Le pétrole en baisse, plombé par la hausse du dollar et un marché hésitant

Les cours du pétrole étaient en repli ce jeudi 15 décembre en fin de journée, plombés par la hausse du dollar et les soupçons du marché sur l’application de l’accord de réduction de l’Opep.Le Brent, référence pour le pétrole algérien, a baissé jusqu’à atteindre 53,125 dollars, après avoir atteint un haut de 54,465 dollars.Les prix du baril avaient augmenté lundi, pour atteindre 57,5 dollars, un niveau record depuis 18 mois, après l’accord conclu le week-end dernier par l’Opep et les pays hors Opep en vue d’une réduction de leur production.La baisse du brent s’explique par deux facteurs. Le premier est lié à la hausse du dollar. Ce jeudi, l’euro a chuté face à la monnaie américaine pour atteindre son plus bas niveau depuis 2003. Vers 13H05 GMT, l’euro valait 1,0398 dollar contre 1,0533 dollar mercredi vers 22H00 GMT.La hausse du dollar intervient après l’annonce de la Fed (Banque centrale américaine), d’opérer trois hausses de ses taux d’intérêts en 2017, ce qui a poussé les investisseurs à se ruer sur le billet vert. Mais la hausse de la monnaie américaine impacte le pouvoir d’achat des pays importateurs de pétrole, qui est libellé en dollar, selon les médias.Le deuxième facteur est lié aux doutes persistants qui planent sur la capacité de l’Opep à mettre en œuvre l’accord sur la réduction de la production, conclu le 30 novembre à Vienne.Un rapport publié par l’Opep note que le cartel a augmenté sa production le mois dernier d’environ 150.000 bpj, pour atteindre 33.87 millions de bpj. Mais pour atteindre les 32.5 millions de bpj prévus par l’accord, l’Opep devrait donc réduire de 1.37 million de bpj contre 1.2 million prévu initialement.Le rapport prévoit aussi une augmentation de 0,3 million de bpj de la production hors Opep en 2017, en raison d’une anticipation de prix plus élevés. Une large part de cette croissance serait liée à la production du Brésil, du Canada, du Kazakhstan et de la Russie, ces deux derniers pays ayant accepté de réduire leur production le week-end passé.Selon les prévisions de l’Opep, le Kazakhstan augmenterait sa production d’environ 210.000 bpj et la Russie augmenterait la sienne de 80.000 bpj, alors que les deux pays ont accepté de réduire leur production de respectivement 20.000 et 300.000 bpj.Des soupçons pèsent aussi sur l’intention du Mexique et de l’Azerbaïdjan de faire passer une chute naturelle de leur production pour des réductions. Selon le Wall Street Journal, les deux pays devraient voir leur production décroître naturellement de respectivement 130.000 et 30.000 bpj.La possibilité d’une augmentation de la production au Nigéria et en Libye, tous deux exemptés de réduction, contribue aussi à faire baisser les cours. « Le principal défaut de l’accord de l’Opep vient du fait qu’il exempte certains pays de la réduction mais formule un objectif de production qui les inclut », selon les propos d’Olivier Jakob de Petromatrix rapportés par Market Watch.Une nouvelle fois, des doutes sont émis sur la détermination de l’Opep à tenir son accord. L’Irak en particulier est soupçonné de chercher à augmenter ses ventes de pétrole en janvier, rapporte le Wall Street Journal. Des documents officiels irakiens datés du 8 décembre indiquent notamment une augmentation de 7% des cargaisons depuis Bassora, ces cargaisons représentant 85% des exportations du pays, selon le même journal.Par ailleurs, la tendance passée de l’Opep à ne pas mettre en œuvre ses accords de réduction conduit le marché à s’interroger sur l’avenir du dernier en date. « Si les prix augmentent, tout le monde sera tenté de tricher un peu », affirme Geoffrey Heal, professeur à la Columbia Business School et ancien conseiller de l’Opep, rapporte Wall Street Journal.
By TSA