Noël sanglant au Congo-Kinshasa
au moins 22 civils tués au Nord-Kivu
Cette région, située dans le nord-est du pays, est ensanglantéeLe Monde.fr avec AFP Le 25.12.2016 à 21h12
depuis plus de deux ans par des massacres.
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Mis à jour le 25.12.2016 à 21h49
Vingt-deux civils ont été tués à l’arme blanche, samedi 24 et
dimanche 25 décembre, dans l’est de la République
démocratique du Congo (RDC), ont indiqué dimanche des
sources concordantes. Le drame s’est produit à Eringeti et
dans ses environs, dans le territoire de Beni, dans le Nord-
Kivu. Cette région, située dans le nord-est de la RDC, est
ensanglantée depuis plus de deux ans par une vague de
massacres ayant fait plus de 700 morts, selon Amisi
Kalonda, porte-parole militaire et militant associatif. M.
Kalonda a imputé l’attaque aux Forces démocratiques
alliées (ADF), rébellion ougandaise musulmane installée
dans la région depuis plus de vingt ans et accusée par
les autorités congolaises d’être responsables des tueries
en série dans la région. Un porte-parole des Forces
armées de la RDC a confirmé l’attaque et déclaré que
l’armée avait « tué quatre rebelles ADF ».« Le bilan est
très lourd pour les civils », a ajouté l’officier sans préciser
le nombre de victimes.« Le mode opératoire » toujours
identique « Hier [samedi], ils ont tué dix civils »
à Eringeti, a déclaré M. Kalonda. « Douze autres corps
ont été retrouvés [dimanche] dans des villages
environnants » par l’armée qui poursuivait les assaillants,
a-t-il ajouté.Teddy Kataliki, président de la Société civile
du territoire de Beni, une coalition d’associations locales,
confirme que « dix corps ont été retrouvés » samedi et
« douze autres corps de civils » dimanche,estimant pour
sa part qu’il s’agissait d’un bilan encore provisoire.Selon
un prêtre du diocèse catholique de Beni-Butembo,
l’attaque a fait « 27 morts » parmi la population, et a
créé la panique, poussant des habitants à fuir.
« Le bilan macabre est en train d’évoluer [...] au fur et à
mesure qu’on découvre des corps dans la forêt » aux
abords de la ville, a-il-dit. Selon M. Kalonda, l’attaque a
commencé en début d’après-midi samedi contre la ville
d’Eringeti, déjà frappée par plusieurs massacres similaires.
« Le mode opératoire est toujours le même », a-t-il dit les
victimes ont été tuées « à l’arme blanche et à la machette ».
Une violence aux rouages complexes.Plus de deux ans
après les premiers massacres, le gouvernement congolais
et les Casques bleus de la Mission de l’ONU au Congo
(Monusco), présents en nombre dans la région, s’avèrent
toujours incapables de protéger la population locale et
d’identifier les auteurs de ces crimes, régulièrement
présentés comme de « présumés ADF ».L’Est de la RDC,
et tout particulièrement le Nord-Kivu, est déchiré depuis
plus de vingt ans par des conflits armés. Plusieurs
chercheurs et militants associatifs locaux dépeignent, eux,
une violence aux rouages complexes dont seraient
responsables, outre des rebelles ADF, des soldats de
l’armée régulière et des combattants d’autres milices
locales, sur fond de trafics mafieux, de différends
ethniques et de conflits fonciers.



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