Les courbatures sont là : que faire ?
5. Le décrassage après l'effort est-il utile ?


Après un effort intense, comme un match de football ou une course à pied, certains spécialistes recommandent une récupération active par opposition à la récupération passive, synonyme d’inactivité. C’est le fameux « décrassage », qui correspond la plupart du temps à un léger footing. Il est recommandé par certains dans les minutes qui suivent l’effort principal ou le lendemain. L’objectif serait de réduire les courbatures d’une part, et d’améliorer le processus de reconstruction musculaire. Mais une fois de plus, les études scientifiques1-3 ne corroborent pas vraiment les ressentis des sportifs : selon les conclusions de la plupart d’entre elles, une récupération active améliorerait les performances durant les trois jours suivant l’effort, mais les réduirait au-delà de ce délai. Il semble d’ailleurs qu’une activité à très faible intensité physique ou une inactivité complète serait plus appropriée pour éviter les blessures durant les périodes de courbatures. Les capacités de maintien articulaire que procure le muscle y sont réduites et les articulations sont moins protégées. C’est particulièrement vrai pour les sports aux changements d’appuis fréquents comme le football, le rugby ou le handball.
Un bon compromis serait sans doute d’observer deux jours d’inactivité avant de reprendre une activité légère sans impact sur le système locomoteur comme le vélo, la natation ou l’aquajogging. Le but est d’augmenter légèrement le débit sanguin, ce qui pourrait drainer les toxines musculaires, mais aussi de produire des hormones aux propriétés antalgiques comme les endorphines.
Les courbatures sont là : que faire ?

6. Les autres traitements anti-courbatures à la loupe

D’autres traitements sont régulièrement utilisés dans le monde du sport, mais là encore, les chercheurs se montrent sceptiques. L’électrostimulation a ses adeptes mais manque cruellement de preuves tangibles : elle n’aurait d’effet ni sur la récupération de la force, ni sur la diminution de l’œdème. Quelques études ont montré qu’elle pourrait avoir un effet très temporaire sur la douleur des courbatures en court-circuitant momentanément les influx nerveux. Par ailleurs, les diètes2 spéciales n’auraient pas d’effet particulier sur le phénomène, même s’il est évident qu’une alimentation équilibrée est recommandée dans tous les cas. Si les étirements sont controversés à titre préventif, ils semblent clairement inutiles dans une visée thérapeutique.
Les courbatures : un facteur de motivation
Au final, la stratégie la plus efficace pour éviter les DOMS reste la prévention. On sait que les exercices intenses excentriques (courir en pente descendante par exemple) provoquent des courbatures, mais le muscle s’habitue, s’adapte à ce travail en modifiant sa structure. Dès le deuxième effort du même type, les douleurs s’atténuent : c’est l’effet de répétition3. De toute façon, ils ne présentent aucun caractère de gravité et ne doivent pas remettre en cause l’activité physique. Ils sont passagers et signalent simplement que le muscle a travaillé plus intensément que de coutume. En cela, les courbatures peuvent même être considérées comme une motivation supplémentaire à l’activité physique régulière. Vous savez ce qu’il vous reste à faire : à vos baskets !