France. Psychose. Un homme en djellaba sème la
panique à Paris. Quoi ?
Il l’a soulevée ?
Je suis là, suspendu au-dessus du vide. Mes mains agrippent le rebord de cette satanée falaise où je me suis retrouvé par un maudit hasard. Mais qu’est-ce que je suis allé faire là ? Pourquoi mes pas m’ont-ils amené à cet endroit, certes beau, certes magnifique, certes enivrant, mais tellement dangereux parce que bordé par des pentes en abrupte, des flancs de promontoires vertigineux donnant sur une mer furieuse, rageuse de toutes ses lames écumeuses lancées tout en bas, contre les rochers. Mes doigts me font souffrir terriblement au fil des minutes. Combien de temps encore tiendrais-je ? Mes pieds gigotent dans le vide de manière ridicule, tentant dans de vains moulinets d’attraper quelque ronce, un branchage. Ce genre de scénarios n’existe que dans les films. Et encore, dans les séries B diffusées le dimanche sur M6 ! Je vais finir par lâcher. Ma vie passe, défile en flashs. Je n’ai jamais vraiment été adepte des randonnées. Et il aura fallu que je vienne là, aujourd’hui ! Prendre l’air ! Foutaises ! Eviter les mouvements brusques. Ne même pas tenter un déplacement latéral, pour essayer, zaâma, un redressement miracle en opérant une sorte de mouvement de balancier. Ne pas y penser lorsque son poids est à trois chiffres ! Et depuis quelques secondes, cette question lancinante. Cette question venue de je ne sais où. D’une contrée sûrement productrice de questions folles. Folles à lier. Et là, je ris de bon cœur. Ou presque, parce qu’il ne faut tout de même pas exagérer. On ne rit jamais vraiment de bon cœur lorsqu’on est suspendu dans le vide, à plus de 100 mètres de hauteur au-dessus d’une mer déchaînée, et les doigts ensanglantés, glissant inexorablement sur leur emprise. Mais je ris. Wallah que je ris doucement. Juste à l’évocation de cette question. De ce dilemme
si, à l’instant, juste là, par-dessus ma tête, du bon côté du précipice, Ammar Saâdani et Abdelaziz Belkhadem me tendent tous deux leurs bras pour me sauver, lequel prendre, lequel choisir ? Ammar ? L’Empastillé ? Mon Dieu que le vide attire !
Je ferme les yeux. Je souris. La mer pour dernière sépulture.
Et en bas, une fois englouti par les flots, fumer du thé avec une raie géante, dans
l’espoir fou de rester tous deux éveillés à notre cauchemar marin qui continuera.
H. L. |