Libération refusée à Jacqueline Sauvage

Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison pour avoir tué son mari
violent et graciée par Hollande, reste en prison.

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Publié le vendredi 12 août 2016 à 11h28
Mis à jour le vendredi 12 août 2016 à 16h48

Sa fille est "révoltée"

La demande de libération conditionnelle d'une Française condamnée à dix
ans de prison pour le meurtre de son mari violent a été rejetée vendredi,
douchant les espoirs de ses proches après la grâce partielle accordée par
le président François Hollande. Jacqueline Sauvage, 68 ans, avait tué en
2012 de trois coups de fusil dans le dos son mari qui lui avait fait subir
pendant 47 ans des violences, notamment sexuelles, dont ses quatre
enfants avaient également été victimes. Elle avait été reconnue coupable,
en première instance comme lors d'un procès en appel en décembre 2015.
Le tribunal d'application des peines de Melun, en région parisienne, n'a pas
suivi les réquisitions favorables du parquet à la remise en liberté de cette
femme, devenue en France un symbole des violences conjugales.
Le parquet va faire appel, a indiqué la procureure de Melun, Béatrice Angelelli.
Lors du procès en appel, l'avocat général avait demandé la confirmation de
la condamnation, jugeant que "la légitime défense n'est absolument pas soutenable".
Sa condamnation en appel avait suscité une vague de mobilisation initiée
par ses trois filles, qui avaient témoigné à charge contre leur père, entrepreneur
d'une société de transport, tué à 65 ans. Les milieux féministes avaient évoqué
un "déni de justice". La demande de grâce présidentielle formulée par ses
filles avait été appuyée par de nombreux parlementaires et personnalités et
une pétition "Libérez Jacqueline! " avait recueilli 400.000 signataires en France.
Face à cette intense campagne, François Hollande avait accordé le 31 janvier
une grâce présidentielle "partielle" à la sexagénaire. Cette grâce partielle permettait
à Jacqueline Sauvage de présenter immédiatement une demande de libération
conditionnelle. Jacqueline Sauvage avait subi une expertise psychologique et
médicale afin d'"évaluer" sa "dangerosité". A l'issue de cette évaluation, la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté avait émis un "avis défavorable" à sa libération.