05 Novembre 2015
M’enfin Farouk ! T’as encore
les mains tachées de ciment !

Par Hakim Laâlam
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Hausse des prix des carburants. Purée ! Ça va devenir
encore plus cher de…
… S’immoler par le feu !
Farouk Ksentini, P-dg des droits de l’Homme, est formel : «On ne peut pas se contenter d’une démocratie de façade.» Je ne suis pas grand spécialiste du bâtiment, des process de construction, d’engineering des édifices ni de conception architecturale. Mais j’ai des yeux. Et lorsqu’on ne me pose pas dessus une toile de jute, j’essaie d’en faire ce qui était prévu que j’en fasse à ma naissance, c’est-à-dire voir. Et il me semble bien avoir vu Farouk Ksentini à l’œuvre sur le chantier de cette «façade démocratique». Lui et d’autres maçons du Palais ont construit cette démocratie de façade. Jour et nuit, ils l’ont montée pierre après pierre, ciment gâché après ciment gâché, cette façade. Les maîtres d’œuvre de la façade leur demandaient de rajouter un pan, une rangée de briques, et eux rajoutaient. Les contre-maîtres leur criaient de bosser plus vite, et eux accéléraient. Les chefs de chantier faisaient siffler le fouet par-dessus leur tête comme naguère les fouets sifflaient sur les sites des pyramides et eux courbaient l’échine, ahanaient et suaient leur corps et leur âme cédée, à la construire coûte que coûte cette façade. Comment, après tant de labeur acharné, lui, l’un des maçons les plus zélés, peut venir aujourd’hui critiquer cet «ouvrage d’art», railler cette façade, jurer qu’on ne peut pas faire avec ? Honni soit l’artisan qui méprise son produit ! Honte à l’ouvrier qui crache sur son objet sorti de l’atelier ! Ça ne se fait pas, Farouk ! Ou alors, lave au moins tes mains des traces encore fraîches du ciment qui les enduit et dont a été faite cette façade, hier magnifiée par Ksentini, aujourd’hui maudite par Farouk.
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.