Une bombe fait 25 morts dans une église copte en Egypte
Une minorité et des drames
le 12.12.16|10h00
Le président Abdelfattah Al Sissi a condamné l’attentat, qu’ilUn attentat à la bombe a tué au moins 25 personnes hier en pleine célébration dans une église copte orthodoxe au Caire, rapporte l’AFP
a qualifié de «lâche » et a décrété trois jours de deuil national.
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La bombe a fait au moins 25 morts et 31 blessés
citant des sources officielles. La plupart des victimes sont des femmes
et au moins 31 personnes ont été blessées, selon le ministère de la
Santé. Selon une source de sécurité, la bombe était constituée d’environ
12 kg de TNT. L’église «est profondément aimée par beaucoup de fidèles
au Caire qui vont régulièrement aux célébrations», a déclaré l’évêque général de l’église en Grande-Bretagne, Angaelos. Il a expliqué que le service religieux était célébré dans la petite église pendant que la
cathédrale était en rénovation. «C’est une cible facile car son entrée est
à l’extérieur du périmètre» de la cathédrale, a relevé l’évêque. De son
côté, le pape Tawadros II a interrompu sa visite en Grèce pour revenir
au Caire, selon des médias égyptiens. Dans un communiqué, l’église
copte a rappelé «l’unité nationale qui unit les Egyptiens sur la terre
bénie d’Egypte». Le président égyptien Abdelfattah Al Sissi a condamné l’attentat qu’il a qualifié de «lâche» et a décrété trois jours de deuil
national. Et d’observer que cet attentat «vise la nation avec ses chrétiens
et ses musulmans (…) L’Egypte n’en sortira que plus unie».
Face aux vicissitudes de l’Histoire
Les coptes d’Egypte représentent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient et l’une des plus anciennes. Près de 10%
des 90 millions d’Egyptiens appartiendraient à la communauté copte,
dans un pays où les musulmans représentent une immense majorité. Les coptes remontent à l’aube du christianisme, à l’époque où l’Egypte était intégrée à l’empire romain puis à l’empire byzantin, après la disparition
de la dernière dynastie pharaonique des Ptolémées, d’origine grecque.
Le mot «copte» a d’ailleurs la même racine que le terme «égyptien» en
grec ancien. Leur déclin commence avec les invasions arabes du VIIe
siècle et l’islamisation progressive du pays. L’Église copte a été fondée,
selon la Tradition, en 43 par saint Marc l’Evangéliste à Alexandrie, où il
serait mort en en l’an 68. Les persécutions de Dioclétien en Egypte ont tellement marqué les chrétiens, profondément qu’ils décidèrent de dater
leur calendrier à partir de la première année de l’avènement de celui-ci
(29 août 284). Actuellement, avec le décalage, l’année copte débute le
11 septembre.L’influence de l’Eglise copte est essentielle dans l’histoire
du christianisme des premiers temps. Sa «didascalie», école théologique,
est considérée comme la première école de pensée chrétienne. L’Eglise copte inventa le monachisme. Paul, Antoine, Macaire, Pacôme, «hommes ivres de Dieu», se retirèrent dans la solitude pour travailler de leurs mains, prier et vivre pleinement selon l’idéal évangélique. D’autres vinrent à leur école : Basile de Césarée en Cappadoce, Jean Cassien de Marseille... Ainsi commence la longue histoire du monachisme qui accompagna le développement de l’Eglise.C’est avec l’avènement de Mehemet Ali (1805-1848) que les coptes commencent à prendre part à la vie du pays.
Ils adhèrent au mouvement national égyptien. Mais la «révolution» de
1952 les met à l’écart de la vie politique.Les coptes sont présents dans tout le pays, avec des concentrations plus fortes en Moyenne-Egypte et aussi dans toutes les catégories sociales, des éboueurs misérables du Caire (zabbaline) aux grandes familles patriciennes. A partir de 1970, ils vivent
des événements dramatiques : des exactions et des agressions se commettent contre les coptes. Ils sont aussi victimes de ségrégation.Ainsi, ils déplorent une législation très contraignante pour l’édification des églises, alors que le régime pour les mosquées est très libéral. Durant les révoltes contre la dictature de Moubarak et contre le président islamiste Mohamed Morsi,les coptes ont joué un rôle déterminant. Le 1er janvier 2011, un attentat non revendiqué a fait 23 morts, en grande majorité des chrétiens,
à la sortie d’une église copte après la messe du Nouvel An à Alexandrie, deuxième ville du pays.La montée de l’islamisme aggrave le sentiment de marginalisation des coptes, surtout depuis la chute du président Moubarak, le 11 février 2011. Le 8 mars 2011, 13 personnes sont tuées lors d’affrontements entre musulmans et coptes dans le quartier déshérité de Moqattam, au Caire. Deux mois plus tard, des affrontements entre musulmans et coptes font 15 morts dans le quartier populaire d’Imbaba
(Le Caire) où une église est attaquée et une autre incendiée. En octobre
de la même année, 27 personnes sont tuées au Caire lors d’une manifestation contre l’incendie d’une église. La minorité chrétienne subit ensuite les représailles d’islamistes qui lui reprochent d’avoir soutenu l’éviction en juillet 2013 de l’islamiste Mohamed Morsi, le seul président élu démocratiquement en Egypte, un an tout juste après son accession à la magistrature suprême. Depuis l’été 2013, au moins 42 églises ont été attaquées, dont 37 incendiées ou endommagées, ainsi que des dizaines d’écoles, de maisons et de commerces appartenant à des Coptes, affirme Human Rights Watch, qui accuse les forces de l’ordre d’avoir été absentes lors de ces attaques confessionnelles.
Amnay idir



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