort ne suscite que peu
de réactions dans les chancelleries, notamment occidentales. Aujourd’hui, la tombe
de l’ancien homme fort du Zaïre jouxte les sépultures anonymes de compatriotes
migrants, morts noyés dans la méditerranée. Et bien que la question du rapatriement
en terre congolaise de la dépouille du chantre de la zaïrianisation soit régulièrement abordée, pour l’heure aucune disposition concrète ne laisse entrevoir une inhumation
de Mobutu dans son pays natal.



Répondre avec citation