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Vue hybride

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    Post Retenez-moi, sinon, j’fais un malheur !

    10 Avril 2016

    Retenez-moi, sinon,
    j’fais un malheur !


    Par Hakim Laâlam
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    Le miracle algérien ? C’est simple et en même temps
    génial : pompiste chez Naftal-El-Oued en 1990. SG du
    FLN et proprio d’appartements dans les quartiers chics
    de Paris en 2016.
    Ki-Di-Miou ?
    Trois jours après, je suis toujours aussi gonflé de fierté. Mon Dieu qu’est-ce que c’était bon de voir l’autre jour l’ambassadeur de France convoqué par Lamamra ! Du nectar ! Enfin, mon pays réagit. Enfin, nos chers, nos très chers dirigeants tapent du poing sur la table. Mais en même temps, je sais que ces mêmes dirigeants sont capables d’encore plus de fermeté. Je leur fais confiance. L’Algérien, il est comme ça. Tu lui fais des crasses, tu l’entourloupes, au début, il ne dit rien, il supporte, il supporte, mais lorsque le couvercle pète, il pète pour de bon. Ainsi, je suis convaincu qu’un communiqué ou même plusieurs communiqués devraient incessamment «tomber». Nous apprendrions alors que la Présidence algérienne a décidé que dorénavant – je dirais même plus – dorénaprésent, les évacuations sanitaires du raïs adoré et aimé de tous ne se feront plus au Val-de-Grâce ni vers aucun autre hôpital français. La terre sanitaire est large, Abdekka ! Soigne-toi où tu veux, mais plus chez Fafa. Va aux îles Galápagos, aux Fidji où même à Panama. Il paraît d’ailleurs qu’au Panama, la santé a fait des progrès énormes ces dernières années ! Mon p’tit doigt me dit qu’un autre communiqué important, voire historique va nous apprendre que le SG du FLN, le FLN, Ya Aâdjaba, l’histoire et le symbole réunis dans un sigle, va organiser un grand rassemblement à la coupole du 5-Juillet à Alger. Un événement au cours duquel Ammar Saâdani, le meilleur SG du FLN que le FLN ait connu depuis Barberousse, va briser avec une massue fabriquée spécialement à cet effet par un forgeron de la zaouia des «Forgerons & Associés» d’El-Oued les trousseaux de clés de ses appartements parisiens. Dans une écuelle en fer, il disposera tous les actes de propriété de ses biens français – rappelez-vous, ceux dont il a remis copie à Toufik – ainsi que les statuts de ses SCI, ses sociétés immobilières, sa carte de résidence parisienne et sa carte fidélité+ à Century 21 et les brûlera devant une assistance en délire, chauffée à blanc. Voilà ce qui va arriver ! Fallait pas nous provoquer Monsieur Bernard ! Nous pouvons devenir très très méchants,
    vous savez Monsieur Emié. Miaou ! Grrr ! Et quand on sort nos griffes, y a plus qu’une seule chose à faire, Excellence
    fumer du thé pour rester éveillé à votre cauchemar qui continue.

    H. L.
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    Post La dernière tentation de Aïssa !

    11 Avril 2016

    La dernière tentation de Aïssa !


