23 Décembre 2015

Christiane et les souffleurs !

Par Hakim Laâlam
Décès d’un acteur clé de la politique française des
années 60/70/80 :
Madame Claude !
Pourquoi j’ai cette impression bizarre ? Un truc tenace qui ne me lâche plus depuis quelques heures. Depuis cette conférence de presse de Taubira, ministre française de la Justice. Comme si le dossier des «moines de Tibhirine» lui avait été remis sous le nez afin qu’elle n’oublie surtout pas d’en parler. Et pas remis sous son nez chaussé de grosses lunettes par ses compatriotes de la délégation française. Non ! Je la voyais parler, et j’entendais presque du «souffle algérien» lui suggérer d’évoquer la question des moines. De la glisser entre deux sujets de coopération. Tous ces derniers mois, «A plus» les moines de Médéa ! Disparus des radars, et avec eux le p’tit juge à la lippe dédaigneuse, Trévidic. Et là, tiens donc ! Les familles des moines se seraient soudain tout à coup remises à vouloir absolument savoir. Il y a comme ça des retours d’envie qui m’étonneront toujours. Surtout lorsque mon gros pif, lui aussi chaussé de grosses lunettes, sent bien l’accent algérien dans les suggestions de remise au jour de ce dossier. Qui aurait intérêt à remuer la lame dans les coteaux et flancs de monastère ? Les Français ? Hum ! Hum ! Je les sens et les entends plus préoccupés par les suites des régionales, les cachoteries des Le Pen père et fille sur leur patrimoine et le scandale Platini. Je n’ai pas ouï-dire ces derniers temps que les moines de Tibhirine s’étaient soudainement intercalés dans ce classement des sujets prioritaires. D’ailleurs, chez Fafa, personne – mais alors là – n’évoque la visite à Alger de Taubira. Il a suffi que Madame la Ministre soit «entourée» bien entourée en terre d’Algérie, chouchoutée comme pas une pour qu’elle se frappe le front, se le claque violemment devant les caméras et déclare, presque avec l’accent algérien de ses souffleurs : «Mais suis-je bête ! C’est vrai qu’il y a cette affaire des moines. Alors ? Faut me régler ça fissa !» Wallah que j’ai une vieille télé. Mais son rendu son est encore impeccable. Et je puis vous jurer qu’à cet instant, celui où cette chère Christiane a abordé l’affaire des moines, j’ai distinctement perçu le ouf de soulagement. Mes oreilles ont été abasourdies par un concert d’applaudissements. Et les plus forts d’entre eux ne jaillissaient pas tous du côté de la délégation française.
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.