07 Décembre 2015



Déontologie à la carte !

Par Hakim Laâlam
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Maintenant qu’il est rentré à Alger, que va faire
Abdekka ?
Lire ! Et relire !
Je ne sais si quelque part, une carte de presse officielle est en préparation pour ma pomme. Je n’ai pas pris de photo de ma pomme, et je n’ai donc pas fourni de clichés pour qu’on m’en confectionne une de carte de presse officielle. Mais, s’il venait, par un hasard très hasardeux, à se trouver en quelques archives une photo de moi, et qu’il vienne à l’esprit du ministre de la Communication d’en faire confectionner une de carte de presse officielle, portant mon nom et mon pseudo, je l’informe ici, le plus… officiellement qu’il soit, que je ne l’accepterais pas. Je trouverais infâmant de recevoir une carte de presse de ce ministère-là précisément, de cette gouvernance-là plus particulièrement, et de ce Palais-là essentiellement et principalement. Comment peut-on venir depuis des mois, de longs mois, de trop longs et trop pénibles mois rabâcher sur tous les toits qu’il «faut professionnaliser la presse», qu’il faut «lui inculquer les règles d’éthique, de déontologie et l’inciter fortement à être plus vertueuse» lorsqu’on s’accommode de graves fautes professionnelles commises dans les télés de l’Etat. Pourquoi aucune télévision publique dupliquée n’a pipé mot de la lettre du général Toufik ? N’était-ce pas de l’info ? N’y avait-il pas dedans l’expression… publique d’un haut dignitaire du pays, même en retraite fraîche ? La commémoration en long et en large du centenaire d’un poète illustre inconnu blanchi depuis des lustres dans sa tombe d’Adrar est-elle prioritaire au point de gommer le sujet «Lettre de Toufik» du conducteur de la télé que gère directement le ministère ? Ce sujet, cette lettre-séisme a-t-elle été sacrifiée juste pour des raisons de timing du JT, le reportage sur le ministre de l’Intérieur inaugurant une… mairie à Nedroma ayant débordé, obligeant le rédacteur en chef de l’Unique dupliquée à supprimer le traitement de la lettre de Toufik ? Pour ces raisons, et pour une pelletés d’autres qui remontent à plus loin, au temps où nous faisions dans notre froc en sortant le matin, ne sachant pas si nous allions rentrer le soir vivants dans nos demeures «fichées» et répertoriées par Zouabri et ses sbires, mais que nous sortions tout de même parce que la République devait rester debout, alors que sous d’autres cieux les babouches se trémoussaient et les «Wakha Moulay» s’échangeaient sur fond de rires gras, s’il vous plaît, pour tout ça, juste pour tout ça, ne m’imposez surtout pas cette épreuve de vous renvoyer à la figure votre carte de presse officielle.
Merci. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.