    Par Hakim Laâlam
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    François Hollande serait-il sur le point de réussir à inverser
    enfin la courbe de…
    ... l’amitié franco-algérienne ?
    Et moi qui pensais que nous avions enfin mis la main sur le meilleur ministre des Affaires religieuses depuis 1962. Je suis déçu ! Profondément déçu. Religieusement déçu ! Dans l’image que je me fais d’un bon ministre du culte, celui-ci ne peut mentir. Dans ma représentation du numéro un des Minbars algériens, les paroles qui sortent de sa bouche sont certifiées aux normes ISO de la véracité absolue. Pourtant, là, j’ai sous les yeux cette déclaration de Mohamed Aïssa faite à partir de Tizi-Ouzou : «Les zaouias sont libres d’honorer celui qu’elles souhaitent honorer» Aïssa ! Aïssaaaaaa ! Voyons ! Pas toi ! Que Saâdani allonge à volonté la longueur de son nez, passe. Que Ghoul jure que Toufik l’a pris en grippe à partir du jour où accidentellement, il a glissé un petit pont au chef des services de l’époque, maâlich. Mais que toi, mon Aïssa, tu viennes affirmer que les zaouias peuvent honorer qui elles veulent, Non ! Ess’tegh’fer Moulek Ya Mohamed ! Depuis quand le cheikh d’une zaouia du fin fond perdu du pays dort le soir, fait un doux rêve pendant son sommeil, et se lève le matin tout seul, décidant comme un grand que tout de suite après son p’tit déj’, il allait recevoir en grande pompe un homme recherché par la planète entière ou presque ? Celle-là, mon Aïssa, tu la raconterais le vendredi à la «Khotba» qu’une volée de chaussures s’abattrait sur ton pupitre ! A la limite, tu aurais éludé la question, pris la tangente en t’appesantissant sur «l’islam ancestral de Kabylie» (sic) ou en développant ton intéressant et innovant projet de «chapiteaux de fabrication française pour les pèlerins algériens à La Mecque» ça serait passé comme une lettre à la Poste Restante de Médine. Mais le coup de la zaouia libre et indépendante de recevoir Chakib Khelil comme un chef d’Etat ou comme le successeur au chef de l’Etat actuel, non ! La Yadjouz ! Haram. Pas par rapport seulement à la religion et à l’obligation qu’elle fait aux hommes de ne pas mentir. Haram surtout au vu du minimum qu’il nous reste à nous d’intelligence et de discernement. Plus beaucoup.
    Mais tout de même encore un chouia.
    Un fond ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.

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    Post Au nom de la dignité et de l’humanité, arrêtez ce supplice !

    12 Avril 2016

    Au nom de la dignité et de l’humanité,
    arrêtez ce supplice !


    Par Hakim Laâlam
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    Demain, ici même, dans l’esprit de cet espace, c’est-à-
    dire toujours sans pitié, je révélerai enfin l’identité du
    ministre du gouvernement Sellal qui détient un compte…
    … CCP !
    On nous demande de nous offusquer des Unes des confrères français. On nous suggère qu’il faut nous lever comme une seule plume pour dénoncer l’atteinte à l’image de Abdekka. J’ai vu les images de Boutef’, ou plutôt la vidéo où on le voit recevant Valls. Désolé, mais la première atteinte à Abdelaziz Bouteflika a été commise par ceux-là mêmes qui l’ont amené là, ce dimanche funeste. La «première violence» pour reprendre une expression «phare» des années réconciliatrices, ça a été de faire subir à cet homme malade un traitement inhumain. Et là, j’ouvre une parenthèse. D’abord, je mets sur le côté de ma feuille l’aspect idéologique, politique, subjectif et critique. Et je ne focalise que sur la compassion. Avec le temps, j’ai «acquis» une sorte d’identité dure, implacable et froide dans l’animation de mon espace. Je l’assume. Mais dimanche dernier, je peux vous en faire l’aveu, j’ai été profondément affecté par ce que j’ai vu. Remué au plus profond. On ne peut aller jusqu’à ça ! C’est littéralement outrageant pour un homme qui a connu les plus grands cénacles, les hémicycles les plus prestigieux de se retrouver livré ainsi. N’y a-t-il plus de famille autour de lui ? La fibre de la tendresse aurait-elle disparu totalement qui lui tisserait au moins un filet, un dernier filet de protection, d’intimité autour de sa douleur ? L’outrage à l’image est là, dans la livraison de Abdekka à la cantonade, au voyeurisme malsain et aux regards mi-narquois mi-estomaqués d’un Valls et de la délégation française. Je l’écris et le réécris, ça m’a fait mal ! Un mal terrible de voir le symbole de mon pays – fut-il bon ou mauvais – mis en vitrine de fragilité extrême. S’il reste quelque once d’amour pour cet homme, que ceux qui l’aiment ou prétendent l’aimer le sauvent de nos yeux, le préservent d’une actualité à laquelle il n’a plus rien à prouver. Parenthèse humaine fermée, retour au fer, à la dureté et à la réal-politique. Pourquoi diantre voudrais-tu aujourd’hui que je chante avec toi la complainte anti-Le Monde, que je pousse la chansonnette contre Fafa ? C’est moi qui suis allé commander pleines pages grassement payées, Boulevard Auguste-Blanqui, dans le 13e arrondissement de Paris ? Non ! C’est moi qui recevais Chirac, puis Sarkozy, puis Hollande en validateurs de mes élections présidentielles avant même que le Conseil constitutionnel D.Z ne valide lui-même les résultats ? Non, encore non !
    Et est-ce encore moi qui fais tapisserie dans la salle d’attente de Sarko pour y décrocher un titre de séjour ?
    Non, bien sûr que non !
    Alors, aujourd’hui, chacun démerde-lui !
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    Post Du Mont de Cocagne au Mont de Cocasse !

