21 Novembre 2015


La régulation par l’exhumation !

Par Hakim Laâlam
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Gourcuff exige que la presse sportive algérienne
arrête de le critiquer. M’enfin, Christian ! Tu crois que
nous n’avons que ça à faire, donner notre avis sur la
manière avec laquelle tu vas entraîner…
… Rennes ou Lille ?
Oui, je vous l’accorde, c’est un peu compliqué comme titre. Surtout pour un espace comme celui-ci, tout entier dédié à la non-prise de tête. Mais, pas de lézards, je vous explique : depuis quelques heures, voire quelques jours, courent la ville des rumeurs de plus en plus insistantes sur l’absence de Abdekka, voire sur son décès, «B’iîd Echar», loin la misère en traduction littérale de notre succulent parler algérien. Et face à ce qui ne constitue que ragots disséminés par les milieux ricanants, les hyènes malfaisantes, que se développe-t-il comme réaction ? Dans des titres proches du Palais, dans des sites d’information tellement proches qu’ils en arrivent parfois à se loger sous les fondations même du Palais, entre les douves et la couche de propreté de l’édifice, on nous murmure, version papier et version électroniquement bien rémunérée, qu’il «VA APPARAÎTRE» ! Waouh ! On nous suggère en termes même pas voilés qu’il faut nous montrer patients car il «VA SORTIR» ! Re-Waouh ! Et là, bien évidemment, si vous avez suivi, vous comprenez alors mieux le titre de la chronique, la régulation de nos vies, de notre quotidien par un processus mortifère, malsain, voire carrément pervers d’exhumation cyclique d’un corps. Les actuels gestionnaires de cette «morgue mécanique» – ne me demandez surtout pas qui, car je le jure, je n’en sais fichtrement rien – laissent un temps le grondement grossir, les questionnements s’amplifier, et les rumeurs gagner petit à petit rues et venelles de nos villages et villes, et après, lorsque le point de tension affole réellement les vumètres, risque de faire péter l’altimètre des angoisses et colères, ils ouvrent la chambre et en sortent le corps pour dire «Vous voyez ? Il est vivant ! Il travaille ! Contrairement à ce que distillent les commères comme ragots.» Une fois cette preuve exhumée, l’étrange procession chenillère tout de noir vêtue regagne la chambre et y enferme à nouveau le corps. Jusqu’à la prochaine remontée de questions. A mes yeux, la seule vraie… question qui vaille d’être posée ne peut l’être réellement ici. Pourquoi ? Parce qu’il me faut un spécialiste pour espérer une réponse valable. S’il se trouve parmi vous des médecins légistes qu’ils m’éclairent alors : jusqu’à quand peut-on encore gérer un pays sur ce mode-là, celui de la régulation par l’exhumation ?
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.