Berlusconi veut que les actionnaires se rallient à sa famille

Mediaset
Par AFP , publié le 21/12/2016 à 20:50
mis à jour à 20:50

Milan-Silvio Berlusconi a souhaité mercredi que les actionnaires
de Mediaset, cible d'une offensive de Vivendi, se rallient pour
défendre "l'italianité" du groupe et que sa famille puisse atteindre
51% des droits de vote.
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"Je ne peux pas imaginer que Mediaset [Sujet ici]
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ne soit plus dirigée par ma famille. J'ai fait beaucoup de choses
(dans ma vie), mais une dans laquelle je me suis le plus investi est
la télévision. Mediaset était la première télévision commerciale en
Europe
", a-t-il affirmé à Rome.
"Nous nous trouvons dans la situation
absurde qui est de ne pas pouvoir faire d'acquisitions, parce que la
loi italienne nous impose de ne pouvoir acheter que 5% d'actions
chaque année
", a-t-il dit.
"Les Français ont eu le bon jeu en pouvant
acquérir 29% et nous, nous sommes bloqués à 40%. Pour arriver à
51% des droits de vote, j'espère que les actionnaires détenant 20%
des actions restantes nous amènent leurs droits de vote pour défendre
l'italianité de Mediaset
", a encore souligné l'ancien chef du
gouvernement italien.
Le groupe de médias français Vivendi, qui avait
acquis la semaine dernière 20% de Mediaset, a annoncé mardi détenir
désormais 25,75% du capital et 26,77% des droits de vote du groupe
de télévision italien.
Le groupe de Vincent Bolloré a indiqué qu'il
comptait augmenter sa participation dans Mediaset "dans la limite de
30% du capital et des droits de vote
".
Via sa holding Fininvest, la
famille Berlusconi a qualifié cette manoeuvre d'"hostile" et a saisi la
justice italienne de même que le gendarme boursier italien, la Consob.
Il accuse Vivendi de "manipulation de marché" et d'"abus d'informations privilégiées".
Fininvest s'est aussi lancé, en riposte, dans l'achat de titres
pour monter à 38,266% du capital et 39,775% en termes de droits de vote
de Mediaset, mais ne peut plus aller au-delà avant avril.
Après l'échec
d'un projet de mariage annoncé en avril entre Mediaset et Vivendi au sujet
du bouquet de télévisions Premium, qui a débouché sur un conflit
acrimonieux, Vivendi tente un coup de force pour s'emparer de Mediaset,
seule cible européenne accessible dans le domaine des contenus télévisuels.

La volte-face de Vivendi sur Premium avait conduit Mediaset à saisir en
août la justice réclamant au groupe français 50 millions d'euros pour chaque
mois de retard dans l'application du contrat.
Vivendi "peut-être pour nous
faire renoncer à la plainte que nous avons déposée a décidé de faire un coup
de force: ils nous ont fait du chantage, une extorsion, et nous sommes donc
dans une bataille face à cette escalade hostile et nous allons résister
", a
encore affirmé M. Berlusconi.
Selon les médias italiens, le président du
directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine, devrait être entendu vendredi
par la Consob.
L'autorité de tutelle des télécommunications en Italie,
l'AGCOM, a annoncé de son côté mercredi l'ouverture d'une instruction au
sujet de la montée de Vivendi dans Mediaset, alors qu'il détient également un
quart de Telecom Italia.
Jeudi dernier, l'autorité avait averti qu'une opération
visant à concentrer le contrôle de Mediaset et Telecom Italia "pourrait être interdite",
en soulignant que la législation en vigueur interdisait le dépassement de certains seuils.
soient avec
La législation prévoit que les entreprises de télécommunications qui
détiennent sur le marché italien une part de marché supérieure à 10% ne peuvent
acquérir des revenus supérieurs à 10% du SIC, le "système intégré des communications"
(télévision, radio, presse).
Or, Telecom Italia a 44,7% de parts de marché dans les
télécommunications et Mediaset 13,3% du SIC.