    13 Avril 2016

    Du Mont de Cocagne au Mont
    de Cocasse !


    Par Hakim Laâlam
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    Partenariat entre la France et l’Algérie dans le domaine
    du rail. Eux, ils ramènent les locomotives et les wagons.
    Et nous, les…
    … Voyageurs !
    Vous allez où ? Vous engouffrer encore une fois dans ce tunnel ? Dans ce piège à cons tendu de manière cyclique ? Stop ! Marquez une pause. Tenez ! Juste là, à l’entrée du tunnel, sur la gauche, en contrebas de la route, il y a un banc. Asseyez-vous et prenez le temps de voir enfin. D’ouvrir les yeux afin de ne pas tomber, comme nous le faisons à chaque fois dans le même piège, dans le même traquenard. Madani Mezrag a parlé ? Il a donné une interview dans laquelle il s’en prend encore une fois violemment à Abdekka ? Bizarre tout de même – et à la longue – comme ce Madani Mezrag parle en des timings bien «particuliers». En des moments que je qualifierais d’«instant cocotte-minute». Vous ne tiquez pas à force de voir l’hirsute émir intervenir bruyamment et grossièrement à chaque étape «délicate» que traverse le Palais, à des périodes où l’opinion doit être décompressée, emmenée voir ailleurs ? Wallah qu’on le dirait même réglé, le Madani, comme un mécanisme d’horlogerie suisse. Tic ! Tac ! Tic ! Tac ! Tic ! Tac ! Allez Mezrag, c’est à toi, parle, éructe et déverse ton fiel, top départ ! Tu arrêteras lorsqu’on te dira d’arrêter, lorsque les colères du peuple envers leurs gouvernants auront été transvasées sur ta Fatcha et sur d’autres sujets vachement périphériques. Alors oui ! Tu vois, mon ami(e), les pauses sur le banc à l’entrée du tunnel à moutons, à gauche, en contrebas du Chemin des Illusions, ça aide, ça sert à quelque chose. Le recul vital ! Allonger les jambes, offrir son visage au soleil un long moment, étirer les bras, puis, avec le droit ou le gauche selon que tu sois droitier ou gaucher lui envoyer un beau bras d’honneur en pleine figure au Mezrag qui vient de parler. Ensuite, revenir sur tes pas de manière entêtée et rester sur aujourd’hui, rester sur
    ce Palais en ruine, ce peuple en abandon et ce pays passé du statut de Mont de Cocagne à celui de Mont de Cocasse.
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.
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    Post Ces métiers ingrats, mais tellement, tellement…

