A la une/Tunisie_5 ans après le Printemps arabe, que devient Ben Ali ?
MIS À JOUR : 14-01-2016 15:12 - CRÉÉ : 14-01-2016 15:10
Il y a cinq ans, Mohamed Bouazizi s'immolait par le feu en Tunisie
Mohamed Bouazizi
Vendeur à la criée
Le portrait de Mohamed Bouazizi affiché à Sidi Bouzid.jpg
Mohamed Bouazizi, de son vrai nom Tarek Bouazizi, né le 29 mars 1984 à Sidi Bouzid
et mort le 4 janvier 2011 à Ben Arous, est un vendeur ambulant tunisien
dont la tentative de suicide par immolation ...
Naissance : 29 mars 1984, Sidi Bouzid, Tunisie
Décès : 4 janvier 2011, Ben Arous
Sœur : Samia Bouazizi
Il y a cinq ans, Mohammed Bouazizi s'immolait par le feu à Sidi Bouzid.
Un acte de désespoir qui provoqua la chute du dictateur Ben Ali
et le déclenchement du "printemps arabe". Cinq ans après, où en est la Tunisie ?
Cinq ans. Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant tunisien
de 26 ans exaspéré par la précarité et les brimades policières, s'immolait par le feu
à Sidi Bouzid. Un geste désespéré à l'origine du soulèvement qui allait renverser
en quatre semaines le régime autoritaire du président Zine el-Abidine Ben Ali,
puis susciter une vague de révoltes qui a déferlé sur le monde arabe.
Jeudi 17 décembre 2015, cinq ans plus tard jour pour jour, les autorités tunisiennes
doivent poser la première pierre d'un "musée de la révolution" à Sidi Bouzid,
où trône un portrait géant de Mohamed Bouazizi, décédé le 4 janvier 2011
et icône malgré lui de la révolution tunisienne.
Une révolution qui a abouti à une transition démocratique réussie, permettant à la
Tunisie de faire figure de rescapée dans une région tourmentée. Une transition qui
a été récompensée au plus haut niveau avec l’attribution du prix Nobel de la Paix au dialogue
national tunisien. Le pays s'est doté d'une nouvelle Constitution et a organisé
des élections libres, qui ont notamment porté à la présidence Béji Caïd Essebsi en décembre 2014.
Malgré ce succès sur le plan politique, la Tunisie peine à décoller sur le plan économique.
En effet, le taux de chômage dépasse les 15 % et culmine à 32 % chez les jeunes diplômés.
Un chiffre qui grimpe à plus de 46 % dans le gouvernorat de Sidi Bouzid,
une région de 400 000 habitants au centre du pays, de longue date défavorisée.
Zine El Abidine Ben Ali et son épouse Leila, le 9 mai 2010 à Tunis. Quelques mois plus tard,
le couple allait quitter le pouvoir. Zine El Abidine Ben Ali et son épouse Leila, le 9 mai 2010
à Tunis. Quelques mois plus tard, le couple allait quitter le pouvoir.
Il y a cinq ans jour pour jour, Zine El Abidine Ben Ali prenait la poudre d’escampette,
direction Jeddah, sur les rives de la mer Rouge. Première et dernière étape d’un exil discret
pour le président tunisien déchu, après un mois de manifestations réprimées dans le sang.
Depuis, celui qui tenait le pays d’une main de fer a trouvé refuge en Arabie Saoudite.
C’est là bas, accompagné de sa seconde épouse, Leila Trabelsi, leur fille Halima et leur fils
Mohamed Zine El Abidine, que l’ancien dictateur s’est installé. En toute discrétion
quasiment aucun détail ne filtre, que ce soit sur son lieu de résidence ou sur son train de vie.
Seul son avocat libanais est habilité à réagir de temps en temps, quand les rumeurs se font
trop pressantes. Ou ses enfants, via Instagram, qui publient des clichés qui disparaissent
très vite. En août 2013, apparaît ainsi une photo de lui en pyjama rayé sur un compte depuis supprimé.
L'empire économique du couple présidentiel démantelé
En 2012, Leila Trabelsi – envers laquelle le peuple tunisien vouait une profonde aversion - avait
publié un livre, "Ma vérité". Elle y rejetait les accusations de corruption et de dérive dictatoriale
du régime déchu. Pour la première fois depuis leur fuite, une photo de Ben Ali, les cheveux toujours
teints d'un noir de jais, souriant à côté de sa femme portant le voile, était alors apparue, démentant
les rumeurs de divorce. Dans une interview accordée au Parisien via Skype, Leila Trabelsi avait aussi
tenu à nier que son mari soit atteint d'une maladie grave et dans le coma.
Plusieurs années après avoir son départ, l’état des finances actuelles de Ben Ali demeure une incertitude.
L'empire économique - essentiellement contrôlé par le clan Trabelsi - qui s'étendait de la grande distribution
à l'immobilier en passant par la téléphonie, les médias ou l'automobile, a en effet été démantelé.
Une partie a été privatisée mais des pans entiers restent sous contrôle d'administrateurs judiciaires nommés
par l'Etat. Aucun programme d'ampleur pour ces actifs n'a encore été décidé.
L'entourage du président a, enfin, connu des fortunes diverses. Leur fille Nesrine est partie avec son époux,
l'homme d'affaires Sakher El Materi, au Qatar avant d'aller s'installer en exil aux Seychelles. Ghazoua,
Dorsaf et Cyrine, les trois filles que Zine el Abidine Ben Ali a eues de son premier mariage avec la fille d'un
général, vivent toujours en Tunisie. Un frère de Leila, Belhassen Trabelsi, richissime homme d'affaires considéré
comme le chef du clan ayant mis l'économie en coupe réglée, encourt pour sa part l'expulsion du Canada,
où sa demande d'asile a été refusée l'an dernier. Imed Trabelsi,
un neveu de l'épouse de Ben Ali, est emprisonné en Tunisie.