Le 16 Juillet 2016

Haï j’en ai marre !

Par Hakim Laâlam
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Mouloudia ! Ali Bencheikh claque la porte de la direction
des jeunes talents. Interrogé, le…
… Talent s’est dit soulagé !
Au lendemain des résultats du bac, je «tombe» par hasard sur un article traitant du taux de réussite élevé dans un lycée à Sougueur répondant au doux surnom de… Guantanamo. Rien que ça ! Je précise tout de suite, il ne s’agit que d’un surnom, pas du nom officiel. De plus, il est vrai que lorsque tu vois les photos de cet établissement scolaire, l’orange dominant peut effectivement vaguement rappeler la tenue des détenus de Guantanamo. Mais tout de même ! Malgré toutes ces «explications», surnommer un lycée «Guantanamo» me laisse songeur sur notre rapport au savoir, à notre cadre de vie et à notre vaste pays de manière générale. La semaine dernière, encore, je lisais que les «habitants de Haï El Ham étaient privés d’eau depuis plusieurs semaines». Haï El Ham ! Mon Dieu ! Comment peut-on surnommer une cité d’habitation «Quartier de la misère» ? Souvenez-vous encore, en janvier dernier, je lâchais ici même un gros coup de gueule sur un quartier algérois appelé «Cité Faïence». Je ne comprenais pas, et je ne comprends toujours pas qu’on puisse intégrer dans son processus mental comme normal, banal d’accepter de désigner son cadre de vie quotidien par la dénomination «Haï Faïence». En vérité, il suffit juste d’ouvrir un peu plus les yeux, de ne pas juste les poser sans vraiment les poser sur notre décor de vie, sur ce qui fait notre espace pour constater les dégâts effroyables de la déshumanisation spatiale qui ronge l’Algérie. Le processus d’apprentissage scolaire est déjà biaisé, faussé dès lors que le gosse décrive ainsi l’acte de se rendre à l’école, le matin : «je vais à Guantanamo» ! Quel Mozart en devenir peut pousser la partition dans un coin de la cité «El Ham» ? Combien de candidats aux Beaux-Arts viennent-ils de la Cité Faïence ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.