A LA UNE/ACTUALITÉ_Coopération_Algéro-Française
24 Octobre 2015
Najat Vallaud-Belkacem
«Nous avons engagé une dynamique de coopération portant sur plusieurs volets»
La ministre française de l’Education nationale, Najat Valaud-Belkacem,
effectuera, à partir d’aujourd’hui, une visite de travail de deux jours en Algérie.
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Selon un communiqué de l’ambassade de France, la ministre, chargée également de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, rencontrera au cours de son séjour de nombreuses «personnalités gouvernementales», dont le Premier ministre Abdelmalek Sellal, Tahar Hadjar (ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique) et Mohamed Mebarki (ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels). Durant son séjour à Alger, Najat Vallaud-Belkacem «visitera le Centre d’excellence franco-algérien de l’électricité et de l’énergie, projet développé avec l’entreprise Schneider Electric et destiné à former de jeunes professionnels aux métiers de l’énergie». Lors d’une réception à la Résidence de France, la ministre procédera, par ailleurs, «au lancement de la plateforme France Alumni- Algérie, réseau social à destination des anciens étudiants algériens ayant fait leurs études en France», ajoute le document. Madame la ministre, où en est la coopération dans le domaine de l’éducation entre l’Algérie et la France ? Ma visite en Algérie s’inscrit dans le cadre de la priorité accordée à la jeunesse par les présidents François Hollande et Abdelaziz Bouteflika, que M. Hollande a d’ailleurs rappelée lors de sa visite de travail et d’amitié le 15 juin dernier. En matière d’enseignement supérieur et de recherche, notre coopération repose depuis des décennies sur d’importants programmes, notamment pour la mobilité des doctorants et des chercheurs, rendue possible par un réseau considérable de plus de 700 accords entre établissements. Notre coopération en matière d’éducation et de formation professionnelle est, quant à elle, plus récente. C’est à l’occasion de la visite en Algérie de mon prédécesseur, Vincent Peillon, qu’ont été signés des programmes d’action ambitieux afin de concrétiser, sur le terrain, la dynamique lancée par le président de la République française lors de sa visite d’Etat en décembre 2012. Je me réjouis de ce déplacement en Algérie qui me permettra de m’entretenir avec mes homologues et d’amplifier encore ces actions conjointes. Votre visite intervient à un moment où, en Algérie, le débat est une nouvelle fois lancé sur la réforme du système éducatif. Que pourrait apporter la coopération française sur le sujet ? Les réformes du système éducatif font toujours l’objet de débats en Algérie comme en France et ailleurs. Car ce sont des réformes qui conditionnent l’avenir de nos enfants. Nos deux pays mettent en oeuvre, depuis quelques années, des réformes visant à faire réussir tous les élèves, quelle que soit leur origine sociale. Il est d’ailleurs intéressant de noter les similitudes qui existent : votre loi d’orientation de 2008 met l’accent sur la refonte pédagogique, la professionnalisation et la bonne gouvernance qui sous-tendent aussi la refondation de l’école française que nous mettons en oeuvre depuis 2013. Les problématiques que nous abordons sont communes : dans quelle mesure les jeunes sont-ils préparés aux défis actuels et futurs ? A quel point nos systèmes éducatifs font-ils réussir les élèves ? Nos écoles permettent-elles véritablement à tous les élèves de réussir ? Ces questions, nous nous les posons conjointement. C’est la raison pour laquelle nous avons engagé une dynamique de coopération portant sur plusieurs volets très concrets, comme l’évaluation de nos systèmes éducatifs, l’élaboration de ressources pédagogiques (qu’il s’agisse de manuels scolaires en version papier ou d’outils numériques), l’enseignement des sciences, des langues étrangères et, bien entendu, en particulier du français. L’enseignement du français en français figure parmi les priorités de la coopération bilatérale. Comment évaluez-vous les attentes en la matière en Algérie et quels moyens votre département met-il en oeuvre pour y répondre ? Je me réjouis que le français soit enseigné comme langue vivante dans le système éducatif algérien dès la troisième année de primaire. Désormais affranchie du poids de l’histoire, la langue est enseignée selon la méthodologie propre aux langues étrangères. Les attentes autour de l’enseignement du français en Algérie sont concentrées sur deux axes : la qualité des outils pédagogiques et la formation des enseignants. Les moyens mis en oeuvre par notre coopération répondent à ces attentes et permettent, par exemple, à des experts en pédagogie français et algériens de travailler ensemble, afin que les manuels de français soient plus attrayants pour tous les élèves algériens. Autres exemples : l’immersion linguistique en France d’instituteurs du Sud et des Hauts-Plateaux de l’Algérie, ou encore les bourses accordées aux majors de promotion des départements de français des Ecoles normales supérieures algériennes. Des bacheliers algériens sont confrontés à la non-reconnaissance de leur diplôme pour leur inscription dans des universités françaises. Que faut-il faire, selon vous, pour que ces postulants à des études en France soient acceptés ? Votre question m’étonne, car le baccalauréat algérien — de même que tous les diplômes d’enseignement supérieur algériens — est reconnu en France. L’an dernier, 21 300 étudiants algériens poursuivaient leurs études en France, ce qui représentait plus de 7% des étudiants internationaux. Ce n’est probablement pas un problème de reconnaissance de diplôme, mais une situation liée davantage au projet d’études des postulants, car les établissements français d’enseignement supérieur sélectionnent les étudiants dans le cadre de commissions pédagogiques. Il est important pour tous les Algériens qui souhaitent poursuivre leurs études en France qu’ils se tournent vers le dispositif Campus France, mis en place en Algérie pour les accompagner dans leur projet de mobilité et les aider à préparer leur dossier. La France, via Campus France Algérie, consacre d’importants moyens à l’accueil et l’orientation des étudiants algériens. Ce service est dédié aux étudiants algériens ou étrangers résidant en Algérie qui souhaitent poursuivre leurs études supérieures en France. Il dispose de structures d’accueil situés dans les Instituts français d’Alger, Annaba, Constantine, Oran et Tlemcen. L’an dernier, les agents de Campus France ont accueilli plus de 26 000 étudiants dans ces espaces. Ce qui est, en fait, un des plus importants dispositifs au monde et je m’en réjouis. Des établissements scolaires français sont en activité en Algérie depuis des années. Peut-on avoir une estimation du nombre d’élèves algériens scolarisés dans ces écoles ? Votre département envisage-t-il la création d’autres structures ? Comme vous le savez, le réseau d’établissements scolaires français en Algérie est aujourd’hui limité au Lycée international Alexandre Dumas (LIAD) ouvert en 2002 à Alger, et à une école d’entreprises, la Petite école d’Hydra. Cette dernière, c’est sa vocation, ne scolarise que des enfants d’expatriés. Le LIAD relève quant à lui du réseau de l’Agence française pour l’enseignement du français à l’étranger, qui regroupe près de 500 établissements dans 136 pays permettant de suivre une scolarité sans rupture, de la maternelle au baccalauréat. Aujourd’hui, le LIAD accueille des élèves de 32 nationalités. Des discussions sont, par ailleurs, en cours pour l’ouverture d’annexes du LIAD à Oran et Annaba. Je voudrais aussi insister sur la richesse que représente le réseau des anciens élèves, comme le montre le réseau France Alumni-Algérie au lancement duquel je participerai au cours de ma visite.
Entretien réalisé par Fatima Aït Khaldoun-ArabSujet fusionné



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