    14 Avril 2016

    Ces métiers ingrats,
    mais tellement, tellement…


    Par Hakim Laâlam
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    En Algérie, on est toujours dans les extrêmes. Soit on ne laisse
    pas le temps à un Président de travailler. Annaba. Soit on lui
    en laisse trop, trop, trop, trop, trop, trop, trop…
    Zeralda !
    Moi, à la limite qu’Ouyahia accepte de se prendre dans la figure, qu’il essuie le cambouis après les grosses fuites, qu’il se charge sans rechigner des travaux les plus pénibles, c’est son problème. Je suis de ceux qui considèrent que cet homme aurait pu avoir une dimension nationale. Peut-être est-ce une erreur ? Qu’importe ! Je n’ai pas vocation ni pouvoir à le pousser ni lui ni aucun autre dans le dos pour qu’il trace son destin et celui d’un pays. C’est juste que lorsque je le vois, l’entends et le suis – ça fait un bail pour les vieux chnoques que nous sommes lui et moi – c’est toujours la même expression qui me vient à l’esprit : quel gâchis ! Mais bon, le propos aujourd’hui, ce ne sont pas les actes manqués de H’mimed. Non ! C’est plutôt l’admiration sans bornes et réelle, non feinte que j’éprouve pour un métier : REDRESSEUR ! Si ! Si ! Je vous assure que je ne simule pas, je ne la joue pas ! Je suis toujours en béatitude, bouche ouverte et bave qui coule sur le côté de ma bouche devant les professionnels du redressement. Encore là, avec cette histoire de reprise en main du RND. Avant aussi, avec cet illustre inconnu missionné pour chercher des noises à ma Tata préférée, Louisa Hanoune, laquelle Louisa, cela dit en passant, lui a donné la plus belle fessée de sa vie à ce redresseur de 2e division, voire même de régionale D2 ! Mais bon ! Faut avoir à la base un don pour pratiquer ainsi le redressement. Au doigt et à l’œil. Non ! Non ! Et non ! Ne me dites pas que ce ne sont que des larbins, des demi-sel qui ne font qu’exécuter les basses œuvres. Faut avoir le cœur bien accroché et la dignité mise en mode vibreur pour obéir ainsi, au quart de tour, lorsqu’on te donne l’ordre de redresser,
    lorsque te parvient la feuille de route sur laquelle on te beugle noir sur blanc que
    le moment est venu de casser du Ouyahia,de la Tata ou du Belkhadem.Et puis, je pense aussi qu’en plus de toutes ces compétences avérées
    et que j’admire, il faut tout de même procéder à quelques aménagements techniques.Comme de supprimer tous les miroirs à la maison pour éviter
    de voir s’y refléter votre visage.Apprendre à regarder ses enfants de biais, ou ne plus les regarder du tout. Savoir dire oui tout le temps
    et avaler jusqu’à la dernière goutte,voire redemander une rasade pour plaire un peu plus. Assurément, c’est un métier.Pénible certes, mais un métier ! Ah !
    Cette Algérie laborieuse ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
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    Post Mais qui les empêche de bosser, M’sieur ?

    16 Avril 2016
    Mais qui les empêche
    de bosser, M’sieur ?


    Par Hakim Laâlam
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    Pourquoi ce lourd silence du régime après les images
    affligeantes de Abdekka ? Parce qu’ils sont polis, là-
    haut. Et les gens polis ne…
    … parlent pas la bouche pleine !
    Le garde des sots que nous sommes devenus a été très clair sur l’affaire Khelil : «Il faut laisser la justice faire son travail !» Quand tu entends ça, t’as aussitôt l’impression que nous sommes près de 40 millions à retenir les juges par leurs robes, à faire ceinture autour des tribunaux et à les empêcher de bosser. Tu te dis que c’est incroyable ce peuple qui ne laisse pas travailler tranquillement sa justice indépendante, tellement indépendante. Et puis, tant qu’à faire et tant qu’on y est, avec ce genre de sentences, «laissons la justice faire son travail sereinement», tu nous imagines tout de suite, nous, les gueux empêcheurs que justice soit faite nous réunissant à midi aux terrasses des cafés et fast-foods – les gueux mangent toujours dans les fast-foods – et comparant nos bilans respectifs de la journée : «Et sinon, toi, t’as réussi à bloquer le boulot de combien de magistrats ce matin ? Cinq ! Waouh ! Un de plus que moi. Bravo ! Eh bien l’après-midi, après la pause-déjeuner, j’essaierai de me rattraper !». M’enfin monsieur le préposé à la balance ! Pour empêcher la justice de travailler, y a un élément de l’équation indispensable que vous semblez oublier : faut qu’elle bosse cette justice ! Et pour l’heure, la seule cour où j’ai vu Chakib Khelil faire les cent pas, c’est celle de la zaouia ! Pas la salle des pas perdus du tribunal ! Juré ! Promis ! Parole de fumeur de thé, si la justice se met enfin au boulot, je vous assure le service d’ordre autour des prétoires et des bureaux des juges. Vous n’aurez même pas besoin de déranger votre collègue de l’Intérieur du système pour ça. Mes amis et moi formerons des cordons sanitaires encadrant les tribunaux, et les juges pourront arriver et partir sans aucune entrave à leur travail.
    Le moindre zigoto qui osera perturber la sérénité légendaire de nos juges, de jour comme de nuit,
    de nuit comme de nuit,aura affaire à nos escouades. Allez ! Au boulot ! Juste au boulot ! Tout en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.

    H. L.

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    Post Ils nous mènent en zaouïa !

    17 Avril 2016
    Ils nous mènent
    en zaouïa !


    Par Hakim Laâlam
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    [email protected]
    Je suis franchement surpris qu’avec autant de voiles
    dans nos rues, nous soyons aussi faibles en…

    …sports nautiques !
    En fait, c’est exactement ça ! A cette différence, qu’au lieu de nous mener en bateau, là ils nous mènent en zaouïa. D’ailleurs, pourquoi un singulier ? Mettons vite un «s» puisque compère Khelil la poursuit, sa tournée des zaouïas. Après Djelfa, il a visité la zaouïa Mahieddine à Mascara. Et, contrairement à ce qui a pu être écrit ici ou là, son agenda de représentations est plein. La «tournée de l’enfoiré» continue. Mais le plus tuant, par Sidi El-Kheïr, c’est cette situation unique au monde. Khelil, coincé dans un couloir de la zaouïa mascaréenne et qui discute de quoi avec le journaliste de l’Unique-Bis, je vous le donne en mille ? Des cours du brut ! Avec cette pointe d’accent triomphaliste chez le revenant : «Je vous l’avais dit, je l’avais prédit, les cours allaient remonter sensiblement.» T’as presque envie de l’embrasser sur le front, le Nostradamus des derricks ! Plus hallucinant encore ! Plus magique, pour rester dans l’ambiance «b’khourisée» des lieux : le gars aborde la question «cruciale» de la suite de sa saison, de sa carrière dans les murs des zaouïas. Un vrai mercato ! Rappelez-vous, à Djelfa : «Je suis revenu aider le pays, et pourquoi pas reprendre des responsabilités.» Et hop ! Quelques jours après, dans la zaouïa de Mascara : «Je ne suis pas à la recherche d’un poste.» Et le comble dans tout ça, c’est que nous, on tente de décoder. Comme si le gars s’exprimait à partir d’une vraie conf’ de presse, dans une salle affectée à cet effet, avec communiqué et tout le toutim. Le plus sérieusement du monde, la plume en joue, nous on spécule : «Alors, il l’aura, son poste, ou il ne l’aura pas ? Tu crois qu’ils vont lui donner la chefferie du gouvernement ? Et moi, je te dis que le gus est préparé aux plus hautes fonctions.» Un truc de fous ! Réellement un truc de fous. Arrivé là, moi, je n’ai plus qu’une envie. Me prendre la main droite, parce que je suis droitier, et me la foutre à toute volée sur la joue. Refaire le geste jusqu’au réveil. Quel réveil ? Mais celui de ce coma mortifère dans lequel ils nous ont plongés et qui a fini par nous faire admettre comme tout à fait normal que les quelques dollars gagnés sur les places de cotation du brut puissent se discuter dans les jupes du cheïkh de la zaouïa Mahieddine ! Grave !
    Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.

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